Le talent ne garantit rien. Sauf, peut-être, quelques coups de boule sur le mur des lamentations. Croire que parce qu'on a le top du top à quasi tous les postes (et que ces postes sont occupés par des potes) fait de nous des invincibles, est risible. Le foot n'est pas qu'une question de talent, il est aussi une question de contexte. Notre défaite au Pays de Galles en est la plus cinglante preuve. Il y a dans notre Eden national plus de talent que dans les pieds de 80 % de cette équipe.
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Le talent ne garantit rien. Sauf, peut-être, quelques coups de boule sur le mur des lamentations. Croire que parce qu'on a le top du top à quasi tous les postes (et que ces postes sont occupés par des potes) fait de nous des invincibles, est risible. Le foot n'est pas qu'une question de talent, il est aussi une question de contexte. Notre défaite au Pays de Galles en est la plus cinglante preuve. Il y a dans notre Eden national plus de talent que dans les pieds de 80 % de cette équipe. Et pourtant... leur talent à eux, s'est de savoir qui ils sont et contre qui ils jouent. Le foot est un jeu de ballon qui peut se gagner en se préparant à jouer sans. Les Gallois ont pris position, celle de jouer en position. " Jouez mes petits chéris, on vous donne la baballe. Nous on va gagner ". Ils l'ont fait. Bravo et respect pour la manière. Une manière qui les rend fiers alors qu'elle aurait été jugée honteuse, par certains, si nous l'avions appliquée. Cela dit, il y a, peut-être, à s'inspirer de leur préparation. ChrisColeman a choisi le camp retranché. 12 jours de travaux. Dès le 1er, il choisit ses 11 titulaires. Et il travaille encore et toujours sa tactique. Bingo. Le placement, les glissements se font au millimètre. Pour éviter les blessures, il refuse tous les matches amicaux pourtant rémunérateurs pour sa fédé, comme le fait de jouer au Millenium Stadium juste à côté. 50.000 places et des centaines de milliers de £ en plus. Non, priorité au résultat qui passe par l'inconfort de l'adversaire. Le terrain de Cardiff plus petit, plus chaud était l'écrin parfait pour le traquenard. Nous, on a choisi l'écrin pour mettre en lumière nos plus beaux joyaux. On a choisi le Stade de France. On a bien fait. La fédé a eu ses sous, notre équipe la gloire et la confiance. On a donné la leçon devant le monde entier. Ils nous ont laissé nous exprimer, on en a profité. Mais à la fin on a eu un blessé. Notre " killer " du moment. Deux préparations bien distinctes. Rien à reprocher ni aux uns ni aux autres mais à la fin, c'est le travail de l'ombre qui a gagné. Avoir le meilleur joueur d'Angleterre, d'Allemagne, le meilleur gardien du monde (considérons ManuelNeuer comme un libero) et un attaquant qui sauve son club à lui tout seul, c'est génial mais pour en profiter il faut que tous ces talents se multiplient. A Cardiff il s'est cherché et même parfois divisé. Ça arrive, même aux meilleurs, même à nous. C'est le foot. Celui qu'on aime détester quand il nous empêche de nous exprimer. Deux jours plus tard, l'Angleterre se déplace en Slovénie. La première mi-temps est copie conforme avec la nôtre à Cardiff. Le ballon et les occasions pour les " Britons ", le but pour les Slovènes. Sauf que là, LA star de l'équipe a fait la différence. Monsieur WayneRooney nous prouve une fois de plus que le mental peut renverser des tendances. Wayne a trois énoooormes occasions, il les rate. La quatrième, à cinq minutes de la fin, sera la bonne. 2-3 et bilan parfait pour les Anglais. Six matches, six victoires. Rooney n'a pas laissé place au doute. Rater pour mieux marquer. Pas de prise de tête. Les Anglais rois des qualifs et bouffon des compétitions, des phases finales. Alors, relativisons. On s'est planté mais à la Coupe du Monde on était en OE de finale alors qu'eux se bourraient déjà la gueule à Bénidorm. Relativisions aussi cet échec contre les Argentins. Ces anesthésistes ont mille fois plus de talent que les Gallois mais ils ont joué comme eux. Sans aucun état d'âme. Le même leitmotiv : Gagner par tous les moyens. Nous on a perdu contre eux avec nos moyens. Enooormes mais pas suffisants car faut pas rêver, plus le niveau s'élève plus le vécu est décisif. Nos " bambinos " découvraient. Découvrir, c'est entrer dans un nouveau monde. C'est se dire qu'on y est bien mais qu'on n'y fait pas encore ce que l'on veut. Alors du calme. On se qualifie et puis on va à l'Euro pour y faire ce que, maintenant, on peut faire. Le gagner.On se qualifie et puis on va à l'EURO pour y faire ce que, maintenant, on peut faire : le gagner.