Christophe Verbeeren, le costaud garde-chiourme des Frontaliers, fait le point sur une fin de saison où tout s'accélère méchamment.
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Christophe Verbeeren, le costaud garde-chiourme des Frontaliers, fait le point sur une fin de saison où tout s'accélère méchamment.Christophe Verbeeren: Le groupe est très soudé et ne comporte aucune vedette. C'est sans doute déjà une explication assez valable. Notre force est également notre travail fourni régulièrement et sérieusement. Tous les joueurs eupenois ont d'ailleurs une excellente condition physique, résultat d'entraînements sérieux avant le début de la saison. L'équipe est très professionnelle. C'est assez contradictoire étant donné le fait que le noyau ne compte que trois joueurs pros. Notre point faible est que, de temps en temps, on pratique un football peu académique. On aborde en fait match par match et on est très fort mentalement. Personnellement, je m'occupe toujours de l'avant de pointe de l'équipe adverse. Je dois dire que je suis assez satisfait de mon rendement: j'ai joué tous les matches sauf un en raison d'une suspension. Comment réagit le public vis-à-vis des performances de son club? Très bien évidemment. Ils sont ravis et même devenus habitués au fait que nous gagnions des matches. En effet, il leur faut un but pour qu'ils commencent à nous supporter et lors de notre petit passage à vide avant la trêve, ils se sont montrés fort critiques. Hormis pour le carnaval, les gens sont assez froids ici. L'ambiance dans le groupe est par contre très chaleureuse. On pourrait dire qu'on est tous amis. On fait quelques petites choses ensemble mais c'est assez difficile de s'organiser vu que quasiment la majorité de l'équipe travaille la journée.Quelles sont vos activités en dehors du football? Je suis magasinier dans une société qui vend des articles de sports. En fait, je viens tout récemment d'être engagé et je suis obligé de vraiment bien m'organiser pour pouvoir participer aux entraînements. Je termine généralement vers 17h et à 18h30, commence l'entraînement. Toute cette organisation est assez fatigante et contraignante. Le peu de temps qu'il me reste, je le consacre à ma famille. Si Eupen montait en D1, je me verrais mal entamer une carrière professionnelle à 27 ans. Je n'en ai pas vraiment envie. Mais attendons. Tout le monde est dans le flou. Rien n'est faitAu début, on en rigolait entre nous mais petit à petit, on y pense plus sérieusement. éa nous tracasse un peu. On ne sait pas trop ce qu'il va en advenir. On essaye de ne pas en parler et de calmer le jeu autour de nous. C'est parfois dur! Les gens sont tellement enthousiastes à l'idée qu'un promu puisse se retrouver parmi l'élite après sa première saison dans l'antichambre. Attention, la montée n'est pas notre objectif. Et comment réagit le coach Claudy Chauveheid? Je le connais depuis des années mais c'est la première fois que j'évolue sous sa houlette. Notre entraîneur est un homme très calme et posé mais on sent quand même que ça bouillonne à l'intérieur. En fait, il est tout autant que nous dans l'inconnu. C'est la même chose pour notre président Dieter Steffens. Il a déclaré récemment que le club est capable de faire tout ce qui est possible pour se mettre aux normes de la D1. Il craint fatalement le fait que l'investissement soit gâché par un retour rapide en D2. Je le comprends. éa serait ridicule d'avoir augmenté la capacité du stade à 8.000 places pour ne le remplir que par 1.500 spectateurs par la suite. De toute façon rien n'est fait. La D2 est une série très spéciale. Le dernier compte quand même une vingtaine de points. Dans les autres, les lanternes rouges ont en moyenne 15 unités. Strombeek est très rapidement remonté au classement en alignant quelques victoires d'affilée. Pour nous, c'est la même situation. Il suffit qu'on perde deux ou trois matches pour qu'on ne parle plus d'Eupen et de la montée. En tout cas, notre saison est d'ores et déjà réussie. L'objectif était le ventre mou du classement et on envisageait également d'être la première équipe wallonne. On va essayer de se battre maintenant pour la tranche et de participer au tour final. Cela fera quelques rentrées pour le club. Une chose est certaine: on ne ressent aucune pression et on veut souvent nous faire dire le contraire. Tim Baete"On essaye de calmer le jeu"