Faut-il parler d'expérience ou, déjà, de la chance du champion ? La saison dernière, Anderlecht avait engrangé à plusieurs reprises des points dans les arrêts de jeu, ce qui avait fini par saper le moral de Genk avec les conséquences que l'on connaît. Cette saison-ci, le Sporting a remis le couvert dès l'ouverture du championnat en s'imposant 0-1 à la 91e minute chez les néo-promus malinois alors qu'en principe, la qualité de son effectif devrait lui éviter ce genre de sueurs froides. Le soulagement de FrankieVercauteren était grand lorsque MarcinWasilewski s'érigea en premier buteur de la nouvelle campagne. " Je suis soulagé, en effet ", reconnut le coach des Mauves, " mais en même temps, je suis conscient que la prestation que nous avons fournie ne peut pas être considérée comme satisfaisante pour une équipe comme la nôtre ".
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Faut-il parler d'expérience ou, déjà, de la chance du champion ? La saison dernière, Anderlecht avait engrangé à plusieurs reprises des points dans les arrêts de jeu, ce qui avait fini par saper le moral de Genk avec les conséquences que l'on connaît. Cette saison-ci, le Sporting a remis le couvert dès l'ouverture du championnat en s'imposant 0-1 à la 91e minute chez les néo-promus malinois alors qu'en principe, la qualité de son effectif devrait lui éviter ce genre de sueurs froides. Le soulagement de FrankieVercauteren était grand lorsque MarcinWasilewski s'érigea en premier buteur de la nouvelle campagne. " Je suis soulagé, en effet ", reconnut le coach des Mauves, " mais en même temps, je suis conscient que la prestation que nous avons fournie ne peut pas être considérée comme satisfaisante pour une équipe comme la nôtre ". Les raisons de cette prestation en demi-teinte ? Elles sont multiples, selon Vercauteren. " Je ne pense pas qu'on ait pris ce match à la légère, mais on manquait peut-être un peu de fraîcheur. Je m'en étais aperçu dès l'échauffement. Un échauffement qui, par ailleurs, a été perturbé. Le tirage au sort de la Ligue des Champions, qui nous a offert Fenerbahçe, hantait peut-être inconsciemment certains esprits. Je ne veux pas chercher d'excuses, mais ce sont des circonstances qui peuvent avoir influencé notre prestation ". Un échauffement perturbé ? Par qui, par quoi ? " A deux ou trois reprises, les joueurs ont dû s'arrêter pour laisser passer des gens. La fanfare, entre autres, mais pas uniquement. Cela ne devrait pas arriver dans le contexte d'un match professionnel. Comprenez-moi bien : je n'explique pas nos difficultés uniquement par ce petit incident, mais celui-ci peut perturber la concentration. L'équipe locale y est habituée : elle voit défiler la fanfare chaque semaine. Mais pour l'équipe adverse, c'est surprenant de se retrouver à un moment donné à... 25 contre 11 alors qu'on travaille la possession du ballon. En fait, c'est ma faute : j'aurais dû prévenir mes joueurs. Je connaissais le stade de Malines, mais j'avais oublié la fanfare ". Pour Vercauteren, ce premier match du nouveau championnat s'assimilait un peu à un retour à la maison. " Je dois avouer que, rarement au cours de ma carrière, j'ai ressenti une telle émotion en pénétrant dans le stade d'un rival. C'est ici que ma carrière d'entraîneur a officiellement commencé. Même si, auparavant, j'avais fourbi mes premières armes à Braine-l'Alleud sous la houlette de PhilippeSaint- Jean. On avait obtenu de très bons résultats avec les jeunes de Malines. Il y avait des garçons comme Thomas Chatelle, TomCaluwé ou SvenVandenbroeck. Un lien avait été établi avec l'équipe Première. Des entraîneurs comme Walter Meeuws ou Willy Reynders m'avaient prodigué des conseils. En revenant vendredi soir sur le lieu des anciennes casernes, j'ai été surpris de constater qu'au fond, rien n'avait changé : le stade, la pelouse, le public, l'ambiance. Je suis heureux que cette équipe soit de retour en D1. Malines respire le football ". Mais Vercauteren est aujourd'hui, avant tout, l'entraîneur du Sporting et c'est la prestation de ses troupes qui le préoccupait en premier lieu. " Tout le monde estimait qu'une victoire anderlechtoise entrerait dans la logique des choses. Pour ma part, je m'attendais à une rencontre difficile, face à une équipe hyper-motivée qui nous attendrait de pied ferme. Lorsque, soi-même, on n'est pas à 100 %, l'affaire se complique encore : des passes faciles ont été ratées, des occasions n'ont pas été concrétisées. Notre problème se situait surtout en possession du ballon : on ne parvenait pas à enchaîner cinq passes consécutives. Les attaquants ont peut-être eu le tort de trop demander le ballon dans les pieds, au lieu de chercher la profondeur. Dans ce cas, il est important de garder le zéro derrière. On sait qu'Anderlecht est, à tout moment, capable d'inscrire un but. C'est ce qui s'est produit. L'essentiel est acquis, avec la conquête des trois points. C'est dur pour Malines, qui méritait mieux, mais si cette équipe aborde ses prochains rendez-vous avec la même détermination, elle en fera souffrir plus d'un. De notre côté, la manière n'était pas au rendez-vous, mais il faut comprendre qu'on ne peut pas rééditer à l'envi des prestations du calibre de celle fournie face à Bruges en Supercoupe. Pour remporter un titre, les joueurs doivent surtout avoir faim. Et, de ce côté, je ne me fais pas de soucis... lorsque je vois ce qu'ils mangent le midi ! Mais, à l'entraînement aussi, ils témoignent d'une belle détermination ". A Malines, le Sporting n'a pas encore pu compter sur les services de sa nouvelle recrue : le milieu de terrain tchèque JanPolak a signé jeudi un contrat de quatre ans qui le lie au Sporting jusqu'en juin 2011. Il est le fameux box-to-box que Vercauteren réclamait avec insistance depuis l'ouverture de la période des transferts. Après bien des rebondissements, l'affaire a enfin été concrétisée. " Je dois reconnaître que je n'y croyais plus ", avoue le secrétaire général PhilippeCollin. " On est passé par tous les sentiments : il y a un mois, on pensait que l'affaire était dans le sac, puis on a dû déchanter. A force de travail, de relations, de contacts et de communication, on est tout de même parvenus à nos fins ". Le joueur a été surpris lorsqu'on l'a présenté comme un box-to-box. " C'est quoi, un box-to-box ? " demanda-t-il. Après avoir reçu l'explication, il avança : " Si j'ai bien compris, je devrai parcourir bon nombre de kilomètres ? Pas de problèmes : je suis en bonne condition, je me suis bien préparé à Nuremberg ". Différents noms avaient été avancés, dont celui de l'Argentin LeandroSomoza, qui était déjà en tête de liste l'an passé (le Sporting s'était ensuite rabattu sur ChristianLeiva) mais qui avait préféré signer pour Villarreal. " Dans le cas de Polak, je ne veux pas entendre parler de premier, deuxième ou troisième choix ", clame Vercauteren. " Un profil avait été défini et trois ou quatre joueurs répondant à ce profil figuraient dans le collimateur. Polak était l'un d'eux et sa signature me réjouit ". " On planchait sur le dossier depuis plusieurs mois, pour ne pas dire plusieurs années ", précise HermanVanHolsbeeck. " Car on s'était déjà intéressé à lui à l'époque où il évoluait dans son pays, au Slovan Liberec. Il avait préféré partir en Allemagne, mais nous n'avons pas perdu sa trace. La saison dernière, il a disputé 20 rencontres, et la saison précédente, 32. Il était l'un des principaux animateurs de l'équipe et a largement contribué à la conquête de la Coupe d'Allemagne. Aujourd'hui, nous ne sommes pas peu fiers de pouvoir enfin le présenter au public bruxellois ". Pourquoi le joueur a-t-il attendu aussi longtemps avant de se décider ? " Je voulais voir comment ma situation évoluait à Nuremberg ", dit Polak. " Ce n'était pas une décision facile à prendre. Ce qui m'a finalement décidé, c'est la possibilité de pouvoir évoluer dans un grand club qui dispute la Ligue des Champions. Je n'ai eu qu'une courte conversation avec JanKoller, mais il m'a dit le plus grand bien du Sporting. Il n'en avait retenu que du positif. DanielZitka m'a aussi présenté le club sous un angle intéressant ". Mais Polak et Koller ont le même manager, Pavel Paska, ce qui a sans doute influencé la transaction. Tout comme la présence d'un compatriote dans les buts anderlechtois. " Les contacts que Polak a eus avec Zitka nous ont bien aidé ", reconnaît Van Holsbeeck. " Ce n'est pas évident de convaincre un joueur international de quitter un championnat aussi huppé que la Bundesliga pour rejoindre la Ligue Jupiler. Le garçon était habitué à jouer chaque week-end devant 50.000 spectateurs. Il devra se familiariser avec l'ambiance beaucoup plus feutrée de Roulers ou de Denderleeuw. En outre, il vient de remporter la Coupe d'Allemagne avec Nuremberg, ce qui l'a fait encore hésiter davantage. La Ligue des Champions est, pour nous, un atout dans les négociations, mais il ne se révèle pas toujours décisif. Le joueur craignait, en optant pour un championnat moins relevé, de perdre sa place en équipe nationale. A 26 ans, c'est un risque qu'il n'avait pas envie de courir ". Zitka avait même reçu un message de Polak lui affirmant qu'il ne... viendrait pas. " En fait, depuis ce fameux SMS, j'ai eu la conviction que... l'affaire se concrétiserait ", affirme Collin. " Car, si le joueur a préféré envoyer un SMS plutôt que passer un coup de téléphone, c'est parce qu'il ne pouvait plus communiquer. Il fallait donc simplement décrypter le message. Cela dit, la difficulté est souvent liée à la valeur du joueur. J'ai vu jouer Polak contre les Pays-Bas et l'Argentine, durant la Coupe du Monde 2006. C'est un joueur de niveau mondial. Je pense qu'il sera le complément idéal de LucasBiglia. Si l'on avait engagé un joueur offensif, l'Argentin aurait dû se confiner dans un rôle défensif. Si l'on avait engagé un défensif, c'était l'inverse. Polak est aussi présent derrière que devant. Biglia et lui pourront monter à tour de rôle. Lorsqu'on regarde Polak droit dans les yeux, on distingue dans son regard sa mentalité de gagneur. La rage de vaincre est perceptible. Mais il m'a aussi favorablement étonné par son intelligence. Durant les négociations, il a posé de bonnes questions : Comment est géré le club ? Comment joue l'équipe ? Est-il adéquat de loger dans un hôtel du centre-ville ? Si nous avons pu le rassurer sur tous ces points, il a fallu user de nombreux arguments pour le convaincre qu'il effectuerait aussi un bon choix sportif. Car il aspire à participer à l'Euro 2008 et veut mettre tous les atouts dans son jeu ". Les réticences étaient donc d'ordre sportif avant d'être d'ordre financier. Si Polak n'est pas le transfert le plus cher de l'histoire du Sporting, il n'en est pas loin : le prix d'achat se rapproche davantage des 3 millions que des 3,5 millions. " Lorsqu'on souhaite acquérir un joueur de cette qualité, qui est encore sous contrat en Allemagne pour deux ans, il faut y mettre le prix ", reconnaît Van Holsbeeck. " Plutôt que trois joueurs moyens à 1 million, on a préféré un seul joueur de classe. Quatre années de Ligue des Champions nous ont permis de porter notre budget de 30 à 40 millions. Cela nous permet de faire venir des éléments de ce calibre ". Ce que Vercauteren attend de son international tchèque ? " Qu'il apporte un plus, tout simplement. Une équipe comme Anderlecht ne peut plus se contenter de joueurs moyens. Il faut que les joueurs qui arrivent procurent un extra dans le secteur où ils évoluent. Un box-to-box est, pour moi, synonyme d'équilibre. Au sein de l'équipe, mais aussi au sein du noyau. Polak devra veiller à ce que l'effectif soit mieux balancé et lui offrir davantage de perspectives ". Anderlecht aura bien besoin d'un bon Jan Polak pour éliminer Fenerbahçe. Malgré son statut de tête de série, le Sporting a hérité d'un rival redoutable. Sans doute l'un des adversaires les plus difficiles, parmi ceux qui figuraient dans le chapeau des équipes non-protégées. Vercauteren en est conscient. " Même si on avait décidé de ne pas en parler avant le match à Malines, on a regardé le tirage au sort ensemble, avec tout le groupe. Le nom qui est sorti de l'urne a malgré tout provoqué un choc. Ce n'est pas évident. Laisser transparaître une certaine déception est inutile : ces deux matches, il faudra les jouer. La tâche n'est pas insurmontable, mais elle s'annonce très difficile. Il faudra jouer deux matches de haut niveau. On peut supposer que les amateurs de suspense seront servis ". " Pour moi, c'est du 50/50 ", renchérit Van Holsbeeck. " Au moins aura-t-on l'avantage de disputer la deuxième manche à domicile. Au départ, l'ambition du club était de terminer au moins à la troisième place du groupe, afin de passer l'hiver. Cette ambition est toujours d'actualité, mais avant cela, il y aura un écueil redoutable à franchir. J'espère que l'arrivée de Polak nous le permettra. Dans le football moderne, la différence se fait souvent dans l'entrejeu. Lucas Biglia et AhmedHassan sont plutôt à dominance technique. Polak devra apporter sa touche physique, son volume de jeu et sa mentalité de gagneur ". par daniel devos - photos : reporters/ gouverneur