Les affrontements entre Anderlechtois et Standardmen ont débouché jusqu'à présent sur deux victoires liégeoises en phase classique. Mais quelle sera la configuration des Rouches lors des play-offs à venir ? Le 2-0 de dimanche s'est joué dans une ambiance particulière avec le retour de Steven Defour, les adieux au public principautaire de Laurent Ciman et Paul José Mpoku, ainsi que les débuts à Sclessin d'Alexander Scholz. Mais ambiance particulière aussi, parce que des rumeurs diverses continuent à circuler du côté de la rue de la Centrale. Le point sur le mercato liégeois, sur ce qui s'est passé ces derniers jours et ce qui pourrait se produire d'ici la clôture du marché.
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Les affrontements entre Anderlechtois et Standardmen ont débouché jusqu'à présent sur deux victoires liégeoises en phase classique. Mais quelle sera la configuration des Rouches lors des play-offs à venir ? Le 2-0 de dimanche s'est joué dans une ambiance particulière avec le retour de Steven Defour, les adieux au public principautaire de Laurent Ciman et Paul José Mpoku, ainsi que les débuts à Sclessin d'Alexander Scholz. Mais ambiance particulière aussi, parce que des rumeurs diverses continuent à circuler du côté de la rue de la Centrale. Le point sur le mercato liégeois, sur ce qui s'est passé ces derniers jours et ce qui pourrait se produire d'ici la clôture du marché. " L'Impact accorde un contrat à long terme au défenseur central belge Laurent Ciman (...) Il était à la dernière Coupe du Monde avec la Belgique. " Lu sur le site du club de Montréal. Encore ceci : " L'Impact disputera 34 matches en saison régulière, 17 à domicile et 17... sur la route. " Une nouvelle aventure pour Ciman, parti dès le lendemain du clasico, et elle promet d'être exotique. Et fraîche : pour cette semaine, maxima jusqu'à -14, minima jusqu'à -20 ! Il y aura d'abord les quarts de la Ligue des Champions de la Concacaf, avec deux matches contre les Mexicains de Pachuca (fin février et début mars). Ensuite, la nouvelle saison de Major League Soccer débutera et on promet à Lolo un paquet d'heures dans les airs : Orlando, New York, Los Angeles, Houston, Chicago, Toronto, Vancouver,... Sur sa route, il croisera des noms comme DavidVilla, Steven Gerrard et Kaka. On a suggéré que la précipitation du départ de Laurent Ciman Ciman rimait avec un ras-le-bol et un refus du manque d'ambition du club. Pourtant, c'est peut-être dur à comprendre dans le foot actuel mais son départ n'a été dicté que par le sort de sa fille autiste, Nina. " Depuis que je suis au Standard, j'en ai reçu des offres fantaisistes ", nous explique-t-il. " Mais quand l'agent Jean Russo m'a fait part de l'offre de Montréal, j'ai vite senti que c'était sérieux et lorsque j'en ai parlé à ma femme, elle m'a directement dit que le Canada, c'était LE pays idéal pour Nina. " Ciman a repris contact avec l'intermédiaire et a ensuite discuté avec les dirigeants de l'Impact. Une fois la situation plus concrète, il a informé Roland Duchâtelet, le vice-président Bruno Venanzi et le conseiller sportif Axel Lawarée. Duchâtelet a directement compris que cela dépassait le cadre du football et a eu une réaction humaine pertinente en permettant à Ciman de poursuivre les négociations avec le club canadien. " Il a été très classe ", ajoute le joueur. Entre-temps, les Suisses de Sion étaient entrés dans la danse avec une meilleure offre financière. Mais ce club, dirigé par Christian Constantin,un président réputé fantasque, n'est pas très stable. " De plus, pour Nina, la Suisse est en avance sur certains points mais n'a pas certains avantages que la Belgique possède. " Ciman a donc opté pour Montréal. Pour sa fille et sa femme, qui a arrêté de travailler et s'occupe actuellement, seule, de l'autisme de Nina. A Montréal, elle sera mieux entourée. Le salaire n'a pas non plus tellement joué. Montréal n'est pas Toronto qui avait offert un pont d'or à Jermaine Defoe et qui compte bien remettre le couvert cet hiver avec l'attaquant de la Juventus Sébastien Giovinco. A Montréal, Ciman va mieux gagner sa vie qu'au Standard mais il ne bénéficiera plus d'avantages comme l'assurance groupe. L'un dans l'autre, la différence entre son salaire belge et canadien ne sera pas bien grande. Reste la question de son avenir sportif. Connue uniquement pour son aspect marketing, la MLS n'a pas encore marqué les esprits par sa compétitivité. Ciman ne risque- t-il pas de perdre sa place chez les Diables ? Il n'a eu Marc Wilmots au téléphone qu'après avoir acté son choix. Le sélectionneur s'est voulu rassurant, lui disant qu'il allait le suivre. " Ce championnat vaut la compétition belge ", nous dit-il. " A priori, je ne vois donc pas pourquoi je perdrais ma place. Mais si c'est le cas, tant pis. Ma femme a sacrifié beaucoup de choses pour notre fille. Si je peux lui renvoyer l'ascenseur... " Depuis la nomination de Bruno Venanzià la vice-présidence et d'Axel Lawaréeau poste de conseiller, le mercato se gère à quatre : Duchâtelet, la cellule scouting, Venanzi et Lawarée. Prenons Alexander Scholz. En l'attirant, le Standard a frappé un grand coup et montré une efficacité de réaction fabuleuse. Mais cette rapidité doit beaucoup au rapport de scouting. Quand Anderlecht a annoncé qu'il se mettait à table avec Lokeren, Duchâtelet a immédiatement sondé ses subordonnés pour savoir si le Danois en valait la peine. Les rapports de scouting étaient hyper positifs ; Venanzi et Lawarée ont abondé dans le même sens. Duchâtelet leur a alors donné carte blanche pour mener la négociation. Le président de Lokeren, Roger Lambrecht, ne voulait pas le lâcher à moins de 3 millions. Le Standard savait pourtant qu'il s'était mis d'accord avec Anderlecht sur une somme de 2 millions, plus deux fois 250.000 euros par qualification en Ligue des Champions. Ce qui pose un problème éthique : que se serait-il passé si Anderlecht avait joué sa qualification en Ligue des Champions face à Lokeren ? Lambrecht ne baissant pas son prix et ne voulant pas faire de cadeau au vice-président du Standard qu'il ne connaît pas, Duchâtelet est revenu dans le deal, négociant en direct avec Lambrecht pour arriver à 2,5 millions. Cette histoire de bonus liés à la Ligue des Champions semble déranger le président liégeois, qui nous dit : " Si vous voulez parler de conflits d'intérêts dans le football belge, vous pourriez parler des bonus que les grands clubs acquéreurs de joueurs accordent aux clubs fournisseurs de joueurs. " Cette négociation permet de se rendre compte que Duchâtelet implique les nouveaux venus (Lawarée et Venanzi) dans les décisions sportives. Mais en parallèle, il continue à prêter une oreille attentive à certains agents auxquels il fait confiance. Depuis l'été, un homme est entré dans le jeu : Dylan Salomon. Il n'est pas agent mais contribue à accélérer les deals. Il a même été dit qu'il était employé par le Standard. Cela ne semble pas être le cas. Il est payé à la commission et actif sur le marché français. C'est lui qui a facilité la venue de Ricardo Faty en juillet. Il est également intervenu dans les arrivées d'Adrien Trebel et Jeff Louis. Depuis quelques mois, il sonde les clubs hexagonaux à la recherche de renforts pour le Standard. Il a notamment pris contact avec certains joueurs de Tours, au grand dam du président de cette équipe de Ligue 2, Jean-Marc Ettori, et de Nîmes. Salomon, ancien agent immobilier dans le sud de la France, a donc remplacé l'omniprésent Dudu Dahan, dont l'étoile pâlit. Depuis le transfert de Tony Watt, Dahan n'a plus trop la cote. On lui reproche de ne pas avoir fait beaucoup d'efforts pour négocier le prix (1,5 million), jugé exorbitant. Le départ de Guy Luzon a renforcé la disgrâce de Dahan qui continue cependant à proposer des joueurs à Duchâtelet. Mais contrairement à l'été 2013 où il avait quasiment une exclusivité, il est beaucoup moins présent. " Roland Duchâtelet a fait d'ImohEzekiel une priorité de ce mercato, il fait le forcing pour le rapatrier ", nous dit-on en plein week-end de clasico. La même source ajoute : " La priorité d'Ezekiel n'est pas de revenir au Standard mais de quitter le Qatar. " Retour sur les événements de l'été. Al Arabi, club de Doha, tire à la manche du Nigérian. Ceux qui le conseillent depuis son arrivée en Belgique le supplient de ne pas accepter. Des clubs français (dont Lille) et allemands sont chauds. Mais il n'écoute que le patron de son ex-académie au Nigeria, ses parents et probablement la direction du Standard qui peut vendre pour 8 millions un joueur arrivé pour rien. Ezekiel signe tête baissée pour un salaire annuel net entre 1,8 et 2 millions par saison, pendant quatre ans. Ses seuls mots à la presse : " Je ne pouvais pas dire non parce que je dois assurer mon avenir. " Quel avenir ! Après trois mois, il commence à déprimer grave, confie qu'il va " péter un câble ". Le championnat du Qatar ne ressemble pas à grand-chose, il est catholique dans un pays musulman ultra pratiquant et ce n'est pas toujours simple, il en a assez des hôtels de grand luxe, des voitures puissantes, des Rolex et de tout le reste. Ezekiel n'a aucune vie sociale, il s'emmerde comme un rat mort dans le désert. Il est nostalgique de ses balades dans le centre de Liège, des soirées au ciné avec des potes, de l'ambiance de Sclessin. Ça le fait pleurer. Et ses chances de retrouver l'équipe nationale s'envolent mois après mois. " Il n'a vu que les chèques et le bling bling quand les Qataris sont venus ", dit un proche du joueur. Il y a aussi cette anecdote : pour le faire craquer, ils l'ont emmené dans un garage où étaient exposées des voitures parmi les plus chères du monde. Et ils lui ont dit : " Choisis celles que tu préfères. " Ezekiel est maintenant prêt à diviser (provisoirement) son salaire par cinq pour s'enfuir du Qatar. Mais il n'a pas les cartes en mains. Parce que les cheikhs qui l'ont acheté, même s'ils n'ont pas de vrais problèmes de trésorerie (!), en font une question de principe et ne veulent pas le prêter pour rien. La location jusqu'en fin de saison et le salaire, ça représenterait entre 750.000 et un million d'euros pour le Standard. Sans garantie sportive car un footballeur aussi explosif qui n'a plus joué à un haut niveau depuis six mois risque de se claquer à la première accélération. Au moment où le Standard met la sauce pour essayer de le rapatrier, un confident du joueur nous dit encore que " le cheikh n'en a rien à foutre du spleen d'Ezekiel et des problèmes du Standard, il n'appelle pas Duchâtelet tous les jours. " PAR PIERRE DANVOYE ET STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTOS: BELGAIMAGEAprès 3 mois à peine, Ezekiel en avait déjà marre des hôtels, voitures et montres de luxe à Doha.