Bon petit match en Roumanie, bon entraînement, pas du tout foireux alors que les matches foirent souvent en pareilles circonstances. Certes, il y eut défaite, mais due à un péno qui ne me réconciliera pas avec la justesse des Lois du Jeu ! Déjà que la sanction m'énerve quand une frappe à bout portant vient frapper un bras machinalement écarté, mais ici c'était plus grotesque encore : Jan Vertonghen n'écarte même pas les mains du corps, au contraire : par réflexe, il se les rassemble devant le sternum pour se protéger le bide et le reste... lorsque ce farfelu de siffleur italien décide que le ballon a touché quelques doigts (ce qui est possible) et que ce touché fut "délibéré", donc sanctionnable quoique protecteur ! Argumentation imparable, inutile de plaider l'erreur d'arbitrage, mieux vaut en rire... En rir...

Bon petit match en Roumanie, bon entraînement, pas du tout foireux alors que les matches foirent souvent en pareilles circonstances. Certes, il y eut défaite, mais due à un péno qui ne me réconciliera pas avec la justesse des Lois du Jeu ! Déjà que la sanction m'énerve quand une frappe à bout portant vient frapper un bras machinalement écarté, mais ici c'était plus grotesque encore : Jan Vertonghen n'écarte même pas les mains du corps, au contraire : par réflexe, il se les rassemble devant le sternum pour se protéger le bide et le reste... lorsque ce farfelu de siffleur italien décide que le ballon a touché quelques doigts (ce qui est possible) et que ce touché fut "délibéré", donc sanctionnable quoique protecteur ! Argumentation imparable, inutile de plaider l'erreur d'arbitrage, mieux vaut en rire... En rire parce que le match était sans enjeu car, si demain ça nous tombe dessus en nous privant du Brésil 2014, ça nous fera mourir de dépit. OK, vous me direz qu'un truc pareil, mais pour la pomme de l'adversaire, peut tout aussi bien nous ouvrir les portes du Brésil 2014. Exact. Sauf que dans ce cas, nous l'oublierons vite. La mémoire footeuse est sélective, les victoires méritées côtoient fort souvent les défaites injustes... A Bucarest, le second fait saillant fut triple : Romelu Lukaku est trois fois parti seul au but, mais ce fut hélas trois fois pour peau de balle. Le fils de Roger n'épatera jamais par une habileté supérieure, mais gageons qu'il puisse faire son trou au top "sur son physique" comme on dit. Le foot n'est pas un sport où chaque protagoniste doit valoir l'autre d'un point de vue technique pour qu'il y ait opposition équilibrée. Certains, d'une habileté très moyenne, font d'abord carrière grâce à leur puissance, leur vélocité, leur abattage. En foot, le niveau technique n'est pas prépondérant comme au tennis par exemple, n'en déplaise aux footeux exclusifs décrétant que leur sport est à coup sûr le plus sophistiqué gestuellement ! C'est faux, et c'est ce constat que je voulais réaffirmer, car j'en ai encore eu récemment la preuve indirecte. J'explique. Je viens d'avoir le grand plaisir de disputer un double au tennis avec Paul Vandenberg, 76 ans, ex-Union St-Gilloise, Standard puis Anderlecht. Médian offensif et styliste, 38 sélections et 16 buts pour les Diables Rouges, durant les sixties quand j'étais gamin ! Un monument de mon enfance. Ce gars est trop âgé pour que s'en souviennent nombre d'entre vous, mais il fut l'animateur d'un 5-1 victorieux face au Brésil, un soir d'octobre 1963 au Heysel ! Ce fut donc un footballeur du top belge, mais aussi un tennisman du sub-top belge, classé B0 au tennis lorsqu'il abandonna le ballon rond aux alentours de ses 35 ans. Eh bien aujourd'hui encore, sur ce que j'ai pu voir de Paul Vandenberg, de sa technique tennistique, de sa facilité au service, de la fluidité de ses volées basses au filet et de tutti quanti, un tennisman "de niveau provincial" (disons, un C30 ou un C30.2 d'une trentaine d'années) en pleine possession de ses moyens physiques rivaliserait difficilement. Le gars s'époumonerait à galoper à la poursuite des balles du vieil esthète : des balles millimétrées, distillées par un septuagénaire bougeant à peine, des balles sachant toujours fuser, parce que frappées juste bien plus que frappées fort. Ce genre d'opposition de générations est impossible en foot. Adjoignons à Paul Vandenberg dix autres Diables d'il y a un demi-siècle, parmi les plus artistes d'alors. Et opposons-les à une bonne équipe de P2 d'aujourd'hui, simples artisans bien en jambes : ma main à couper, et mon pied aussi, que les ex-stars, dont poumons et musculature ne peuvent pas être et avoir été, ne pourront plus compenser techniquement ! Et que ces professionnels d'avant-hier se feront balader par les amateurs d'aujourd'hui ! La preuve qu'en tennis, un surdoué fainéant pourra, plus fréquemment qu'en foot, se défaire d'un battant moins habile. La preuve qu'en foot, la technique pure n'est pas autant qu'en tennis un paramètre prépondérant. Forcément, me direz-vous puisqu'en foot, ils sont 22 (plutôt que 2, voire 4) à devoir se partager le tripotage de l'objet rond ! Vous n'avez pas tort. En foot, contrairement au tennis, le niveau technique n'est pas prépondérant.