En principe, 2008, année du centenaire, aurait dû être celle de toutes les réjouissances. A deux mois du terme, elle s'inscrit plutôt, jusqu'ici, sous le signe de la morosité absolue. Au Parc Astrid, où on aime les chiffres ronds, la direction eût évidemment apprécié qu'un trentième titre ornât le palmarès au printemps. C'était compter sans le Standard, pourtant réduit à la portion congrue depuis 25 ans...
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En principe, 2008, année du centenaire, aurait dû être celle de toutes les réjouissances. A deux mois du terme, elle s'inscrit plutôt, jusqu'ici, sous le signe de la morosité absolue. Au Parc Astrid, où on aime les chiffres ronds, la direction eût évidemment apprécié qu'un trentième titre ornât le palmarès au printemps. C'était compter sans le Standard, pourtant réduit à la portion congrue depuis 25 ans... Certes, le Sporting remporta la Coupe de Belgique face à La Gantoise mais ce fut la seule lueur dans la grisaille ambiante. La suite allait se révéler plus sombre encore sous la forme d'une élimination sans gloire de toute scène européenne par les illustres inconnus du Bate Borisov. A quelque chose malheur est bon, se disait-on pourtant dans les hautes sphères, avec la conviction que privés des soirées de la Ligue des Champions ou de la Coupe de l'UEFA, les Mauve et Blanc allaient faire des flammes au plan national. Mais, là aussi, il aura bel et bien fallu déchanter face à l'indigence des prestations. Et comme si tout ça ne suffisait pas, le RSCA a dû composer aussi avec pas mal de remous extra-sportifs comme les piques récentes de Nicolas Frutos et Jonathan Legear envers l'antenne médicale, preuve s'il en est d'une communication déficiente. Là n'est pas le seul avatar au stade Constant Vanden Stock par les temps qui courent. Voici tout juste une semaine, nous avions mis en exergue le bilan affligeant des transferts de l'été. Cette fois, place à d'autres dysfonctionnements. Après qu'il eut repris les rênes de Frankie Vercauteren au mois de novembre 2007, le nouveau coach, Ariel Jacobs, réussit la gageure de remettre rapidement l'équipe en selle. Il en résulta un deuxième tour mené tambour battant, fruit d'un collectif sans faille rehaussé par les qualités footballistiques de l'une ou l'autre individualité comme Ahmed Hassan et Mbark Boussoufa, pour ne mentionner que ce duo. Quelques mois après, il ne reste plus rien de ce fonds de jeu et certains joueurs-clés se font étrangement discrets depuis le début de la saison. Et encore est-ce là un euphémisme. La preuve par les déboires de trois éléments, un par secteur, qui ne répondent pas, ou plus du tout, à l'attente. A commencer par le gardien. Au terme de l'exercice 2006-2007, chacun s'accordait à dire que Daniel Zitka avait joué un rôle prépondérant dans la conquête du 29e titre. L'année passée, le portier tchèque avait par moments montré une moins grande souveraineté. Au FC Dender, entre autres, où il s'était incliné à deux reprises sur des envois lointains. Ou encore face à Zulte Waregem, lorsqu'il avait affiché une passivité étonnante sur les deux buts qui avaient permis aux Flandriens de s'en retourner nantis d'un point inespéré. Cette saison, sa responsabilité dans le revers cinglant (4-0) subi au Gaverbeek face aux mêmes troupes de Francky Dury était plus engagée encore, avec la moitié des réalisations pour sa pomme, au bas mot. Sans parler du Standard... et du but encaissé samedi contre Malines. Par là même, le keeper qui prenait des unités pour les siens s'est mué en un dernier rempart qui en coûte. La nuance est évidemment très sensible. L'homme aurait-il donc perdu de sa superbe ? D'aucuns l'affirment, vu son âge respectable de 33 ans. Bizarrement, sa situation, dans le même temps, n'a pourtant jamais été aussi bonne en sélection. Alors qu'il était la sixième garniture derrière Petr Cech, Jaromir Blazek, Antonin Kinsky, Martin Vaniak et Jan Lastuvka, Zitka fait office à présent de doublure du n°1 de Chelsea. A deux reprises, il a même été appelé à le supplanter entre les perches : le 22 novembre 2007 à Chypre d'abord puis, pas plus tard qu'il y a une quinzaine de jours, face à la Slovénie. Et d'une part comme de l'autre, Big Dan parvint à garder ses filets intacts : 0-2 chez les insulaires et 1-0, dernièrement, à Prague. Alors quid ? A nos yeux, c'est sûr que le Zitka d'il y a quelques années n'aurait jamais laissé échapper le cuir comme il l'a bel et bien fait sur la phase du deuxième but au stade Arc-en-Ciel. Mais il est probablement victime aussi, dans une certaine mesure, des changements à Anderlecht. Non seulement au sein de la défense, où le quatuor Marcin Wasilewski- Nicolas Pareja- Roland Juhasz- Olivier Deschacht qui l'avait aidé à tenir 16 fois le 0 voici deux ans, a été remodelé suite au départ de l'Argentin ainsi qu'au glissement de Deschacht vers l'axe. Indépendamment de cette donne, Zitka aura dû composer aussi avec un nouveau mentor puisque Filip De Wilde a relayé Jacky Munaron en 2007. Consulté à propos d'une éventuelle modification de cette cellule, le Tchèque s'était laissé aller à déclarer, à l'époque, qu'un changement n'était pas pertinent, entendu que ses compères Silvio Proto, DavySchollen et Jan Van Steenberghe étaient tous enchantés de leur collaboration avec Munaron. Celui-ci, il est vrai, avait prouvé son savoir-faire auparavant avec le même De Wilde et même Zvonko Milojevic, grand artisan de la victoire d'Anderlecht lors de la séance des tirs au but en Supercoupe en 2001. Le courant était toujours bien passé entre le maître Munaron et l'élève mais un peu moins, à l'évidence, entre De Wilde et Zitka, qui furent même rivaux au Parc Astrid à un moment donné. Quand il a besoin de réconfort ou d'un tuyau, le Tchèque n'hésite d'ailleurs pas à consulter à intervalles réguliers Munaron. C'est assez dire s'il le tient toujours en très haute estime. Dans l'entrejeu, comment ne pas relever le cas posé par Lucas Biglia. A son arrivée en 2006, l'Argentin était précédé d'une réputation flatteuse. L'ancien joueur de l'Independiente Buenos Aires, surnommé LePetit Prince, pouvait quand même se gausser d'être le capitaine de la sélection Espoirs championne du monde. En deux temps trois mouvements, le jeune homme, acquis pour la somme coquette de trois millions d'euros, réussit à faire l'unanimité autour de son nom et de ses prestations. Après une entrée en matière remarquée comme sweeper devant la défense, chacun s'attendait à le voir confirmer au cours de la défunte campagne. Mais l'envolée se fit désespérément attendre. Pire encore, sa tendance à la jouer toujours proprement, en largeur plutôt que dans la verticalité, poussa certains à lui préférer Jan Polak qui, après une adaptation laborieuse, donna soudain sa pleine mesure lors du deuxième tour 2007-2008. Il n'en fallut pas davantage pour qu'on ne s'opposât plus à un transfert du blondinet. Mais alors qu'il semblait de loin promis au plus bel avenir parmi tous les Argentins du Sporting, c'est Pareja qui décrocha la timbale sous la forme d'un passage à l'Espanyol Barcelone grâce au titre olympique de Pékin. Biglia avait été coupé de la sélection olympique peu de temps avant les JO ! En plus, il dut encaisser le décès inopiné de son père et se passer de la compagnie importante pour lui de Frutos, son véritable tuteur, en revalidition au pays. Autant de coups du sort qui ont contribué au mal-être du Sud-Américain qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Et qui risque de se sentir encore un peu plus seul le jour où il ne pourra plus compter sur la présence de Frutos. A ce propos, les jours du goleador de Santa Fe paraissent-ils comptés à l'ombre de Saint-Guidon ? On aurait pu le penser suite à ses attaques verbales à l'encontre du staff médical du club, qui font suite elles-mêmes à un temps de jeu et, donc, de rendement, qui ne cessent de s'effriter au fil des ans. En 2005-2006, on recensait encore 82 % des matches joués pour lui. Cette proportion était ramenée à 70 % la campagne suivante, puis de 41 % la saison passé. Cette année, vu que l'Argentin vient tout juste de reprendre le collier à Zulte Waregem, elle n'atteint pas même les 20 %. Ce qui est quand même chérot pour un joueur qui pèse 1 million d'euros par. an et dont l'avenir reste entouré d'un point d'interrogation. N'empêche, lorsque le grand Nico est dans son jour, il demeure indispensable à la bonne marche du RSCA, comme il l'a prouvé en plantant trois buts face au FC Malines. Mais ses ennuis sont-ils oubliés pour autant ? S'il a tenu le coup pendant les 65 minutes qu'il est resté au jeu, l'Argentin n'en redoutait pas moins une réaction dans les 48 heures suivant le match, même si post-Zulte Waregem, il s'en était tiré sans dommage Frutos souffre d'une tendinite au tendon d'Achille mais personne ne sait ce que le futur lui réserve. Il est quand même bizarre qu'au cours des dix semaines qu'il a passé en Argentine, aucun médecin du Sporting ne s'est rendu sur place, pour assister à la nature de la rééducation suivie, même si Kristof Sas, l'un des toubibs du Sporting, s'y était déjà rendu au préalable. Cette fois, hormis Jacobs, désigné porte-parole du club, personne n'était vraiment au courant de l'évolution exacte du joueur. HermanVan Holsbeeck a beau dire qu'il attend, au deuxième tour, des merveilles d'une association entre Frutos et la nouvelle recrue, Tom De Sutter, reste à voir si on y arrivera. Dans un 4-3-3 qui a fonctionné à merveille face à Malines, on voit mal comment l'Argentin et le Brugeois pourraient cohabiter, entendu que ni l'un ni l'autre ne peuvent glisser sur l'aile. A moins, bien sûr, que Jacobs ne modifie son système... Mais serait-ce indiqué à l'heure où certains, comme Mbark Boussoufa ou StanislavVlcek, retrouvent progressivement leur meilleur niveau dans ce système ? Un fameux casse-tête en perspective !l par bruno govers