La première place de Michel Preud'homme en tête de notre troisième Top 100 annuel de Ceux qui font le football belge prouve à suffisance que l'ancien gardien de but épouse une trajectoire peu banale.
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La première place de Michel Preud'homme en tête de notre troisième Top 100 annuel de Ceux qui font le football belge prouve à suffisance que l'ancien gardien de but épouse une trajectoire peu banale. Car ils sont rares les joueurs de haut niveau à se recycler aussi vite et aussi bien dans les affaires du foot au sens large. On ne peut éviter de songer que Preud'homme suit les exemples de Michel Platini ou Franz Beckenbauer, deux touche-à-tout de génie qui ont successivement abordé les activités d'entraîneur, de dirigeant et d'organisateur en apportant au jeu dans son ensemble le meilleur de ce qu'ils possèdent en eux. Preud'homme est fait de ce bois-là et il est, dès lors, impossible de rester insensible à ses idées. Certes, le discours est encore parfois hésitant mais la volonté d'arriver où il le veut est là et elle déplace des montagnes, même dans un plat pays ; la preuve avec le plan qui porte son nom. Face aux craintes d'une scission du football, il insiste encore et toujours sur le fait que le plan envisagé ne prévoit aucune modification dans le déroulement actuel des championnats. Il veut rappeler que si le plan propose la reconnaissance d'une spécificité du football professionnel (D1 et D2) et du football amateur (de la D3 à la 4e Provinciale), les championnats de D1 aux Promotions se disputeront toujours sur le plan national et que les compétitions provinciales demeureront inchangées. Certes, le plan préconise une identification communautaire et politique à partir de la D3, les clubs amateurs devant dès lors relever de la compétence des communautés flamande et française de Belgique (notamment sur le plan des subsides) mais Preud'homme s'insurge contre toute idée de compétitions séparées sur base linguistique. "Le plan prévoit le maintien des compétitions nationales telles qu'elles existent ", nous a-t-il juré. " Si les hommes politiques ne sont pas d'accord avec ça, il n'y aura pas de plan et on ne changera rien ". Si le gaillard culmine au sommet du Top 100, ce n'est pas uniquement par la grâce de son plan mais également à cause de la réussite actuelle du Standard où il est Directeur Technique. A ce sujet, et sans mettre de notre part en question la réussite de quoi que ce soit dans le futur, Preud'homme s'est sûrement déjà demandé où il devait placer ses priorités. Pour en revenir à Platini et Beckenbauer, ils réussissent sans doute aussi dans leurs entreprises parce qu'ils n'en mènent qu'une à la fois. A l'autre bout de l'échelle, Walter Baseggio aurait mieux voulu commencer l'année mais une blessure l'a empêché de se rendre en stage avec Anderlecht. Une mauvaise nouvelle de plus car celui qui fut Footballeur Pro en 2001 - déjà - a absolument besoin de toutes ses chances pour prouver qu'il n'est pas emporté par un déclin irréversible. A moins qu'il n'ait plus progressé... A 27 ans, on ne peut quand même pas être fini. Reste à voir ce qui ne va pas. Vaste question qui débute probablement dans l'arrêt de l'évolution de son bagage physique et se termine dans l'impossibilité de rencontrer les exigences tactiques de son coach. Pour jouer à sa position au plus haut niveau en 2006, Walter devrait être à la fois aussi sec, dur et souple qu'une trique, avoir des poumons bioniques et un mini-ordinateur entre les deux oreilles. Ce serait dommage qu'avec son talent il ne fasse pas l'effort de se surpasser sur le plan de la condition et du jeu. Ou alors ceux qui traitent les footeux de paresseux ont raison et tous les joueurs de basket capables de mémoriser 50 tactiques différentes ont le QI de futurs Prix Nobel. A Clabecq, il n'y a personne pour critiquer Walter et c'est dommage car il a besoin d'une remise en question. Anderlecht, c'est clair, ne parvient pas à provoquer le déclic qui sauve et ne se reproche même plus de ne pouvoir l'aider. Il ne devrait plus hésiter très longtemps à s'en débarrasser. John Baete