Dario Van den Buijs, ça ne vous dit pas encore grand-chose ? Lors de la première journée, il a fait ses débuts en D1A avec le Beerschot, sur la pelouse d'Ostende. Il a 24 ans et a terminé sa formation au Club Bruges. Il s'y est entraîné avec le noyau A, mais n'a pas joué et s'est expatrié aux Pays-Bas pour y faire ses débuts pros. Après le FC Eindhoven et Heracles, il se retrouve donc au Beerschot. Si les Espoirs brugeois s'étaient produits plus tôt en D1B, comme ça va être le cas cette saison, Dario Van den Buijs aurait peut-être connu une trajectoire différente. C'est l'avis de Pascal De Maesschalk, patron de la formation à Bruges.
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Dario Van den Buijs, ça ne vous dit pas encore grand-chose ? Lors de la première journée, il a fait ses débuts en D1A avec le Beerschot, sur la pelouse d'Ostende. Il a 24 ans et a terminé sa formation au Club Bruges. Il s'y est entraîné avec le noyau A, mais n'a pas joué et s'est expatrié aux Pays-Bas pour y faire ses débuts pros. Après le FC Eindhoven et Heracles, il se retrouve donc au Beerschot. Si les Espoirs brugeois s'étaient produits plus tôt en D1B, comme ça va être le cas cette saison, Dario Van den Buijs aurait peut-être connu une trajectoire différente. C'est l'avis de Pascal De Maesschalk, patron de la formation à Bruges. " C'est possible ", nous dit Van den Buijs. " Les jeunes du Club reçoivent une belle opportunité. C'est bien pour eux de pouvoir affronter des clubs comme Deinze, Seraing et l'Union. De pouvoir jouer contre des adultes. " On fait un saut à Hoek, aux Pays-Bas, pour assister à un match de préparation des jeunes du Club. Ils montrent de belles dispositions techniques, ils reçoivent des coups, ils essaient d'esquiver, l'adversaire leur met une grosse pression. Et ils s'imposent au bout du compte. Un parent présent à ce match nous donne son ressenti : " Je suis curieux de voir ce que ça va donner en D1B. Nos gamins contre des gars plus vieux, qui ne vont pas avoir peur de mettre le pied. Si j'étais à leur place sur le terrain, je ne me laisserais pas faire. " Roberto Martinez, qui est directeur technique de la fédé en plus d'être coach des Diables, suivra avec intérêt le match de samedi entre le RWDM et le Club NXT en ouverture du championnat de D1B. Il est un des grands fans de l'introduction des jeunes de Bruges dans ce championnat. Il parle d'une " expérience fantastique ", d'un " laboratoire. " Il va plus loin : " Ce n'est jamais simple d'accompagner parfaitement un jeune joueur. Il faut une cinquantaine de matches à enjeu pour savoir s'il peut réussir. En Espagne, ils ont commencé à mettre des équipes B dans des championnats, quelque part entre la D2 et la D4. Ils ont compris entre-temps que c'était le meilleur scénario pour le développement de ces joueurs. J'estime que chaque grand club professionnel devrait avoir une équipe semi-professionnelle dans un championnat pour ses joueurs de seize à 23 ans. " Même raisonnement chez nous. Provisoirement, ça ne concerne qu'une équipe et pour une seule saison. " Il faut voir plus loin ", continue Martinez. " Le but, c'est de donner une chance à d'autres équipes U23. " De Maesschalk est d'accord. " Si on pouvait étendre le championnat de D1B à dix équipes, ce serait bien. À douze, ce serait encore mieux. " Le coach national signale que ça permettrait à nos clubs de garder leurs jeunes plus longtemps. Nos footballeurs sont suivis et contactés par de nombreux clubs européens, il trouve que c'est trop tôt. " Si on leur donne la possibilité de se produire en D1B, les parents comprendront qu'ils doivent rester encore un peu en Belgique. " À condition, toujours selon Martinez, que l'équipe en question soit prête pour évoluer à ce niveau. C'est le cas de Bruges. " Ils ont tellement de jeunes doués qu'ils sont prêts pour ce grand saut. " Cette formule a aussi des inconvénients. D'abord le niveau. Le Barça B, dont Pep Guardiola a été l'entraîneur, a évolué en D2 et a fait la culbute. Jong PSV Eindhoven n'a gagné que cinq de ses 29 matches. Porto B et Benfica B ont terminé dans le fond du classement de la Segunda Liga. La saison passée, Jong Ajax s'en est bien sorti (seize victoires en 29 matches) avec une moyenne d'âge de 19,3 ans, mais lors des années précédentes, cette équipe a aussi ramé. Il n'est jamais simple de coupler la formation des jeunes aux résultats. On peut aussi parler de l'absence d'intérêt du public. Le Bayern II, champion en D3 (une équipe de jeunes ne peut pas se produire plus haut que la troisième division en Allemagne), a attiré la saison passée une moyenne de 1.879 spectateurs. Les matches de Jong Ajax déplacent un maximum de 1.200 curieux, malgré tout le talent qu'il y a dans cette équipe, année après année. Comment cela se passera-t-il pour le Club NXT, qui jouera ses matches à Lokeren ? Pour les clubs pros, la campagne de transferts ferme fin août, lors d'une année normale. Par contre, on peut pendant toute la saison faire passer des joueurs du noyau A au noyau B, selon les besoins. Des adversaires du Club NXT dans le nouveau championnat de D1B parlent de championnat faussé. Aux Pays-Bas, ils ont trouvé une formule pour contrer les excès. Les jeunes qui sont souvent repris en équipe A ne peuvent plus redescendre. En Belgique, rien n'est prévu. Un joueur né après le 31 décembre 1997 peut à tout moment faire la navette du noyau A vers le B, et inversement. Que se passera-t-il si des joueurs comme Youssouph Badji, Odilon Kossounou, Maxim De Cuyper, Thomas Van den Keybus et Charles De Ketelaere ont besoin de temps de jeu ? Chez nous, seuls des U23 pourront donc disputer le championnat de D1B. Idéalement, on devrait autoriser l'un ou l'autre joueur plus âgé pour maîtriser des situations de match spécifiques ou être un relais de l'entraîneur sur le terrain. C'est comme ça au Portugal, en Espagne et en Allemagne, par exemple. Évidemment, une équipe B ne peut pas monter en D1A. Et elle ne peut pas se produire dans la même compétition que l'équipe A. Si celle-ci fait la culbute, la B chute aussi d'un étage. Autre particularité de la présence du Club NXT en D1B : Bruges ne touchera pas de droits télé sur les matches de cette équipe. Mais les jeunes du Club ne sont-ils pas trop jeunes pour se produire face à des pros aguerris ? Roberto Martinez ne le pense pas. Il comprend les craintes des parents, mais tempère. " J'ai aussi connu ça quand j'étais jeune. Tu es lancé face à des adultes, mais tu n'es pas obligé de mettre le pied, tu dois agir de façon intelligente. Éviter les duels, penser au deuxième ballon. Tout ça te fait progresser. Tu dois apprendre à devenir un homme, je veux parler du domaine physique, mais en restant prudent. Je ne pense pas que la présence des jeunes de Bruges dans ce championnat augmente le risque de blessures, au contraire. Ces joueurs seront mieux préparés quand ils débuteront en équipe première. Ils seront mieux armés pour réagir aux provocations, au jeu dur. " L'entraîneur du Club NXT, Rik De Mil, s'attend en tout cas à un défi gigantesque. Il prépare très bien ses joueurs avant les matches, mais une fois qu'ils sont sur la pelouse, il les laisse tirer leur plan. " Je trouve ça important. Si on leur mâche continuellement la besogne, ils ne seront pas prêts le jour où ils seront lancés en équipe A dans un stade avec 20.000 personnes, où il sera impossible d'entendre les consignes de leur entraîneur. Il y a des jeunes débutants qui sont perdus dans ces circonstances pareilles. " Les Espoirs brugeois abordent une grosse saison, avec 28 matches de championnat en plus de - minimum - six rencontres de Youth League. " Notre but est clairement de les amener vers une équipe première ", poursuit l'entraîneur. " Ça s'est de mieux en mieux passé les dernières années, grâce à des investissements dans les installations, par une plus grande professionnalisation et une bonne collaboration avec l'équipe pro. On a permis à plusieurs jeunes d'atteindre le niveau requis pour s'entraîner avec le noyau A. Et certains ont carrément acquis le niveau pour pouvoir jouer. Par contre, ce qu'on n'a pas pu leur donner, c'est l'atout de se produire contre des adultes, devant 6.000 personnes, avec une pression de résultat. C'est pour ça qu'on devait les prêter. Donc, c'est très bien de pouvoir disputer maintenant le championnat de D1B. L'équipe première de Bruges doit toujours jouer le titre et la Ligue des Champions, et ce n'est évidemment pas simple d'amener un jeune de 17 ans à ce niveau. Il y a des exceptions, comme Charles De Ketelaere, mais ça se fait en général par étapes. " Pascal De Maesschalk explique que les prêts de bons jeunes comportaient leur lot d'inconvénients. " Le problème, c'était le suivi. On passait énormément de temps à demander des données d'entraînements et de matches aux clubs qui prenaient nos joueurs en prêt. Avec certains, ça se passait assez bien, mais pour d'autres, c'était plus compliqué. Maintenant, on peut tout suivre nous-mêmes. " Le Club peut aussi gérer la combinaison du foot et des études pour ceux qui sont encore à l'école. Ils parviennent à avoir un taux de réussite élevé à l'école et veulent que ça continue. Parce qu'ils ne vont pas tous devenir pros. " La collaboration avec les établissements scolaires se passe très bien et la crise du Covid nous a permis de constater qu'on peut faire beaucoup de bonnes choses via l'enseignement à distance. " Le boss de la formation détaille les attentes finales. " Le succès ne sera pas conditionné par le classement de nos jeunes. On veut d'abord les voir évoluer et devenir prêts pour un parcours en D1A, de préférence chez nous. " Le coach ajoute : " Évidemment, on n'a pas envie de perdre tous nos matches. Mais on est conscients qu'on part avec une équipe super jeune et qu'il nous faudra du temps. Le but est de la voir grandir en cours de championnat. Notre cinquième match devrait être meilleur que le premier. Individuellement et collectivement. Je suis un vrai gagneur, mais on va devoir apprendre à perdre ensemble. La priorité n'est pas de former pour d'autres, mais les jeunes qui ne perceront finalement pas à Bruges pourront peut-être tirer profit de leur expérience en D1B quand ils seront ailleurs. Chez les jeunes, les meilleures équipes d'un club sont habituées à beaucoup gagner. Une fois qu'ils arrivent en équipe première, ces gamins commencent à perdre, il y a la pression qui vient de tous les côtés, ils sont confrontés aux médias. En évoluant en D1B, ils vont déjà découvrir toutes ces facettes du métier. "