1. Liverpool, Chelsea et les dangers du " trop vite ".

Au total des deux matches, Liverpool s'est contenté de peu d'occasions de but et misa sur la rigueur tactique afin d'atteindre la finale de la Ligue des Champions. Le Liverpool de Rafael Benitez peut faire penser au Porto de José Mourinho. Les Portugais disposaient cependant d'éléments plus percutants avec Benni McCarthy, Deco, etc. Liverpool présente moins de caractéristiques offensives. Liverpool-Chelsea fut marqué par un nombre élevé de mauvaises passes. C'est un des dangers du " trop vite " actuel. Tout doit être fait pied au plancher : attaquer, conclure, construire, récupérer, se reconvertir d'attaquant en défenseur et vice-versa. Cela génère des imperfections dans la circulation de la balle. Tous les joueurs du haut niveau sont désormais de fameux athlètes. Quand ils échangent leurs mail...

Au total des deux matches, Liverpool s'est contenté de peu d'occasions de but et misa sur la rigueur tactique afin d'atteindre la finale de la Ligue des Champions. Le Liverpool de Rafael Benitez peut faire penser au Porto de José Mourinho. Les Portugais disposaient cependant d'éléments plus percutants avec Benni McCarthy, Deco, etc. Liverpool présente moins de caractéristiques offensives. Liverpool-Chelsea fut marqué par un nombre élevé de mauvaises passes. C'est un des dangers du " trop vite " actuel. Tout doit être fait pied au plancher : attaquer, conclure, construire, récupérer, se reconvertir d'attaquant en défenseur et vice-versa. Cela génère des imperfections dans la circulation de la balle. Tous les joueurs du haut niveau sont désormais de fameux athlètes. Quand ils échangent leurs maillots, on découvre des muscles qui en disent long sur la qualité de leur travail physique. Le début du match permettait de croire que Liverpool serait à l'aise en contre. Luis Garcia avait ouvert la marque dès la 4e minute et Chelsea était obligé d'attaquer. C'est un cliché bon marché. Liverpool n'a pas orchestré un raid gagnant durant 86 minutes. Le contre est un art difficile à maîtriser. En Belgique, les équipes qui misent sur la contre-attaque sont critiquées à tort. Ce n'est ni simple, ni facile à mettre au point. Le PSV constitue, plus que Liverpool, la révélation de la saison en LC. Eindhoven a présenté une équipe flexible, s'adaptant aux problèmes différents d'une affiche à l'autre ou aux difficultés qui naissent parfois au fil d'un match. Contre Milan, le PSV a misé sur une pointe offensive, puis deux et même quatre en fin de rencontre. Philip Cocu a occupé trois postes : demi défensif, défenseur, médian offensif. Le PSV a milité avec trois ou quatre défenseurs sans que cela pose le moindre problème de cohésion. Cette formation peut compter sur un grand nombre de joueurs capables de marquer ou de se glisser dans la construction d'une phase décisive. Les équipes types du top se valent. Si on ne tient compte que de ce critère, il n'y a guère de différences entre le PSV, Milan, Chelsea et Liverpool. Cela dit, quand différence il y a, elle s'explique le plus souvent par la qualité des bancs. Le PSV en Ligue des Champions et AZ Alkmaar, face à un excellent Sporting Portugal en demi-finales de la Coupe de l'UEFA, ont été éliminés sur la ligne d'arrivée. Cela a déclenché beaucoup de frustrations aux Pays-Bas. José Antonio Camacho a déclaré un jour, en Espagne, qu'une équipe qui encaisse un but durant les dernières minutes de jeu n'est pas une équipe. C'est une formule-choc qui mérite réflexion. Les déceptions du PSV et d'AZ ne sont pas des accidents et s'expliquent par des défenses émotionnelles. Le PSV a encaissé, tant à l'aller qu'au retour, un but en fin de match. A Alkmaar, le Sporting a émergé au bout du temps additionnel des prolongations. Les arrières ne pensaient plus qu'au temps les séparant du coup de sifflet final. Ils étaient déconnectés par rapport aux réalités encore de mise sur le terrain. Ils semblaient en attente face aux derniers problèmes, ne les ont pas maîtrisés jusqu'au bout, et leur attentisme a suscité la perte de connexion avec les autres défenseurs de leur équipe. Ils ne pensaient plus du tout à leur géométrie de jeu. A la 122e de jeu, Miguel Garcia du Sporting Lisbonne a eu tout le temps de se placer. Aucun Hollandais ne l'a marqué avant que le corner ne soit botté ou à l'arrivée du ballon. Les arrières d'AZ Alkmaar nageaient dans l'émotionnel, en attendant le grand moment de leur carrière, et ne géraient plus tous les paramètres du match. Ils l'ont payé cash. Ce fut le cas du PSV aussi. Sur le centre de la dernière chance de Kaka, Alex était mal placé. Que faisait-il là, déconnecté par rapport aux deux équipiers proches du joueur milanais ? En ne se rapprochant pas d'eux, il a libéré toute une zone et a annulé les possibilités de hors-jeu : Massimo Ambrosini a tiré un profit maximum de la défense émotionnelle du PSV. Emilio Ferrera