Steven Defour doit avoirété effaré des réactions coléreuses et insultantes que son transfert à Anderlecht a déchaînées. Le médian s'est évidemment mis à mal par quelques déclarations intempestives dans le passé. Sa déclaration d'amour au Standard mais surtout quelques flèches acérées en direction d'Anderlecht lui reviennent en pleine figure.
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Steven Defour doit avoirété effaré des réactions coléreuses et insultantes que son transfert à Anderlecht a déchaînées. Le médian s'est évidemment mis à mal par quelques déclarations intempestives dans le passé. Sa déclaration d'amour au Standard mais surtout quelques flèches acérées en direction d'Anderlecht lui reviennent en pleine figure. Les footballeurs ont intérêt à y réfléchir à deux fois avant de s'en prendre à un adversaire. Dans un monde idéal, ils seraient canalisés par des dirigeants ou le responsable de la communication mais les dirigeants aussi perdent régulièrement toute forme de self-control. Comme vendredi soir, après le derby brugeois, quand Bart Verhaeghe aurait tenu des propos dénigrants à l'encontre de Lorenzo Staelens. Ce n'est pas la première fois que le président du Club déraille après un match. C'est étrange dans le chef d'un homme d'affaires de son niveau mais ça illustre le stress et les frustrations que subit ce club en quête du titre. Michel Preud'homme ne s'est pas non plus contrôlé pendant le derby mais l'entraîneur du Club s'en tire toujours. A la longue, on trouve normales ses réactions, qu'on attribue à son caractère. C'est une question de perception et de palmarès. Il est bien plus important de procéder à une analyse approfondie du style de jeu du Club et à en relever les points faibles. A ce niveau, il n'est pas normal qu'après une bonne première mi-temps contre le Cercle, le Club ait perdu sa concentration. Après la pause, une autre carence chronique des Bleu et Noir est apparue : personne n'est capable de plier le match. La nervosité du Club est peut-être due au lourd investissement consenti par Anderlecht la semaine dernière. L'arrivée de Steven Defour semble constituer la garantie d'un nouveau titre. On attend beaucoup de lui, alors que le Diable Rouge n'a pas encore joué cette saison pour le FC Porto et manque donc de rythme. Naturellement, le transfert de Defour peut être une bénédiction pour des talents comme Dennis Praet et Youri Tielemans, même s'il faut voir si l'ancien régisseur du Standard retrouvera le niveau qui lui avait valu le Soulier d'Or. Il est fragile et son style de jeu engagé l'expose encore davantage aux blessures. Par son transfert à Anderlecht, Steven Defour se meut sur des tisons ardents. Par sa passion, il personnifiait le style de jeu du Standard, guerrier qui retroussait inlassablement ses manches. Bien que l'intéressé sache bien jouer, son feu et son engagement semblent mieux convenir aux bords de Meuse qu'au milieu aristocratique d'Anderlecht. A la lumière de ses déclarations antérieures, les supporters du RSCA ne lui pardonneront pas la moindre contre-performance. Defour risque aussi de se retrouver parfois dans un climat hostile, non seulement au Standard mais aussi au RC Genk, qui n'a toujours pas oublié son transfert contesté chez les Rouches, par le biais de la loi de 1978. Steven Defour devra être très fort mentalement pour émerger, dans cette ambiance de scepticisme. Ces jours-ci, les supporters du Standard ne s'irritent pas seulement du transfert de Defour à Anderlecht. Après sa défaite 5-2 à Mouscron, le club liégeois risque de tomber dans une nouvelle impasse s'il essuie un revers significatif ce soir contre le Zenit Saint-Pétersbourg. C'est bien de miser sur les jeunes mais alors, il faut revoir ses ambitions. On ne peut pas survivre sur la scène européenne avec une majorité de jeunes. Même en championnat, c'est difficile. Sa tradition interdit au Standard de se contenter d'un rôle de figurant. Il doit savoir quel cap il veut suivre. Il n'est pas impossible qu'il réalise encore quelques transferts pour rassurer ses supporters. Mais d'ici là, il peut très bien avoir perdu les millions de la Ligue des Champions. Le Standard réagit parfois avec fureur aux critiques de la presse mais les joueurs aussi se posent des questions et après le revers contre Gand, à domicile, Guy Luzon avait déclaré que cette équipe n'était pas digne de porter le nom du Standard. Il semble que ses paroles n'aient pas été prises en considération. PAR JACQUES SYSLe Club Bruges doit contrôler ses frustrations.