Dans quelle mesure l'Afrique vous influence-t-elle ?

Kompany : Sans parler de mes racines, j'ai beaucoup d'amis africains à Bruxelles. Je me sens moitié Belge, moitié Congolais. Etre un métis représente une richesse mais en Belgique, on me considérera toujours comme un Africain et au Congo, ça risque d'être l'inverse.
...

Kompany : Sans parler de mes racines, j'ai beaucoup d'amis africains à Bruxelles. Je me sens moitié Belge, moitié Congolais. Etre un métis représente une richesse mais en Belgique, on me considérera toujours comme un Africain et au Congo, ça risque d'être l'inverse. Vanden Borre : Je suis né en Afrique et j'y ai vécu cinq ans mais j'étais trop petit pour en avoir gardé quelque chose. Je me souviens quand même que j'avais un excellent ami. Kompany : Vous pouvez sans doute mieux comprendre ce que nous vivons en pensant au problème linguistique. Je ne comprends pas comment Wallons et Flamands s'opposent ainsi. Je m'entends bien avec tous : ce sont deux peuples identiques. Peut-être mes origines m'aident-elles à mieux comprendre les autres cultures et à briser des barrières archaïques. Kompany : Je ne suis pas un fanatique des prix individuels car le collectif prime tout, en football. On assiste à une inflation des trophées, chaque média voulant créer le sien. C'est son droit mais l'intérêt du sponsor est sans doute plus important que celui du prix. On s'est demandé si je pouvais entrer en ligne de compte pour le Soulier d'Ebène, puisque je ne suis pas purement africain. Junior a bien résumé les choses : - Vincent a essuyé les mêmes insultes racistes que tout Africain. Pourquoi n'entrerait-il pas en ligne de compte ? Cette saison, j'ai bien rigolé au Germinal Beerschot. Cela arrive partout, mais là, c'était grave : chaque fois que j'avais le ballon, certains poussaient des cris de singe. Comment peut-on réagir ainsi vis-à-vis d'un métis, qui a grandi à Bruxelles et qui joue en équipe nationale ? C'était limite, primaire et incompréhensible. Vanden Borre : Je n'ai jamais compris ça. Vanden Borre : De la technique, peut-être, sans sous-estimer celle des Belges. Kompany : Chacun apporte quelque chose à l'autre et devient ainsi plus complet. De là à dire concrètement ce que l'un apporte... Kompany : Ce sont des généralisations. La technique des Africains se développe différemment, comme la mienne, même si j'ai grandi en Belgique. J'ai vécu dans un quartier défavorisé où la technique était importante dans nos matches. Elle diffère de celle acquise par d'autres jeunes, sur des terrains. Kompany : Financièrement, ce fut longtemps impossible, puis il y a eu la guerre. Aller au Congo ne signifie pas visiter Kinshasa mais retourner dans la région dont ma famille est originaire. Or, elle a longtemps été inaccessible. Cependant, j'ai aussi beaucoup de famille en Belgique, du côté paternel comme du côté belge de ma mère. Donc, je ne souffre pas trop de la situation.