" L'Union Saint-Gilloise vit désormais en D3 B et beaucoup d'amateurs de foot ne savent pas que le club du Parc Duden a régulièrement pris part à la Coupe d'Europe des Villes de Foires (devenue Coupe de l'UEFA puis Europa League) de 1958 à 1965. Même si cela n'avait pas le retentissement actuel, un monde fou se pressait pour voir des équipes comme l'AS Rome, Birmingham City, l'Olympique de Marseille ou la Juventus de Turin emmenée par sa star argentine Omar Sivori. Incroyable, non ? Et on ignore désormais qu'un Unioniste pur jus a disputé la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions le 10 mai 1978 à Wembley, devant 92.000 spectateurs. Danny De Cubber était le médian défensif du Club Bruges qui défia le grand Liverpool, vainqueur 1-0 (but de Kenny Dalglish).

Ce vrai Bruxellois a fait toutes ses classes chez les Jaune et Bleu qui avaient deux centres d'entraînement : rue Joseph Bens (Minimes et Cadets) et rue de la Soierie, à partir des Scolaires, d'où sortaient pas mal de promesses. Guy Thys le lança en D1 face à Diest. C'était en 72-73 et, hélas pour ce jeune homme de 18 ans, l'Union bascula en D2 avec le Crossing de Schaerbeek. C'était la fin d'une époque car ces deux clubs n'ont plus jamais revu l'élite.

De Cubber s'est affirmé en D2 même si ce ne fut pas la joie pour l'Union durant deux ans. J'ai pris la succession du coach, Henri Dirickx, durant le deuxième tour de la saison 74-75 et l'effectif eut une bonne réaction. Hélas, à quatre matches de la fin du championnat, Ghislain Bayet, le nouvel homme fort, dévoila ses intentions pour la saison suivante : engager des joueurs d'Anderlecht et d'autres valeurs sûres pour remonter en D1. Le bilan de cette gaffe fut terrible. Comme on ne comptait plus sur eux, pas mal de joueurs se sont mis au point mort et l'Union plongea en D3. Même si le recrutement fut formidable ( Jan Verheyen, Leen Barth, Ghislain Vergote, Harald Nickel, Francis Pomini, André Denul, etc.), De Cubber préféra accepter une offre du Club Bruges en 1975.

Je pouvais le comprendre car ce joueur était pétri de qualités avec de la technique, de la lucidité et une belle frappe. Ernst Happel l'avait à la bonne mais De Cubber n'a pas eu de chance : à peine arrivé, il fut victime d'une double fracture ouverte de la jambe lors d'un tournoi entre équipes militaires. De Cubber est revenu, a joué une finale européenne mais je reste persuadé qu'il serait devenu international sans cet accident. Après Bruges (75-79), on l'a vu au RWDM (79-80), à Beveren (80-81) avant un retour au Club (81-83). De Cubber est, à sa façon, le dernier grand Unioniste. "

né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)

PIERRE BILIC

" L'Union Saint-Gilloise vit désormais en D3 B et beaucoup d'amateurs de foot ne savent pas que le club du Parc Duden a régulièrement pris part à la Coupe d'Europe des Villes de Foires (devenue Coupe de l'UEFA puis Europa League) de 1958 à 1965. Même si cela n'avait pas le retentissement actuel, un monde fou se pressait pour voir des équipes comme l'AS Rome, Birmingham City, l'Olympique de Marseille ou la Juventus de Turin emmenée par sa star argentine Omar Sivori. Incroyable, non ? Et on ignore désormais qu'un Unioniste pur jus a disputé la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions le 10 mai 1978 à Wembley, devant 92.000 spectateurs. Danny De Cubber était le médian défensif du Club Bruges qui défia le grand Liverpool, vainqueur 1-0 (but de Kenny Dalglish). Ce vrai Bruxellois a fait toutes ses classes chez les Jaune et Bleu qui avaient deux centres d'entraînement : rue Joseph Bens (Minimes et Cadets) et rue de la Soierie, à partir des Scolaires, d'où sortaient pas mal de promesses. Guy Thys le lança en D1 face à Diest. C'était en 72-73 et, hélas pour ce jeune homme de 18 ans, l'Union bascula en D2 avec le Crossing de Schaerbeek. C'était la fin d'une époque car ces deux clubs n'ont plus jamais revu l'élite. De Cubber s'est affirmé en D2 même si ce ne fut pas la joie pour l'Union durant deux ans. J'ai pris la succession du coach, Henri Dirickx, durant le deuxième tour de la saison 74-75 et l'effectif eut une bonne réaction. Hélas, à quatre matches de la fin du championnat, Ghislain Bayet, le nouvel homme fort, dévoila ses intentions pour la saison suivante : engager des joueurs d'Anderlecht et d'autres valeurs sûres pour remonter en D1. Le bilan de cette gaffe fut terrible. Comme on ne comptait plus sur eux, pas mal de joueurs se sont mis au point mort et l'Union plongea en D3. Même si le recrutement fut formidable ( Jan Verheyen, Leen Barth, Ghislain Vergote, Harald Nickel, Francis Pomini, André Denul, etc.), De Cubber préféra accepter une offre du Club Bruges en 1975. Je pouvais le comprendre car ce joueur était pétri de qualités avec de la technique, de la lucidité et une belle frappe. Ernst Happel l'avait à la bonne mais De Cubber n'a pas eu de chance : à peine arrivé, il fut victime d'une double fracture ouverte de la jambe lors d'un tournoi entre équipes militaires. De Cubber est revenu, a joué une finale européenne mais je reste persuadé qu'il serait devenu international sans cet accident. Après Bruges (75-79), on l'a vu au RWDM (79-80), à Beveren (80-81) avant un retour au Club (81-83). De Cubber est, à sa façon, le dernier grand Unioniste. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)PIERRE BILIC