La semaine dernière, Questions à la une a diffusé ton reportage sur les enfants illégitimes. Comment un journaliste sportif en vient-il à des sujets de société ?

Je suis employé par la RTBF au sport depuis 2008. Mais avant cette date, j'étais indépendant. Au cours de mes reportages, j'ai rencontré au Canada une personne se présentant comme le fils illégitime de Jacques Brel. J'ai sorti un reportage dans Le Soir Magazine qui a ensuite été repris par la presse flamande et européenne. Mais je trouvais que le sujet aurait encore plus de force en vidéo. C'est sur cette base que j'ai soumis l'idée à la rédaction de Questions à la une, en proposant d'élargir aux questions que cette problématique soulève.
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Je suis employé par la RTBF au sport depuis 2008. Mais avant cette date, j'étais indépendant. Au cours de mes reportages, j'ai rencontré au Canada une personne se présentant comme le fils illégitime de Jacques Brel. J'ai sorti un reportage dans Le Soir Magazine qui a ensuite été repris par la presse flamande et européenne. Mais je trouvais que le sujet aurait encore plus de force en vidéo. C'est sur cette base que j'ai soumis l'idée à la rédaction de Questions à la une, en proposant d'élargir aux questions que cette problématique soulève. Pas dans l'immédiat. Durant ce type de reportage, tu es détaché de ta rédaction pendant huit à dix semaines. C'est un investissement très important, avec des témoignages qui interpellent et une remise en question constante. Je ne compte pas non plus snober le sport. Quand je travaille sur le journal des sports, j'aime l'urgence du bouclage, le stress du direct. La frustration, c'est le rythme soutenu de production. Un sujet est abordé et on passe au suivant le lendemain. Or, j'aime aller plus loin. J'ai besoin de projets pour avancer. Quand j'étais indépendant, j'ai beaucoup voyagé et j'ai couvert le tsunami en Thaïlande, des procès d'assises, etc. Mais, je le répète, je ne renie pas du tout ce que je fais en sport. Aux JO de Londres, j'ai eu la chance d'assister à la finale entre Andy Murray et Roger Federer. Le titre olympique est le seul qui manquait à Federer mais il a été balayé par Murray dans une ambiance de dingue. Pourtant, après le match, il est resté plus d'une heure pour répondre aux interviews ! Autres sportifs à qui je voue du respect : Xavier de Le Rue, un snowboarder français, et Kilian Jornet, un des plus grands alpinistes. Ils prennent des risques énormes pour leur passion, avec un retour limité. L'attaché de presse de l'équipe de France de basket ! La scène s'est déroulée avant l'Euro de basket 2011 en Lituanie. Les Français prenaient l'avion à Charleroi. La presse a réussi à interviewer Tony Parker. Il était en pleine affaire de divorce avec Eva Longoria mais, contrairement à ce qu'on aurait pu imaginer, il s'est montré très disponible. L'attaché de presse a alors débarqué et a remballé tout le monde. Parker a lui aussi été surpris et a même insisté pour terminer. Un Grand Prix de F1 à Barcelone où j'ai accompagné Gary Hartstein, le délégué médical de la FIA. C'est un New-Yorkais qui vit et travaille à Liège. Je l'ai suivi dans son travail et c'était particulier. J'ai croisé Michael Schumacher en train de boire un café et Pablo Montoya en slip. Comme il avait été victime d'un accident, le Colombien devait être ausculté pour être déclaré bon au service. Par après, nous avons été boire un verre avec Bernie Ecclestone et Max Mosley. PAR SIMON BARZYCZAK