Jamais deux sans trois? Que nenni! La Louvière avait complètement manqué son départ lors de ses deux premières saisons en D1, mais aujourd'hui, tout va bien pour ce club après neuf journées. La colonne de gauche est en vue et Ariel Jacobs dégage une grande sérénité. Quand on lui demande de dresser brièvement le bilan de sa première année au plus haut niveau, il répond par une boutade: "Je n'ai pas encore atteint le deadline", rigole-t-il. "J'ai lu récemment qu'un entraîneur de club belge tenait en moyenne un an et trois mois. Donc, j'ai encore un peu de temps devant moi"...
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Jamais deux sans trois? Que nenni! La Louvière avait complètement manqué son départ lors de ses deux premières saisons en D1, mais aujourd'hui, tout va bien pour ce club après neuf journées. La colonne de gauche est en vue et Ariel Jacobs dégage une grande sérénité. Quand on lui demande de dresser brièvement le bilan de sa première année au plus haut niveau, il répond par une boutade: "Je n'ai pas encore atteint le deadline", rigole-t-il. "J'ai lu récemment qu'un entraîneur de club belge tenait en moyenne un an et trois mois. Donc, j'ai encore un peu de temps devant moi"...Redevant sérieux, le Bruxellois avoue sa satisfaction d'avoir fait de La Louvière une équipe stable de mi-classement.Ariel Jacobs: J'aurais préféré tirer un bilan sur une saison complète. Ici, je dois me satisfaire de deux parties de championnat: 27 matches l'an dernier, et neuf autres cette saison. Je ne veux pas tomber dans le piège des clichés faciles, mais il faut bien reconnaître une chose: la situation n'est jamais réjouissante quand un club décide de changer d'entraîneur. Il y avait un paramètre incontestable quand je suis arrivé: l'équipe avait pris un seul point en sept matches. Et on retrouvait tous les symptômes classiques d'une équipe malade: les joueurs ne jouaient pas, la direction n'était pas contente et le public non plus. Dans un premier temps, je me suis attelé à prendre des points pour éteindre les foyers de frustration et de déception. Le train s'est remis progressivement sur les rails et nous avons bouclé le championnat à la 11e place avec 44 points. Mais on pouvait oublier tout cela dès le premier entraînement de cette saison: tout le monde repartait à zéro. Et, à La Louvière, il fallait intégrer une quinzaine de nouveaux joueurs. éa saute aux yeux. L'année dernière, nous avons profité plus d'une fois de l'insouciance des équipes adverses. Durant une bonne partie du championnat, on a continué à nous sous-estimer, sous prétexte que cette équipe n'avait pris qu'un point au cours des sept premiers matches. Mais tout a changé entre-temps. On nous respecte, que ce soit à l'extérieur ou à domicile. Je l'ai remarqué dès le premier match: Bruges est venu chez nous en se méfiant. Chez lui, le Lierse a pratiqué un football très différent de ce qu'il a fait dans les autres matches du début de saison. Mais l'exemple le plus frappant est celui de St-Trond, qui a appliqué chez nous une tactique ultra-prudente. La seule fois que cette équipe a joué avec un libero, c'était contre nous. Idem pour Lommel. L'an dernier, nous utilisions régulièrement l'arme de la contre-attaque, même sur notre terrain. Aujourd'hui, c'est l'adversaire qui choisit ce style de football. Cela nous a coûté trois points contre St-Trond et deux face au GBA."7 points dans 3 matches exécrables"Je ne l'étais absolument pas la saison dernière. Nos matches étaient souvent laborieux. Heureusement, nous concrétisions le plus souvent une occasion sur deux et nous encaissions très peu. Cette saison, ils me donnent satisfaction à 50%. J'ai vu du bon et du moins bon, jusqu'à présent. C'était très bon contre St-Trond. Valable contre Bruges, au Lierse, à Lokeren et à Genk. Mais exécrable à Lommel, contre le GBA et Beveren. Or, nous avons pris sept points dans ces trois mauvais matches...C'est ce que je retiens.Sans tenir compte de la manière?En réussissant nos matches contre Bruges et St-Trond, nous n'avons pas pris un seul point. Le lendemain d'une défaite comme ça, les supporters disent encore qu'on a bien joué. Mais, trois jours plus tard, ils n'ont plus qu'une chose en tête: -On a perdu et il faut gagner samedi. C'est ça, le foot. La culture du résultat. Je sais que ce sera toujours le paramètre décisif. Nous avons eu un break de deux semaines après la victoire contre Beveren. Au cours des premiers jours qui ont suivi ce match, mes joueurs disaient que ça n'avait pas été bon du tout. Mais comment ont-ils raisonné par la suite? -On est dixièmes avec neuf points avant d'aller à Westerlo pour nous mettre encore un peu plus à l'abri. On pense le football de la même façon à La Louvière que dans n'importe quel autre club professionnel. L'année passée, je ne me suis pas amusé lors de nos matches mais nous avons terminé le championnat avec 44 points. Cette saison, je me suis vraiment amusé contre St-Trond mais nous avons perdu. Il faut savoir ce qu'on veut: Vergoossen s'est fait descendre dans la presse parce qu'il n'avait pas aligné une défense renforcée au Real. Au même moment, on critiquait Sollied parce qu'il se préparait à affronter Galatasaray avec cinq défenseurs alors qu'il a l'habitude de n'en aligner que quatre. Mais, quand Bruges est revenu de Turquie avec un point, on a parlé de recette miracle.Une critique très dure circule dans le milieu des entraîneurs et dans le grand public: on s'ennuie aux matches de La Louvière parce que le jeu de cette équipe est hyper-défensif.Ce n'est pas le fait de jouer avec ou sans libero qui fait qu'une équipe est défensive ou offensive. Le football se joue à 11 et il faut analyser tous les compartiments de l'équipe. On peut très bien évoluer avec un libero mais installer toute sa ligne arrière loin de son propre rectangle: dans ce cas-là, on n'est pas défensif. J'entends parfois que je fais procéder mon équipe avec un vrai libero uniquement parce que je possède Domenico Olivieri. Il n'y a rien de plus faux. Le fait de jouer avec trois, quatre ou cinq défenseurs ne dépend évidemment pas d'un seul homme mais des qualités de l'ensemble du noyau.Quand vous travailliez à la fédération, vous prôniez un football sans libero...Je suis réaliste: je travaille dans le football professionnel et je m'adapte. Entraîner un groupe sans libero est plus facile que travailler tous les jours avec un joueur comme ça. Les exercices sont plus simples à organiser si on ne doit pas tenir compte d'un couvreur. Mais, je le répète: j'aligne un vrai libero parce que ça convient aux qualités des trois secteurs de mon équipe.Vous n'êtes pas tenté d'essayer un football sans libero?C'est une option. Pas une obsession..."La Louvière défensive? Et les champions du monde alors?"Cette définition ne me plaît pas du tout car elle est trop réductrice. Il y a des équipes beaucoup plus défensives que La Louvière dans le championnat de Belgique. Je pense par exemple à celles qui alignent quatre véritables défenseurs et un demi-défensif qui se poste à deux pas de sa ligne arrière. Chez nous, les défenseurs latéraux devraient plus être des médians que de vrais défenseurs. Ils doivent encore s'en convaincre. En tout cas, ils n'ont pas une mission strictement défensive. Cela aussi, il faut accepter de le voir. Si on dit que La Louvière joue avec cinq défenseurs, il faut aussi reconnaître que le Brésil fait la même chose: en perte de balle, les champions du monde sont à cinq derrière.Mais je ne vais pas nier que notre circulation de balle est insuffisante. C'est paradoxal. Nous ne consacrons qu'un entraînement par semaine à l'organisation défensive pure mais nous encaissons très peu de buts. Par contre, nous passons énormément de temps à peaufiner les trois autres aspects essentiels du jeu (circulation, reconversion attaque-défense et défense-attaque) mais ça ne roule pas comme je le voudrais. Pourquoi? Je n'ai encore trouvé d'explication plausible.La Louvière reste quand même une équipe de contre-attaque, non?Ce n'est pas une injure de jouer le contre. Le problème, c'est que nous ne le faisons pas bien. Jouer en contre-attaque, ce n'est pas taper aveuglément le ballon devant. C'est donner un appui efficace à ses coéquipiers en possession de ballon.Les qualités des joueurs sont-elles en cause?Je ne dis pas ça parce que je défendrai toujours mon groupe. Je résumerais en disant que mes joueurs sont capables de mieux, mais de pire aussi...En face de nous, il y a du meilleur et, heureusement, du pire aussi! Pierre Danvoye"Je travaille dans le foot pro et je m'adapte""Chez nous, un coach tient en moyenne 15 mois"