Payer des scouts pour arpenter le monde en quête de talents et d'opportunités a-t-il encore un sens ? Que fait-on de leurs rapports ? Qui détermine la gestion des transferts ? Cherche-t-on des joueurs via internet ou les managers tirent-ils les ficelles pour placer leurs poulains, par toutes sortes de constructions ?
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Payer des scouts pour arpenter le monde en quête de talents et d'opportunités a-t-il encore un sens ? Que fait-on de leurs rapports ? Qui détermine la gestion des transferts ? Cherche-t-on des joueurs via internet ou les managers tirent-ils les ficelles pour placer leurs poulains, par toutes sortes de constructions ? Comment est-il possible qu'Anderlecht, en proie à des problèmes défensifs, se rabatte sur Uros Spajic, parfaitement inconnu sur la scène internationale, après l'échec de la piste Nicolas Lombaerts ? La saison passée, le défenseur faisait banquette à Toulouse et a fait l'actualité de manière négative suite à un coup de tête. Comment est-il possible que le manager Herman Van Holsbeeck, souvent injustement critiqué, doive se tourner vers le tout-puissant Mogi Bayat ? Qui décide vraiment de la gestion sportive chez les Mauves ? Le recordman des titres part en quête de sa grandeur passée avec neuf nouveaux. Être dépassé par le Club Bruges et Gand fait mal à Anderlecht. Reste à voir quelle injection de qualité il a obtenue avec ses nouveaux footballeurs. Massimo Bruno, joker au RB Leipzig, en deuxième Bundesliga, la saison passée, va-t-il retrouver son niveau d'antan ? Comment le parfois capricieux Hamdi Harbaoui, qui n'est pas vraiment un champion ès défense, va-t-il fonctionner au sein de la discipline exigée par René Weiler ? Enfin, Nicolae Stanciu, enrôlé avec beaucoup de brouhaha, est-il vraiment si bon ? Sur la scène internationale, le Roumain ne se détache pas, même s'il a déjà marqué quelques buts magnifiques dans son championnat et en sélection. Les rapports internationaux ont changé depuis longtemps. Il ne reste plus que du matériel d'occasion. Le Standard, financièrement limité, a enrôlé quatre étrangers qui n'étaient pas titulaires dans leur club précédent. Dans ces conditions, peut-on éveiller ne fût-ce que l'illusion qu'on va faire mieux ? Mais in fine, c'est Yannick Ferrera qui paiera les pots cassés. Il y a tout juste un an que le Standard a tiré un trait définitif sur l'ère Roland Duchâtelet, en limogeant Slavo Muslin. Le président Bruno Venanzi avait alors fait part de sa stupeur de constater que la maison, apparemment belle, du Standard, était bâtie sur de mauvaises fondations. Que pense-t-il des actuelles ? Où en sont les fondations des autres clubs ? Depuis le début du championnat, il y a eu 130 transferts, 57 entrants et 73 sortants. Ça porte le total des transactions de cette saison à 346 (95 entrantes et 121 sortantes), un chiffre fou. Depuis le début de la saison, Eupen est le seul à avoir conservé son noyau. Partout ailleurs, on l'a remanié, on a comblé des brèches, surtout avec des joueurs sur la plus-value desquels on s'interroge. Jeudi, c'était aussi jour de renouveau pour les Diables Rouges contre l'Espagne. Le nouveau sélectionneur, Roberto Martinez, avait été accepté sans trop de remous, bien qu'il n'ait pratiquement aucun palmarès et qu'on puisse se poser beaucoup de questions sur son embauche. La nécessité d'une nouvelle ère les a balayées. Martinez a pu amener tout son staff. Comme si on avait engagé un ténor absolu. Le récit de l'incrédulité suscité en Angleterre par son engagement émerge, après le pitoyable 0-2 contre l'Espagne. La flexibilité tactique et la quête d'un bon équilibre dans l'équipe ne figureraient pas parmi ses principales qualités. Les personnes qui ont engagé Martinez se sont-elles informées à ce sujet ? Indépendamment du résultat des Diables Rouges hier à Chypre, les joueurs qui ont baissé les bras face à l'Espagne doivent se regarder dans le miroir. Il est trop facile de toujours désigner l'entraîneur comme alibi. Il est plus crucial d'analyser comment cette génération en or échoue dans les matches contre les grandes nations tout en péchant souvent par un football stérile dans les parties moins relevées. Parce que cette levée est surfaite, parce qu'elle manque de force mentale ? En attendant, le public s'est détourné des Diables Rouges. Ceux-ci s'en étonnent. C'est éloquent. PAR JACQUES SYSIl y a eu 346 transferts cette saison. Un chiffre fou !