VINCENT KOMPANY PREMIER MINISTRE : le surréalisme à la belge était présent sur les gradins lors de Belgique-Serbie (3-2). L'humour a toujours constitué la plus belle réponse aux problèmes les plus délicats. Le public a pardonné les maladresses linguistiques de l'arrière central d'Hambourg qui, après la rencontre, a tempéré ses propos. La pelouse lui convient tellement mieux que l'arène politique. Excellent sur le plan défensif, l'ex-Anderlechtois a signé deux ou trois raids offensifs de très belle facture aussi.
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VINCENT KOMPANY PREMIER MINISTRE : le surréalisme à la belge était présent sur les gradins lors de Belgique-Serbie (3-2). L'humour a toujours constitué la plus belle réponse aux problèmes les plus délicats. Le public a pardonné les maladresses linguistiques de l'arrière central d'Hambourg qui, après la rencontre, a tempéré ses propos. La pelouse lui convient tellement mieux que l'arène politique. Excellent sur le plan défensif, l'ex-Anderlechtois a signé deux ou trois raids offensifs de très belle facture aussi. " Quand Vincent Kompany est confiné dans un rôle totalement défensif, on n'exploite que 60 % de son potentiel ", signale René Vandereycken. " Il doit mettre de temps en temps le nez à la fenêtre. C'est un plus pour l'équipe et pour le public. GabyMundigayi s'est bien décalé afin de créer les espaces nécessaires pour ces quelques montées dans l'axe ". A lui de confirmer ce retour intéressant. " Je n'ai jamais songé à quitter l'équipe nationale ", a encore précisé Kompany. " Je ne sais pas où on a été chercher cela ". S'il a été au centre de l'attention générale, l'arrière central ne constitua pas, loin de là, la seule satisfaction de Belgique-Serbie. La palme revient même aux jeunes, spécialement à Kevin Mirallas et Moussa Dembele. A côté d'eux, Emile Mpenza ressemble désormais à un avion de chasse de la Deuxième Guerre mondiale. Son truc, c'était le piqué sur les lignes adverses et rien de plus. Mirallas et Dembele sont des footballeurs infiniment plus complets, plus fins dans leur lecture du jeu, mieux formés en France et en Hollande. A deux, c'est un beau total d'intelligence, de vista mais aussi de puissance et de sang-froid. Le deuxième but de Dembele illustre tout son apport. Il a mené à bien une contre-attaque de plus de 60 mètres. Pourtant, ce n'était pas rien face à une défense expérimentée et bien baraquée. Pour sa première sélection, Mirallas s'est fondu sans problème dans son nouvel environnement. Désormais titulaire en L1, il a confirmé son bon Euro des Espoirs. Le Liégeois de Lille a été préféré à la bombe brugeoise de ce début de saison. Même si on ne s'y attendait pas, ce n'est pas un choix étonnant. François Sterchele monte un à un tous les escaliers menant au top mais il n'a pas encore connu autre chose que le niveau belge. Tous les joueurs présents dans le 11 de départ évoluent à l'étranger et ont un minimum de vécu européen. Ce sera bientôt le cas de Sterchele qui, comme les Mpenza, est le fruit d'une naissance spontanée. Ce joueur s'est extirpé des divisions inférieures à la force du poignet. Sterchele est enthousiaste et a appris son métier sur le tas. Il y a des défauts dans son jeu, qui seront gommés, alors que Mirallas et Dembele ont eu droit à une formation de haut niveau. Très à l'aise à l'entraînement, le Liégeois a envoyé des messages au staff technique de l'équipe nationale et celui-ci l'a estimé bon pour le service. Steven Defour a apporté lui aussi pas mal de réponses dans la ligne médiane. Le Standardman n'a pas la taille d'un double mètre mais son sens du football n'est plus à démontrer. Sa transversale sur le premier but était lumineuse. Il a fait preuve d'une belle maturité. Le capitaine des Rouches était motivé, en confiance, et son entente avec son ancien équipier Karel Geraerts sautait aux yeux. Avec Mudingayi, très présent, ils ont fait preuve d'intelligence en phase de récupération avant de remonter très vite le terrain. Il n'y a eu qu'un problème dans ce secteur : le manque de taille. Le retour de Marouane Fellaini (suspendu) arrangera les choses. Bart Goor n'étant plus qu'une roue de secours, sa place pourrait être prise par Defour qui glisserait de droite à gauche et Geraerts du centre vers la droite. Le rajeunissement tant demandé est en route. Dans ce contexte, on ne comprend pas l'acharnement avec lequel Vandereycken maintient Carl Hoefkens au back droit. Son apport y est trop limité. Un jeune de la trempe de Guillaume Gillet de Gand est plus tonique. En défense, il ne faut pas oublier Daniel Van Buyten (forfait pour blessure) qui ne joue dans son club pour le moment. La jeunesse s'installe et il faudra faire de plus en confiance aux Espoirs qui devront utiliser la plate-forme des Diables Rouges pour préparer les Jeux Olympiques. Mais un bon résultat ne fait pas le printemps. La Belgique n'est pas sortie du trou et la vigilance s'impose. Vandereycken ne peut pas lâcher le cap et songer en priorité au ranking FIFA ou à un bon classement dans le groupe qualificatif de l'Euro 2008. Or, c'est ce qu'il a fait à un moment en deuxième mi-temps contre la Serbie. A 2-0, il retira un attaquant (Mirallas), remplacé par un arrière : Anthony Vanden Borre. Plus embêtés par les deux avants belges, les Serbes pouvaient avancer plus de forces dans la ligne médiane. Et six minutes après le départ de Mirallas, Zdravko Kuzmanovic réduisait la marque. Sur cette lancée, le coach fédéral songea à remplacer Dembele, touché dans le rectangle adverse. Nicolas Lombaerts était sur le point de prendre sa place. Le remplacement n'a pas pu se faire tout de suite. Resté au jeu, Dembele en profita afin de crucifier la défense serbe au bout d'une chevauchée digne du mythique western Rio Grande. Pour gagner, il ne faut surtout pas trop reculer. Or, c'est bien ce que les Diables Rouges firent après leur magnifique première mi-temps. C'était du beau football. " Nous avons toujours travaillé dans cette direction-là ", a déclaré Vandereycken. " Et cette fois, l'efficacité offensive était au rendez-vous : cela nous a facilité la tâche ". Ces propos sont à prendre avec une pincette... On n'a pas souvent une telle envie de bien faire et de se battre dans son équipe. Cet esprit de corps n'a pas toujours été d'actualité. On souligne désormais les parfums du cocktail né du mélange de promesses et joueurs expérimentés. En fait, c'est surtout la jeunesse qui a relevé le défi. On ne peut pas les priver d'un seul de leurs mérites et en attendant confirmation, la Belgique a progressé d'un rang au classement FIFA : 69e. Le 12 septembre, il faudra confirmer au terme d'un long voyage au Kazakhstan, à la frontière chinoise. En attendant, notre bonne vieille Brabançonne peut aussi ressembler à ceci : " Defour, Mirallas, Dembele " Chante René, chante. par pierre bilic - photos : reporters