Le destin réserve parfois des trajectoires bizarres. Il y a 30 ans, lorsque le back gauche des Diables Rouges Jean Thissen quitta le Standard pour Anderlecht, le club de Sclessin fit appel à un jeune Ardennais répondant au nom de Michel Renquin pour le remplacer. Comme son aîné, il allait développer une carrière internationale intéressante qui allait l'emmener au Sporting mauve. Plus tard, tous deux embrassèrent le métier d'entraîneur et firent leurs premières grandes armes à l'étranger. Mais aujourd'hui, c'est Thissen qui a succédé à Renquin à la tête de Virton après que l'entraîneur de l'équipe Réserve ait assuré l'intérim pendant quatre semaines.
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Le destin réserve parfois des trajectoires bizarres. Il y a 30 ans, lorsque le back gauche des Diables Rouges Jean Thissen quitta le Standard pour Anderlecht, le club de Sclessin fit appel à un jeune Ardennais répondant au nom de Michel Renquin pour le remplacer. Comme son aîné, il allait développer une carrière internationale intéressante qui allait l'emmener au Sporting mauve. Plus tard, tous deux embrassèrent le métier d'entraîneur et firent leurs premières grandes armes à l'étranger. Mais aujourd'hui, c'est Thissen qui a succédé à Renquin à la tête de Virton après que l'entraîneur de l'équipe Réserve ait assuré l'intérim pendant quatre semaines. Une reprise particulière puisque Renquin n'a pas été écarté suite à ses résultats sportifs (Virton avait même franchi le cap des 50 points la saison dernière) mais pour des problèmes d'ordre personnel. " Il a même eu la sympathie de m'appeler pour me souhaiter bonne chance et j'en ai profité pour l'interroger au sujet des caractéristiques de l'équipe ", dit Thissen. Pour Virton, cette quatrième saison en D2 s'annonce difficile car le club n'a pas les moyens financiers de lutter avec ceux qui tentent de rejoindre l'élite et il s'est séparé de quelques joueurs qui, la saison dernière, formaient sa base. De plus, l'épisode du licenciement de Renquin a non seulement affecté le moral des troupes (il était très proche de son groupe) mais aussi provoqué un certain retard dans la préparation tant physique que tactique. " Michel avait assuré la préparation mais les problèmes avaient éclaté avant l'affûtage et celui-ci n'avait pas été réalisé ", poursuit Thissen. " J'ai donc trouvé une équipe dont la condition physique de base était bonne mais qui manquait d'explosivité. De plus, d'un point de vue tactique, on n'était nulle part et il m'a fallu le temps de faire certains essais : fallait-il jouer avec deux attaquants de pointe et un médian défensif ou avec un seul avant et deux joueurs en soutien ? Jusqu'ici, j'avais toujours repris des clubs à la trêve, ce qui me laissait un mois pour refaire une préparation physique et une mise en place. Cette fois, j'ai été amené à opérer des changements d'une semaine à l'autre. Nous avons concédé beaucoup de matches nuls et cela m'embête un peu dans la mesure où il en faut trois pour une victoire. Mais ceux obtenus contre Tubize et Zulte-Waregem me laissent penser que nous ne devons nous faire aucun souci car nous avons affronté de bonnes équipes, qui ont joué un match plein. Tout n'est désormais plus qu'une question de confiance. Le président m'a demandé la semaine dernière de réfléchir à nos besoins pour le mercato mais je lui ai répondu qu'il était encore un peu tôt car voilà seulement que la vérité commence à se dégager du groupe. On verra alors en fonction des possibilités du club, d'autant que celles-ci sont limitées sur le plan géographique ". Thissen tient manifestement à préserver un groupe auquel il croit et dont il apprécie la disponibilité. " Hormis le Français EmmanuelCoquelet, un très bon attaquant, personne ne sort véritablement du lot. Nous ne possédons pas, comme beaucoup d'équipes, cinq ou six ex-joueurs de D1, mais nous pouvons tout de même compter sur des éléments venus des centres de formation de Metz et de Nancy û NDLA : Virton en compte 8. L'ensemble du groupe possède les qualités suffisantes pour évoluer en D2. Mais surtout, je suis très satisfait de l'ardeur au travail des joueurs. J'ai entraîné dans huit pays différents (Belgique, France, Portugal, Suisse, Gabon, Tunisie, Maroc et Qatar) et c'est la première fois que je vois un groupe aussi réceptif. Nous commençons d'ailleurs à en récolter les fruits. Je veux donc à tout prix maintenir cet entrain. J'aurais, par exemple, souhaité instaurer un entraînement le mardi matin pour ceux qui ne travaillent pas. Nous avons fait un essai mais il s'est avéré que c'était trop compliqué. Il fallait trouver un endroit pour manger, un autre pour la sieste, et meubler deux ou trois heures en jouant aux cartes dans la cafétéria. Les journées étaient trop longues et, si nous avions poursuivi, j'aurais perdu en motivation ce que j'aurais gagné d'un point de vue physique ou technique. J'ai donc préféré arrêter. Car maintenant, un entraîneur ne doit plus imposer, il doit convaincre, expliquer ses décisions. Les joueurs sont plus cultivés que par le passé ". La D2 a la réputation de proposer un football assez physique, fermé. Thissen tente d'aller voir un match chaque week-end afin de se replonger dans la réalité de cette série que l'on dit si particulière. " J'ai l'impression que le fossé qui sépare la D2 de la D1 est plus important que l'écart entre la D2 et la D3 ", dit-il. " Les duels sont très présents et c'est normal dans la mesure où on joue moins sans ballon et où les gardiens dégagent beaucoup au pied au lieu de relancer à la main. Une équipe qui ne se montre pas intransigeante à ce niveau perd le match ". Le Verviétois s'insurge toutefois contre ceux qui prétendent qu'il s'agit là d'un football qui lui convient. " Quand j'étais joueur au Standard, on a toujours dit de moi que j'étais un bourrin. Je n'ai jamais contesté car, quelque part, cela faisait peur à l'adversaire. Et quand je suis allé à Anderlecht, on a dit que j'avais progressé techniquement. C'était faux : en fait, on ne joue pas de la même façon derrière Sylvestre Takac que derrière Robby Rensenbrink. Michel Renquin, puisqu'on parlait de lui, en a fait l'expérience : il ne s'est pas adapté et est resté sur le banc au Sporting. Quand je suis devenu entraîneur, on a encore dit que j'accordais plus d'importance au physique. Je suis titulaire de quatre diplômes (belge, deux français et Pro Licence UEFA), ce qui me permet de savoir ce que je fais d'un point de vue physiologique. Mais je n'ai jamais écarté de technicien au profit d'un joueur plus musclé. J'ai travaillé dans des pays (France, Portugal, Maroc, Tunisie et Qatar) où on fait tout de même la part belle à la technique. Et à Virton, je fais tout pour maintenir Cédric Clerc et Jérôme Maréchal en même temps dans l'équipe ". Patrice Sintzen" Un coach ne doit plus imposer, IL DOIT CONVAINCRE. Les joueurs sont plus cultivés que par le passé "