Si en football, on gagne ensemble et on perd ensemble, on ne peut s'empêcher de penser que le Portugal a été éliminé prématurément de l'Euro par une partie de son équipe seulement. Hormis contre la Suisse, où Felipe Scolari avait aligné une formation bis, les Portugais ont inscrit au moins deux buts lors de chaque match, y compris celui, fatal, face à l'Allemagne. Simão Sabrosa, Cristiano Ronaldo et même Nuno Gomes (un but, deux tirs sur les montants, deux assists) n'ont pas failli à leur tâche. Deco, lui, fut tout bonnement extraordinaire. Plus encore que Ronaldo, il a été désigné comme la star de cette équipe portugaise, prouvant ainsi que sa mauvaise saison avec Barcelone n'était qu'un accident de parcours. " J'ai été souvent blessé. Le problème, c'est que ces blessures cassaient mon rythme de travail et, comme l'équipe ne tournait pas bie...

Si en football, on gagne ensemble et on perd ensemble, on ne peut s'empêcher de penser que le Portugal a été éliminé prématurément de l'Euro par une partie de son équipe seulement. Hormis contre la Suisse, où Felipe Scolari avait aligné une formation bis, les Portugais ont inscrit au moins deux buts lors de chaque match, y compris celui, fatal, face à l'Allemagne. Simão Sabrosa, Cristiano Ronaldo et même Nuno Gomes (un but, deux tirs sur les montants, deux assists) n'ont pas failli à leur tâche. Deco, lui, fut tout bonnement extraordinaire. Plus encore que Ronaldo, il a été désigné comme la star de cette équipe portugaise, prouvant ainsi que sa mauvaise saison avec Barcelone n'était qu'un accident de parcours. " J'ai été souvent blessé. Le problème, c'est que ces blessures cassaient mon rythme de travail et, comme l'équipe ne tournait pas bien non plus, j'éprouvais des difficultés à revenir ", explique-t-il. " J'ai donc vécu ma plus mauvaise saison mais j'ai toujours su qu'elle n'affectera pas ma forme à l'Euro ". Encore un peu en dedans de son action face à la Turquie (il se contenta de quelques ballons très précis à 20 ou 30 mètres pendant une heure puis leva le pied), il fut omniprésent face à la Tchéquie (avec un but à la clef) et sonna le réveil portugais face à l'Allemagne. Il n'est pas encore du tout certain que le futur sélectionneur portugais puisse compter sur Deco lors de la campagne de qualification pour la Coupe du monde 2010. A moins de 31 ans, le meneur de jeu songe à se retirer en même temps que Scolari, qui l'avait amené à se faire naturaliser et sera peut-être son prochain entraîneur à Chelsea. Deco sait que le championnat d'Angleterre est encore beaucoup plus exigeant que la Liga sur le plan physique et il veut mettre toutes les chances de réussite de son côté. Ce qui est certain, c'est qu'il ne sera plus à Barcelone puisque Pep Guardiola l'a placé sur une liste de joueurs indésirables qui ferait le bonheur de n'importe quelle autre équipe puisqu'elle contient également les noms de Ronaldinho et de SamuelEto'o. Le club catalan réclamerait une vingtaine de millions d'euros pour Deco, soit à peu près la même chose que le Sporting pour Moutinho. Pendant l'Euro, l'éventualité puis la certitude de son départ ont en tout cas fait couler beaucoup d'encre. D'abord cité à l'Inter, où il retrouverait José Mourinho, qu'il avait connu à Porto, il fut d'un seul coup orienté vers Chelsea dès l'annonce de la signature de Scolari. Après le match contre la Tchéquie, il fut même autorisé à quitter, pendant un peu plus de 24 heures, l'hôtel des joueurs portugais afin de partir pour Barcelone. Tant lui que Scolari nièrent que ce voyage avait pour but de régler un transfert avec Chelsea mais on n'imagine bien qu'il ne s'agissait pas d'aller vendre sa maison en Catalogne. D'autant qu'il affirme vouloir la conserver pour ses enfants qui ont pris racine dans cette belle région. Mais si Scolari a défendu publiquement Deco, celui-ci fut aussi le premier à voler au secours du sélectionneur lorsqu'il fut critiqué pour avoir annoncé, en plein Euro, son départ pour Chelsea. " Il faut tout de même comprendre qu'il était en fin de contrat. Celui qui affirme qu'il n'est pas préoccupé par la situation du Portugal est un médisant ". Et on touche ainsi à l'autre raison qui pourrait amener au retrait prématuré de Deco. Contrairement à Pepe, qui connaît déjà l'hymne national portugais par c£ur et a déclaré aux journalistes brésiliens que la défaite du Brésil face au Paraguay ne lui faisait ni chaud ni froid, Deco n'avait, jusqu'ici, jamais donné l'impression de se sentir très bien en sélection. Il faut se souvenir qu'à l'annonce de sa naturalisation, Luis Figo et Rui Costa firent des déclarations peu avenantes, sans doute parce qu'ils le considéraient davantage comme un rival que comme un équipier. Mais Scolari l'imposa et, à l'Euro 2004, Deco justifia leurs craintes en écartant plus ou moins Rui Costa. Au Mondial allemand, désormais seul leader, il ne parvint cependant jamais à faire la différence. Pareil pendant la campagne de qualification. Avant son but face à la Tchéquie, il y avait d'ailleurs deux ans qu'il n'avait plus marqué. D'autres sélectionneurs l'auraient même peut-être écarté tandis que Scolari s'entêta à chercher son complément idéal après le retrait de Maniche. Et il finit par le trouver en la personne de Moutinho. Homme lucide (immédiatement après l'élimination, il mit le doigt sur les lacunes de l'équipe portugaise), Deco craint sans doute de ne plus bénéficier du même soutien à l'avenir. A moins que l'arrivée d'un autre sélectionneur brésilien (on cite le nom de Zico) ne parvienne à le faire changer d'avis. par partrice sintzen - photo: reporters