En analysant la période difficile qu'a traversée son équipe, Philippe Saint-Jean a fait cette constatation : " L'un des problèmes que je rencontre est que plusieurs joueurs expérimentés, sur lesquels je comptais énormément, sont tracassés par des problèmes physiques et ne peuvent pas tirer le groupe comme ils le souhaiteraient ".
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En analysant la période difficile qu'a traversée son équipe, Philippe Saint-Jean a fait cette constatation : " L'un des problèmes que je rencontre est que plusieurs joueurs expérimentés, sur lesquels je comptais énormément, sont tracassés par des problèmes physiques et ne peuvent pas tirer le groupe comme ils le souhaiteraient ". La remarque concernait notamment Marcin Zewlakow, un attaquant qui occupe une place essentielle sur l'échiquier depuis le départ de Mbo Mpenza et Luigi Pieroni sous d'autres cieux. Il est censé, en effet, apporter un peu de poids et d'énergie à une ligne d'attaque encore tendre. Malheureusement, le Polonais souffre d'une gêne aux abdominaux depuis un match amical joué (et gagné !) avec son équipe nationale contre la Grèce, juste avant l'EURO 2004. " Je ne pense pas qu'il y ait un lien de cause à effet avec ce match ", estime l'intéressé. " Ce n'est pas là que je me suis blessé, mais il est un fait que je ressens une gêne depuis la fin de la saison dernière. J'ai bénéficié, pendant la trêve estivale, de trois semaines de repos, et la blessure semblait évoluer favorablement, mais en entamant la préparation avec l'Excel, la douleur est réapparue. J'ai mordu sur ma chique afin de suivre le programme avec le groupe. Lorsque la douleur s'intensifiait, l'entraîneur me ménageait. Mais la gêne ne disparaissait pas complètement. J'ignorais la nature exacte du mal dont je souffrais. A un moment donné, j'ai pensé que le problème était lié à une surcharge d'un adducteur, compensée par l'autre adducteur. En réalité, je souffrais d'une inflammation au niveau du pubis. Je pensais qu'avec le temps, cela passerait, mais au contraire : cela traînait. On connaît l'importance des abdominaux pour un joueur de football : ils sont sollicités lors de chaque frappe, lors de chaque démarrage. Pour un attaquant, c'est la base. Et c'est le genre de blessure qui, lorsqu'elle se déclare, nécessite un certain temps pour guérir. Il convient de bien doser la charge d'entraînement, car si la douleur disparaît parfois, elle peut revenir très vite. Je n'évoluais donc pas l'esprit totalement libéré, car je devais me montrer prudent. J'ai commencé le championnat, mais après six semaines, j'ai dû me résoudre à observer une période de repos. Je voulais qu'on établisse un diagnostic correct, afin que je sache exactement comment je devais me soigner ". MarcinZewlakow : Depuis quelques semaines, j'effectue beaucoup d'exercices sous la direction des kinés, et en particulier de Jean-Luc Massin, afin de renforcer les abdominaux. Je m'adonne quasiment à un entraînement spécifique à côté de l'entraînement normal. On utilise notamment la technique du gainage, qui permet d'adopter une posture correcte et d'éviter la douleur lors des contractions, lorsqu'on respire et que le muscle s'étire. J'ai renoué avec la compétition contre Ostende, voici dix jours. J'ai joué une heure, sans ressentir la moindre gêne. Je n'étais pas à 100 %, parce que c'était mon premier match depuis trois semaines et que je venais à peine de reprendre l'entraînement avec le groupe, mais le fait que la douleur ne soit pas réapparue est encourageant. Effectivement, j'ai besoin de sentir, lors de chaque démarrage, que je peux y aller à fond, sans appréhension. Et, avec ces problèmes aux abdominaux, il arrive encore que je veuille me retenir. Dans la situation actuelle, personne ne peut se permettre de se cacher. Chacun doit se battre à fond pour l'équipe. En ce qui me concerne, je veux me montrer correct avec tous mes partenaires. J'essaie toujours de battre jusqu'à la limite de mes forces, afin de pouvoir regarder tout le monde droit dans les yeux. On peut perdre un match, lorsque l'adversaire est plus fort. Mais, s'il y a une chose dont j'ai horreur, c'est de perdre des points en ayant le sentiment de ne pas avoir fait le maximum. A juste titre : au sein d'une équipe solidaire, les attaquants doivent être les premiers défenseurs. Il y a plus d'organisation dans l'équipe. Y compris dans le jeu offensif. Il faut veiller à bien se positionner, à exécuter correctement les mouvements mis au point durant les entraînements. Après une période de préparation difficile, durant laquelle on s'était surtout évertué à assimiler les nouveaux principes, on avait bien démarré le championnat. Puis, on s'est essoufflé. On sort d'une période délicate, mais je suis persuadé que la machine va redémarrer. Je ne pense pas qu'un joueur puisse changer toute l'image d'une équipe. C'est vrai que certains éléments sont importants, car leur seule présence peut bonifier le jeu de leurs partenaires, mais ce n'est pas à moi de dire si je fais partie de ceux-là. Lorsqu'on analyse les résultats des dernières semaines, il faut aussi se rendre compte qu'on a joué contre des équipes en grande forme. Mouscron ne sera pas la seule équipe battue à La Louvière et au Standard, cette saison. Au vu du match contre La Gantoise, j'ai nourri quelques regrets. Ce soir-là, on aurait pu faire mieux. Mais c'est le passé. Désormais, il faut regarder devant, car on va aborder une série d'adversaires à notre portée. Ces permutations ne me dérangent pas, au contraire. J'aime que les joueurs soient en mouvement. J'aime aussi bénéficier d'une certaine liberté, afin de pouvoir improviser de temps en temps, dans les limites d'un système bien entendu. Cela met l'adversaire en difficulté, car notre jeu est moins prévisible. En outre, nous avons les joueurs capables d'évoluer de cette manière. Nous devons simplement encore perfectionner nos automatismes, pour pouvoir mieux combiner. Je connais Christophe Grégoire depuis plusieurs années et je m'entends très bien avec lui. Mais je dois encore mieux combiner avec Patrick Dimbala. Je sais déjà comment il aime être servi. Mais, entre nous, la synchronisation n'est pas encore parfaite. Il m'est déjà arrivé à plusieurs reprises d'apercevoir une ouverture sans pouvoir le lancer, car il ne s'était pas engagé. En principe, cela devrait pourtant être facile de lui adresser de bons ballons car il est très rapide. La principale différence, c'est qu'aujourd'hui, je me sens plus dans la peau d'un attaquant. La saison dernière, j'étais un médian droit offensif. Mon rôle actuel me convient. Parfois, j'aimerais être positionné plus haut ou plus bas, mais je dois respecter le système car on ne peut pas tomber dans l'anarchie. Alors, je m'adapte. Il faut parfois faire abstraction de ses préférences personnelles afin de privilégier l'intérêt de l'équipe. Chacun a son petit ego, et essaie de se mettre en évidence lorsqu'il est sur le terrain. Quoi qu'on en dise, je n'échappe pas à la règle. Mais je sais aussi que, lorsqu'on gagne un match, cela change tout. L'ambiance est meilleure durant la semaine et c'est plus agréable pour tout le monde. Peu importe le nom du buteur, pourvu qu'on marque. Cela peut être Christophe Grégoire, Patrick Dimbala, Tonci Martic, Marc Schaessens ou d'autres. Depuis le départ de Luigi Pieroni, on doit se partager la tâche. Je ne me suis jamais considéré comme un leader. Je trouve d'ailleurs qu'on ne peut pas désigner du doigt qui sera le leader de l'équipe. Cela doit venir naturellement. Parfois, mon tempérament m'incite à exhorter mes partenaires à se battre. Lorsque cela va mal, et que l'on a tendance à s'endormir, il m'arrive de crier : Réveille-toi ! Mais, surtout, j'essaie de montrer l'exemple en me donnant moi-même à fond et en espérant que mes équipiers suivent le mouvement. Ma philosophie, c'est d'essayer de faire un pas pour l'autre, en espérant qu'il en fasse un pour moi. J'aimerais pouvoir faire abstraction de tous mes états d'âme, et tourner plus rapidement la page, mais il est exact que je me tracasse beaucoup. Lorsque j'ai loupé une occasion pendant un match, j'y pense encore longtemps après le coup de sifflet final. Contre Beveren, par exemple, j'avais envoyé un ballon sur le poteau. Heureusement, cela n'a pas porté à conséquence car on a gagné 1-0, mais je m'en suis voulu. Certains m'ont rétorqué que c'était surtout la faute à pas de chance, qu'avec dix centimètres plus à droite ou plus à gauche, le ballon serait rentré, mais je ne vois les choses de cette manière. Je me dis que ce sont précisément ces dix centimètres qui font la différence. Le football se joue souvent sur des détails. Alors, après l'entraînement, je reste 20 minutes de plus à m'exercer. Je répète les gestes afin d'envoyer le ballon, de la tête ou du pied, exactement à l'endroit où il doit aboutir, et pas sur le poteau. Depuis que je suis en Belgique, j'ai appris à travailler pour moi-même, afin d'améliorer mes points faibles. Je me rends parfaitement compte de ce qu'il m'a manqué pendant un match. Alors, dans la semaine qui suit, je travaille pour pouvoir gommer ces imperfections. J'étais moins perfectionniste en Pologne. Lorsque je suis arrivé en Belgique à 21 ans, j'ai été obligé de mûrir très rapidement. J'ai regardé à gauche et à droite, et j'ai vu que tout le monde travaillait. Alors, je me suis dit : - Marcin, ilesttempsde d'y mettre, toi aussi !Daniel Devos " TRAVAILLE POUR LES AUTRES et ils travailleront pour toi ! "