À l'heure où l'incompétence des uns met tous les autres à l'arrêt, il est bon de rappeler que même seul, il y a un organe qui ne s'arrête jamais. On l'a tous et on s'en sert plus ou moins bien. Il est le plus important du corps humain, j'ai nommé le cerveau. Le mien vagabonde beaucoup ces derniers temps. Au gré de mes pensives marées. Pour continuer à me marrer de cette vaste blague qu'est la vie. Il se projette beaucoup vers la libération, mais revient aussi sur les moments gravés dans mes cellules neuronales. Comme disait ce délicieux MC Solaar: "Pour aller de l'avant, il faut prendre du recul. Car prendre du recul, c'est prendre de l'élan." Dans la vie comme dans le foot, ce qui devient dramatiquement de plus en plus la même chose, ça fait parfois du bien.
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À l'heure où l'incompétence des uns met tous les autres à l'arrêt, il est bon de rappeler que même seul, il y a un organe qui ne s'arrête jamais. On l'a tous et on s'en sert plus ou moins bien. Il est le plus important du corps humain, j'ai nommé le cerveau. Le mien vagabonde beaucoup ces derniers temps. Au gré de mes pensives marées. Pour continuer à me marrer de cette vaste blague qu'est la vie. Il se projette beaucoup vers la libération, mais revient aussi sur les moments gravés dans mes cellules neuronales. Comme disait ce délicieux MC Solaar: "Pour aller de l'avant, il faut prendre du recul. Car prendre du recul, c'est prendre de l'élan." Dans la vie comme dans le foot, ce qui devient dramatiquement de plus en plus la même chose, ça fait parfois du bien. À l'heure où toutes les pendules nationales sont à l'arrêt pour laisser le temps nécessaire à notre Eden national de se "réparer", je me dis que le foot, surtout dans une compétition qui se joue en quelques matches, n'est question que de forme du moment. D'imprévu dans le prévu. Les plus minutieuses préparations sont à la merci d'indicibles phénomènes, qui font que de héros à zéros, il n'y a que l'imprévisible. Telle cette Grand-Place de Bruxelles noire de monde, jaune de sourires et rouge de bonheur. Nous sommes en 1986. La Belgique n'est qu'une et belle nation qui fête ses héros. Le Mexique a fait du Grand Jojo le symbole de notre pays plus que jamais surréaliste. Nos Diables confirment qu'ils sont le ciment de notre unité. Un vrai miracle. Au propre comme au figuré. Une histoire de ouf. Ça commence avec les qualifications. Nous terminons deuxièmes de notre groupe derrière la Pologne. Nous avons notamment été battus par l'Albanie. Nous devons passer par un barrage contre les Pays-Bas, qui élèvera Georges Grün au rang d'éternel beau-fils idéal. À cinq minutes de la fin du match retour, il marque le but qui nous qualifie contre nos meilleurs ennemis. En route pour Mexico, où nous terminons troisièmes de notre groupe sur... quatre équipes. On se noie, mais on est repêchés. Et puis on marche sur l'eau. On bat l'URSS, l'Espagne, pour finalement rater la finale à cause d'un seul homme: Diego Maradona. Chez nous le roi du " keeping" est aussi le roi du marketing. Jean-Marie Pfaff est la Star. Lui, notre Élu, est élu meilleur gardien de cette Coupe du monde 86. Pourtant, notre gardien a encaissé quinze buts. En sept matches. On a déjà vu mieux. À l'heure du foot data, ça fait de lui un loser. Il n'en est rien. Le foot, c'est bien plus que cela. Il arrête UN tir au but sur cinq. C'est décisif. Une prise de décision de cinq dixièmes de seconde qui fait entrer dans la légende. Formidable. Car au-dessus des stats, des chiffres. Ces parasites qui nous enlèvent le goût de l'essentiel. Autre histoire, autre essentielle, mais tout aussi extraordinaire. Celle de Kingsley Coman. Pourquoi lui? Parce que à l'heure du foot plus data que jamais, il est la quintessence des chiffres. Ce garçon a 24 ans, est joueur pro depuis huit saisons et a été... neuf fois champion. Son virus à lui, c'est la "championnite". Ce type est vacciné contre la lose. Il n'a connu que la première place. Fou, génial, inouï, vrai. Comment neuf fois en huit saisons? Parce que lors de la saison 2015-2016, il joue un match avec la Juve avant d'être prêté au Bayern. La Vieille Dame sera championne, l'ogre bavarois aussi. Avec un seul match sous les jupes turinoises, il est considéré comme champion. Deux fois avec le PSG, deux fois avec la Juve, cinq fois avec le Bayern. Le compte est bon. Savoureux, même. Surtout si on ajoute deux Coupes d'Italie, trois d'Allemagne et une Ligue des Champions, où il marque le seul but de la finale contre le... PSG. Vertigineux. Ne lui manque qu'une Coupe du monde, dont Didier Deschamps l'a privé en 2018. Ouf, à 24 ans, il peut encore rêver.