"Impossible sur le plan logistique." "Déficitaire, faute de partenaires médiatiques." Pendant des années, Christian Prudhomme, le patron du Tour, s'est emmuré dans une vision conservatrice et commerciale, refusant d'organiser un Tour de France féminin "officiel". ASO n'a mis sur pied que La Course, une course d'un jour pendant le Tour masculin, une épreuve qui, à quelques exceptions près, ne représentait guère plus qu'un critérium. Pourtant, de 1984 à 2009, le calendrier comportait bel et bien le Tour Cycliste Féminin ou La Grande Boucle Féminine. De 2006 à 2016, il y a également eu La Route de France Féminine, une course similaire, mais indépendante d'ASO. Alors que le cyclisme féminin ne connaissait pas son succès act...

"Impossible sur le plan logistique." "Déficitaire, faute de partenaires médiatiques." Pendant des années, Christian Prudhomme, le patron du Tour, s'est emmuré dans une vision conservatrice et commerciale, refusant d'organiser un Tour de France féminin "officiel". ASO n'a mis sur pied que La Course, une course d'un jour pendant le Tour masculin, une épreuve qui, à quelques exceptions près, ne représentait guère plus qu'un critérium. Pourtant, de 1984 à 2009, le calendrier comportait bel et bien le Tour Cycliste Féminin ou La Grande Boucle Féminine. De 2006 à 2016, il y a également eu La Route de France Féminine, une course similaire, mais indépendante d'ASO. Alors que le cyclisme féminin ne connaissait pas son succès actuel. Si ASO a changé son fusil d'épaule, c'est partiellement sous la pression de l'UCI mais surtout de Zwift, la plate-forme cycliste américaine, qui a injecté une somme énorme, évitant tout risque financier à ASO pour les quatre prochaines années. France Télévisions a également sauté dans le train, compte tenu de l'audimat croissant qu'attirent les courses féminines. Chaque étape sera retransmise en direct pendant deux heures au moins. Le 24 juillet, le jour où le peloton masculin arrivera sur les Champs-Élysées, le Tour de France Femmes démarrera. La date est bien choisie: elle va ainsi accroître l'intérêt des spectateurs pour le tour féminin, tout en le dissociant de l'épreuve masculine. Après un premier critérium de 82 kilomètres, le premier dimanche, les 22 formations de six coureuses enchaînent par une étape plate de 135 kilomètres entre Meaux et Provins, mais elle est pimentée par un raidillon avant la ligne d'arrivée. La troisième étape, de 133 kilomètres, débute à Reims, là où s'est déroulé le premier Mondial féminin en 1958, pour s'achever à Épernay, après cinq solides côtes. L'étape ressemble à celle du Tour 2019, remportée par Julian Alaphilippe au terme d'une attaque en solitaire dans le final. Elle convient parfaitement aux puncheuses style Lotte Kopecky. La quatrième étape, sur 126 kilomètres, devrait offrir encore plus de spectacle. Elle se déroule sur des secteurs non-asphaltés, des chemins blancs vallonnés - l'un d'eux fait 4,4 kilomètres de long - entre les vignobles, de Troyes à Bar-sur-Aube. Le lendemain, de Bar-le-Duc à Saint-Dié-des-Vosges, le peloton doit pédaler 175 kilomètres, une distance plus longue que celle des épreuves d'un jour au calendrier WorldTour. Par exemple, le Tour des Flandres ne compte que 158,6 kilomètres. Après cette étape de transition dépourvue d'obstacles réels, les grimpeuses sont à l'honneur. Dans les Vosges, le massif le plus proche de Paris. La sixième étape est relativement facile (128 kilomètres de Saint-Dié à Rosheim), mais dans la septième, Annemiek van Vleuten et Cie devront gravir le Petit Ballon, le col du Platzerwasel et le Grand Ballon - un dénivelé de 3.000 mètres sur un parcours de 127 kilomètres. La dernière étape, le dimanche 31 juillet, comporte le Ballon d'Alsace, le premier véritable col au programme du Tour masculin, en 1905, et, pour finir, l'ascension de La Planche des Belles Filles. Le classement final devrait prendre définitivement forme là. Ce Tour ne compte que huit étapes, mais pourrait être allongé dans les années à venir. Marion Rousse, la directrice de course, l'a comparé à Paris-Nice ou au Critérium du Dauphiné durant sa présentation. Les primes s'élèvent à 250.000 euros. La lauréate du classement final percevra 50.000 euros, soit seulement un dixième du montant touché par le maillot jaune masculin. Quant à l'organisation de ce premier Tour de France Femmes: mieux vaut tard que jamais.