Elu président de la Ligue Pro pour trois ans, brillant juriste, Jean-Marie Philips (56 ans) a un passé. "Si on évoque ma vie, je ne peux passer cet épisode sous silence, même si je n'en suis pas fier. Je suis docteur en droit et licencié en criminologie. Je travaillais pour le secteur automobile, au bureau de Maître Bricmont, qui était notamment le conseiller du Prince Charles....

Elu président de la Ligue Pro pour trois ans, brillant juriste, Jean-Marie Philips (56 ans) a un passé. "Si on évoque ma vie, je ne peux passer cet épisode sous silence, même si je n'en suis pas fier. Je suis docteur en droit et licencié en criminologie. Je travaillais pour le secteur automobile, au bureau de Maître Bricmont, qui était notamment le conseiller du Prince Charles. Je n'avais pas de frais et je recevais 40% des honoraires. Issu d'un milieu modeste, j'ai atterri dans un autre monde à 27 ou 28 ans. J'ai perdu le sens des réalités. Par exemple, alors que nous passions des vacances dans le sud de la France, un de nos clients nous a invités, ma famille et moi, sur son yacht. Le Prince et Me Bricmont sont entrés en conflit, plus tard. Le Prince s'est retourné contre son avocat. Nous avons perdu beaucoup de clients. J'avais deux voitures, un appartement et mon monde s'écroulait. J'ai commis l'erreur de ne pas dire à ma femme que nous devions revoir notre train de vie. J'étais incapable d'effectuer un pas en arrière. J'ai commencé à emprunter jusqu'à devoir près de dix millions. J'étais dos au mur. J'ai alors obtenu une grosse affaire d'une compagnie française d'assurances contre la CGER. Mon client aurait pu être jugé responsable. J'ai proposé une indemnité correspondant à la somme dont j'avais besoin. Je l'ai reçue et j'ai remboursé mes dettes. Ça devait évidememnt s'apprendre mais j'avais perdu le sens des réaités. Six mois plus tard, j'ai en effet été condamné à trois ans de prison, dont j'ai purgé quinze mois. Il s'agissait d'une peine lourde. On faisait un exemple. Ma femme m'a rendu visite tous les jours, ma famille m'a soutenu. Par contre, à l'école, les nonnes ont dit à ma fille qu'elle devait se taire car son père n'était pas recommandable. Quand vous sortez, quinze mois plus tard, vous n'avez plus rien. C'était pire pour ma famille. En prison, j'étais comme soulagé: je ne craignais plus de coup de téléphone. J'échappais aux regards.Willy Uytterhaegen m'a offert un travail dans son commerce. En 1986, lors de la faillite du RWDM, on m'a demandé d'examiner les possibilités de reprise et c'est ainsi que j'ai repris pied. En football". (P. T'Kint)