Chez Mbaye Leye, nous rencontrons Khalifa Sankaré. Tous deux sont de Dakar mais ils se sont rencontrés pour la première fois lors du match de National entre Amiens et Boulogne, en 2006-2007. La saison suivante, ils étaient tous les deux transférés à Zulte Waregem. Sankaré signa un contrat de trois ans mais souffrit de pubalgie, connut un début d'année difficile et s'entendit dire qu'il pouvait se ch...

Chez Mbaye Leye, nous rencontrons Khalifa Sankaré. Tous deux sont de Dakar mais ils se sont rencontrés pour la première fois lors du match de National entre Amiens et Boulogne, en 2006-2007. La saison suivante, ils étaient tous les deux transférés à Zulte Waregem. Sankaré signa un contrat de trois ans mais souffrit de pubalgie, connut un début d'année difficile et s'entendit dire qu'il pouvait se chercher un autre employeur. Finalement, il fut prêté à Ostende où, de son poste de défenseur central, il inscrivit sept buts, au point que les supporters l'élurent Meilleur Joueur de la saison. Il vient d'être transféré à Mons. Six mois plus tard, c'était au tour de Leye de quitter Zulte Waregem. Il dut taper du poing sur la table : " J'ai beaucoup de respect pour l'entraîneur, le manager et le président de Zulte Waregem, mais quand ils disent que mon manager dort chez moi parce que je suis incapable de prendre seul une décision, je leur rappelle qu'on n'est plus au temps des colons. De telles phrases font mal car beaucoup d'Européens pensent encore qu'ils sont supérieurs aux Africains. Une mentalité renforcée par ces Africains qui se comportent mal et ceux qui se croient inférieurs... Mais une fois qu'ils sont en Europe, ils s'aperçoivent que, comme partout, il y a des bons à rien ! En Europe, je porte le drapeau du Sénégal, je représente son peuple et c'est d'autant plus important que je respecte les gens et qu'on me respecte. Mes études de littérature en France m'ont aidé à faire preuve d'ouverture d'esprit et à conserver une liberté de pensée qui me permet d'utiliser les mots justes pour exprimer ce que je ressens et la façon dont je vois les choses. C'est ainsi que j'ai appris à me défendre et à défendre mes idées. C'est peut-être une facette de l'Africain qui n'est pas très connue ici mais, à l'époque de mon transfert à Gand, cela m'a permis de mettre les points sur les i dans les médias, de montrer qu'un Noir peut aussi décider de son avenir sans qu'un Blanc lui dise ce qu'il doit faire. J'ai beaucoup lu Emmanuel Kant, mon philosophe préféré, mais depuis que je suis pro, je me concentre uniquement sur le foot et je lis Sport/Foot Magazine. " (il rit)