Le destin est parfois capricieux. Il y a six ou sept ans, OlivierRenard (26 ans) était la doublure de Jean- FrançoisGillet en équipe nationale Espoirs. Barrés dans leurs clubs respectifs, le SC Charleroi et le Standard, et lassés du peu de crédit qu'on leur accordait en Belgique, les deux garçons, par ailleurs très amis dans la vie, décidèrent de tenter leur chance en Italie. Et aujourd'hui, alors que les Rouches cherchaient un gardien remplaçant, c'est à... Renard-le-Carolo qu'ils ont fait appel, laissant Gillet-le-Liégeois poursuivre sa belle petite carrière au-delà des Alpes. " C'est vrai que c'est curieux ", reconnaît l'ancien portier des Zèbres, toujours sous contrat avec l'Udinese. Jamais je ne m'étais imaginé jouer un jour pour le Standard. Je pensais que c'était plutôt un club pour Jean-François, qui porte les Rouches dans son c£ur. Les circonstances en ont décidé autrement. Je sais que les supporters du SC Charleroi et du Standard ne s'apprécient pas particulièrement, mais personnellement, après avoir joué six années en Italie, je me sens à la limite plus Italien que Carolo ".
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Le destin est parfois capricieux. Il y a six ou sept ans, OlivierRenard (26 ans) était la doublure de Jean- FrançoisGillet en équipe nationale Espoirs. Barrés dans leurs clubs respectifs, le SC Charleroi et le Standard, et lassés du peu de crédit qu'on leur accordait en Belgique, les deux garçons, par ailleurs très amis dans la vie, décidèrent de tenter leur chance en Italie. Et aujourd'hui, alors que les Rouches cherchaient un gardien remplaçant, c'est à... Renard-le-Carolo qu'ils ont fait appel, laissant Gillet-le-Liégeois poursuivre sa belle petite carrière au-delà des Alpes. " C'est vrai que c'est curieux ", reconnaît l'ancien portier des Zèbres, toujours sous contrat avec l'Udinese. Jamais je ne m'étais imaginé jouer un jour pour le Standard. Je pensais que c'était plutôt un club pour Jean-François, qui porte les Rouches dans son c£ur. Les circonstances en ont décidé autrement. Je sais que les supporters du SC Charleroi et du Standard ne s'apprécient pas particulièrement, mais personnellement, après avoir joué six années en Italie, je me sens à la limite plus Italien que Carolo ". Six ans déjà, en effet. Le temps passe vite. " Je suis parti en Italie en début de saison 1999-2000. J'avais 19 ans. Avant cela, j'avais officié comme doublure de Franky Frans au Mambourg. Lorsqu'il s'en est allé, on m'avait promis la place de premier gardien, mais on a quand même engagé un certain MarjanMrmic. Lorsque j'ai eu l'occasion de signer à l'Udinese, je n'ai pas hésité. En principe, j'aurais également dû y officier en qualité de deuxième gardien, mais en réalité, je n'étais que le troisième dans la hiérarchie, car celui dont on attendait le départ est finalement resté. Barré à mon poste, j'ai demandé à être prêté ailleurs. C'est ainsi que je suis revenu à Charleroi, en cours de saison 2000-2001, lorsque EnzoScifo est devenu joueur/entraîneur. Malheureusement, je me suis cassé le pouce au deuxième entraînement et je suis resté trois mois dans le plâtre. Lorsque je suis redevenu compétitif, il ne restait plus que quelques matches au programme et le Sporting était sauvé. On a donc décidé de faire jouer IstvanDudas qui, lui, allait encore rester la saison suivante. Retourné à l'Udinese, je suis demeuré pendant trois saisons dans l'ombre de MorganDeSanctis, qui était arrivé en même temps que moi et qui est entre-temps devenu le deuxième gardien de l'équipe nationale. Pas de chance pour moi : c'est le seul gardien en Italie qui ne s'est jamais blessé en trois ans. Je n'ai joué qu'en Coupe d'Italie. J'ai alors demandé à être prêté à Modène, en Série B, où j'ai livré une dizaine de rencontres de bonne qualité. Sur base de ces prestations, j'ai d'ailleurs signé un nouveau contrat à l'Udinese. Modène a demandé au club du Frioul de pouvoir m'acheter à 50 %, car en Italie, un joueur peut appartenir à deux clubs. L'Udinese a refusé et, à partir de là, Modène a décidé de ne plus m'aligner. Le directeur sportif de Naples, PierpaoloMarino (qui était le directeur sportif de l'Udinese lorsque j'étais arrivé en Italie six ans plus tôt), m'a alors attiré au pied du Vésuve. Hélas, comme l'équipe tournait bien, l'entraîneur, EdoardoReja, n'a rien voulu modifier et je n'ai jamais reçu ma chance non plus ". Bref, après six saisons en Italie, Olivier Renard aspire à jouer. C'est pour cette raison qu'il a signé au Standard. Pourtant, en principe, la présence de VedranRunje ne lui laisse guère de perspective d'être titulaire. Vous avez dit bizarre ? " Bizarre ? Oui et non ", estime Olivier Renard. " Je suis venu au Standard en prêt, avec option d'achat. Ce qui m'intéressait, c'était précisément cette option d'achat, car c'est elle qui me permettra peut-être de quitter l'Udinese. Je me suis toujours beaucoup plu dans le Frioul, mais aussi longtemps que Morgan De Sanctis sera là comme premier gardien, je n'aurai aucune chance de jouer. Je n'en ai pas beaucoup plus au Standard ? Peut-être, mais Michel Preud'homme (que j'ai rencontré pour la première fois à Genève, à l'occasion de la double confrontation Udinese-PSG et Standard-Juventus) m'a tout de même laissé entrevoir certaines perspectives encourageantes. Il m'a expliqué que le Standard m'avait acquis dans l'optique de l'avenir. Je dispose d'une saison pour me montrer et convaincre les Liégeois de lever l'option. Théoriquement, Vedran Runje ne restera pas éternellement à Sclessin. Le jour où il s'en ira, je devrai être prêt à assurer la relève. Grâce à tout le travail effectué en Italie, je pense être devenu un gardien complet. Je n'ai pas de gros points forts, mais pas de gros points faibles non plus. Sans être Gianluigi Buffon, mais j'ai des qualités dans tous les domaines. Des qualités qui ne demandent qu'à pouvoir s'exprimer. Si le Standard lève l'option en fin de saison, ce sera en principe pour me faire jouer, car je ne pense pas que le club m'offrirait un contrat assez conséquent selon les normes belges pour me laisser sur le banc ". En cas contraire, Olivier Renard retournerait tout simplement au-delà des Alpes. Un pays qui lui a beaucoup apporté, malgré des séjours trop prolongés sur le petit banc. " Là-bas, j'ai directement découvert la préparation à l'italienne. Le premier mois est terrible là-bas. On part trois ou quatre semaines dans la montagne, sans famille, accompagné seulement par le staff et les équipiers. On ne fait que trois choses : manger, dormir et... s'entraîner. Beaucoup s'entraîner. On perd tous cinq ou six kilos, tellement c'est éprouvant. Physiquement et psychologiquement aussi, car lorsqu'on passe un mois avec les mêmes personnes, il est inévitable que des tensions surgissent. Pendant la saison, le régime auquel on est soumis est moins dur, mais au niveau des heures passées sur le terrain, cela reste très élevé, car il y a énormément de tactique. Les entraînements de deux heures et un quart, ou deux heures et demie, ne sont pas rares ". Barré par Morgan De Sanctis, Olivier Renard n'a joué qu'en Coupe d'Italie. On sait que les équipes italiennes ont l'habitude d'effectuer un roulement et d'aligner les réservistes dans les matches de Coupe. " Mais, lors d'un match à San Siro contre l'Inter, il y avait tout de même GianfrancoToldo, ChristianVieri, KilyGonzalez, AdefanmiMartins et AlvaroRecoba. Si c'est cela qu'on appelle les réservistes, je peux bien affronter de telles équipes chaque semaine ". Udine, petite ville tranquille près de la Slovénie et de l'Autriche, commence à se faire un nom grâce à son équipe de football. " L'Udinese n'a pas les moyens financiers des grosses formations milanaises, romaines et turinoises, mais ses dirigeants ont le flair pour aller chercher de bons jeunes ", explique Renard. " C'est un club sérieux, très bien géré, qui connaît ses limites financières et qui s'efforce de ne pas les dépasser. Les salaires sont toujours payés à heure et à temps. C'est un club qui monte : en six saisons là-bas, j'ai connu trois qualifications pour la Coupe de l'UEFA et une qualification pour la Ligue des Champions. Pour avoir encore effectué le stage d'été avec eux, je savais qu'ils avaient une grosse équipe cette saison et je n'ai pas du tout été étonné par leur victoire 0-1 au Sporting Portugal, lors du match aller du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions. Les chances d'intégrer les poules sont donc grandes. Si je n'aurai pas un pincement au c£ur, lorsque j'assisterai devant ma télé aux prestations de mes anciens équipiers face aux grands d'Europe ? Non, au contraire, je serai content pour eux. J'ai choisi en connaissance de cause. En signant pour le Standard, je savais que je devrais renoncer à la Ligue des Champions ". " Comme je jouais de bons matches en Coupe d'Italie, l'Udinese souhaitait me conserver afin d'être paré en cas de pépin. En fin de compte, j'ai tout de même obtenu d'être prêté à Modène. C'est un club qui, il y a deux ans, jouait encore en Série A, mais qui était descendu en Série B lorsque j'y suis allé. J'ai joué une dizaine de rencontres : les seuls matches de championnat que j'ai disputés durant ma période italienne. On jouait dans un petit stade sympathique, où il y avait toujours 16 ou 17.000 personnes. Je me suis très bien plu là-bas et l'entraîneur était content de mes prestations. Le club aurait voulu m'acquérir, mais lorsqu'il s'est avéré que l'Udinese refuserait de me vendre, on m'a retiré de l'équipe. Quant à Naples, c'est un club mythique qui est descendu en Série C à la suite d'une faillite. Son président, Aurelio De Laurentiis, un producteur de cinéma, est richissisme. Il veut remonter le plus vite possible en Série A et ne lésine pas sur les moyens. Lorsque je suis arrivé en janvier, il avait déjà réalisé 13 transferts. En 15 matches, jusqu'à la fin de la saison, on a conquis dix victoires et quatre matches nuls, en ne concédant qu'une seule défaite. Cela nous a amenés aux playoffs mais nous ne sommes pas sortis vainqueurs. Il y avait un gros potentiel pour la D3 et une pression énorme. A chaque match, 70.000 personnes n'attendaient qu'une chose : la victoire. Au niveau de l'ambiance, c'était fabuleux. J'ai même eu l'honneur de rencontrer DiegoMaradona. C'était lors du match d'adieu de CiroFerrara, qui a joué à la Juventus et à Naples, et qui avait invité ses anciens équipiers des deux équipes. Il y avait 80.000 personnes dans le stade et 7.000 autres en dehors, qui n'avaient pas de ticket. Vivre à Naples fut une belle expérience aussi, pas toujours aisée malgré tout. La plupart des gens ne vivent que pour le football. Ceux qui ont du mal à nouer les deux bouts n'hésitent pas à sauter un repas pour se payer un billet d'entrer au stade. Ils sont fanatiques. Après une défaite, mieux vaut rester chez soi et éviter d'aller se promener. Impossible de passer incognito en ville : même un enfant de 3 ou 4 ans reconnaît les joueurs. Il faut aussi faire attention de ne pas se faire agresser. Naples n'est pas la ville la plus sûre d'Italie. Les joueurs ne sont pas à l'abri d'une agression, au contraire : les gens savent que les footballeurs jouissent d'un certain confort matériel ". " Certains me reprocheront d'être partis trop tôt ou pour l'argent. C'est possible, mais l'argent n'était pas mon unique motivation. A l'époque, les jeunes gardiens belges étaient toujours barrés dans les clubs belges. Aujourd'hui, c'est différent : les clubs sont obligés de faire confiance aux jeunes pour des raisons financières. J'ai fait un choix et je ne le regrette pas, car j'ai énormément appris en Italie, au contact de très grands joueurs. J'ai progressé dans tous les domaines, car on travaille énormément les points faibles là-bas. On entretient les points forts aussi, mais lorsqu'on découvre un défaut, on essaie à tout prix de le corriger. J'ai aussi dû apprendre à vivre seul, ce qui m'a forgé le caractère. J'ai gagné en maturité : un an là-bas en valaient deux en Belgique. Si je suis revenu, ce n'est pas parce que j'avais le mal du pays, loin de là. J'envisage même d'acheter une maison en Italie afin d'éventuellement m'y établir à l'issue de ma carrière. J'ai autant d'amis là-bas, si pas plus, qu'ici. Non, si je suis revenu, c'est pour relever un défi sportif. En Italie, j'ai joué 13 matches de Coupe d'Italie avec l'Udinese, 10 de Série B avec Modène et deux de Série C avec Naples. En six saisons, c'est peu. Je veux, dans un proche avenir, jouer le samedi et être sûr que, le samedi suivant, je jouerai encore. Pas jouer, comme maintenant, un match épisodiquement en sachant très bien que je retournerai sur le banc la semaine suivante ". Daniel Devos" Je me sens désormais PLUS ITALIEN QUE CAROLO "" J'ai eu l'honneur de RENCONTRER MARADONA à Naples "