Le contintent africain produit de grands joueurs de football depuis de longues années. Le premier joueur de couleur à nous avoir offert sur le terrain une démonstration de son incroyable talent n'était pas Brésilien. Il s'agissait du Marocain Larbi Ben Barek. Assimilé à un Français et professionnel, celui qu'on surnommait la "Perle Noire" a fait les beaux jours du Stade Français parisien et de l'Atletico Madrid en coupes d'Europe. Dans ces années d'après-guerre, le football professionnel n'existait pas encore en Belgique, à l'exception de l'Anversois Raymond Braine, qui travaillait en Tchécoslovaquie.
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Le contintent africain produit de grands joueurs de football depuis de longues années. Le premier joueur de couleur à nous avoir offert sur le terrain une démonstration de son incroyable talent n'était pas Brésilien. Il s'agissait du Marocain Larbi Ben Barek. Assimilé à un Français et professionnel, celui qu'on surnommait la "Perle Noire" a fait les beaux jours du Stade Français parisien et de l'Atletico Madrid en coupes d'Europe. Dans ces années d'après-guerre, le football professionnel n'existait pas encore en Belgique, à l'exception de l'Anversois Raymond Braine, qui travaillait en Tchécoslovaquie. Au fil des années, l'Afrique n'a cessé de fournir de jeunes talents et ceux-ci sont désormais présents dans le monde entier. Où qu'ils se produisent, les joueurs de couleur fournissent la démonstration de leurs qualités naturelles, de leur souplesse et de leur agilité. Ils sont devenus de grands joueurs dans les championnats européens les plus relevés. Au niveau des équipes d'âge et en football olympique, les grandes nations africaines ont gagné tout ce qui était à gagner. Bien qu'un quart du potentiel mondial des joueurs y évolue, le continent noir n'a jamais obtenu l'organisation de la Coupe du Monde, en septante ans d'existence.Il y a quelques mois, au siège de la FIFA à Zurich, on semblait se diriger vers l'attribution du plus important événement mondial à l'Afrique, en 2006. Le Continent noir a toutefois dû céder ce droit si longtemps attendu à l'Allemagne, à cause de l'entêtement d'un représentant néo-zélandais qui se refusait à renier ses origines écossaises et qui a laissé tomber l'Afrique du Sud. Peu après, la réaction du monde du football a incité le comité exécutif de la FIFA à promettre, à l'unanimité, le Mondial 2010 à l'Afrique. Puis, la semaine dernière, la catastrophe d'Ellis Park, à Johannesbourg, a causé la mort de quarante-six personnes, pendant le derby entre les Kaiser Chiefs et les Orlando Pirates.Le drame a immédiatement ramené à la surface la promesse de la FIFA concernant l'organisation de la Coupe du Monde 2010, qui devait certainement revenir à l'Afrique du Sud. On a trouvé des tas de raisons au drame qui s'était déroulé à Ellis Park: pas de sièges numérotés ou de places réservées..., des mesures de prévention qu'on pourrait estimer normales pour une rencontre qui risquait bel et bien de drainer 100.000 personnes alors que la contenance du stade est de 60.000 places. Mais ces mesures ne sont d'application que lorsqu'on joue au rugby à Ellis Park et que la majorité des spectateurs sont des Blancs disciplinés. L'apartheid n'a pas encore été complètement chassé de la pointe du continent africain. La Coupe du Monde ne pouvait plus être confiée à l'Afrique du Sud. Ou du moins pas en 2010!On a d'ailleurs comparé cette tragédie à la dramatique finale de Coupe d'Europe de mai 1985, au Heysel, et à ses 39 morts, ou encore à la demi-finale de la Cup, quatre ans plus tard, qui fit 95 morts à Hillsborough. Dans les deux cas, on avait reproché aux organisateurs le même défaut de prévoyance, la même négligence en matière de sécurité. On avait privé l'URBSFA et la FA anglaise du droit d'organiser des rencontres internationales pendant un certain temps. Ça n'a pas empêché l'Angleterre de se voir confier dès 1996 le Championnat d'Europe, la Belgique lui succédant quatre ans plus tard. Tout le monde sait que ces deux tournois se sont parfaitement déroulés. Pourquoi Ellis Park 2001 ne réveillerait-il pas les consciences en Afrique, comme ce fut le cas après le Heysel et Hillsborough? L'Afrique du Sud peut tirer les leçons indispensables du drame qu'elle vient de vivre, à l'image de la Belgique et de l'Angleterre avant elle. L'heure n'est pas aux reproches et à l'amertume, mais à la compréhension, à la solidarité et à la compassion.Mick Michels