Le monde du football n'échappe pas à la crise économique : la prudence règne sur le marché des transferts. Même si les 16 clubs de Division Un ont augmenté leur budget de 5 % par rapport à la saison précédente, passant d'un total de 212 millions à 223 millions, il n'est pas possible de dépenser sans rentrées. D'ici la clôture des transferts le 31 août, ils attendent les soldes et sont à la recherche de bonnes occasions qui n'existent plus.
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Le monde du football n'échappe pas à la crise économique : la prudence règne sur le marché des transferts. Même si les 16 clubs de Division Un ont augmenté leur budget de 5 % par rapport à la saison précédente, passant d'un total de 212 millions à 223 millions, il n'est pas possible de dépenser sans rentrées. D'ici la clôture des transferts le 31 août, ils attendent les soldes et sont à la recherche de bonnes occasions qui n'existent plus. Jadis, les entraîneurs mettaient la préparation à profit pour chercher l'occupation de terrain optimale et rôder les automatismes. De nos jours, ils ne cessent de remanier leur équipe et de repartir de zéro. Leur tâche est de plus en plus complexe. Dans quelques semaines, il se peut que des équipes aient un visage complètement différent et, en janvier, après la nouvelle période de transferts, il faudra encore poser de nouvelles fondations. La formule du championnat, avec 30 matches en guise d'énorme entrée avant les play-offs, détermine l'activité des clubs durant les transferts. Outre le fait que la possibilité d'effectuer des emplettes hivernales fausse le championnat, dans un certain sens, elle incite les clubs à penser à court terme. Au lieu de miser sur la continuité, ils effectuent des détours surprenants. On n'assistera pas à de nombreux changements hiérarchiques cette saison. Anderlecht a éveillé les craintes de John van den Brom en perdant beaucoup de talents et prend son temps pour se renforcer mais selon les normes belges, le champion conserve une équipe forte et mise sur l'avenir en espérant permettre à quelques jeunes de poursuivre leur éclosion. Le Club Bruges compte sur la sérénité de Timmy Simons pour améliorer la discipline sur le terrain et en dehors et peut permettre à Tom De Sutter de s'épanouir s'il est bien servi des flancs. Reste à voir qui pourra s'en charger, indépendamment de Maxime Lestienne, car les ailiers sont une denrée de plus en plus rare. Après un été très turbulent, le Standard semble prendre le bon pli. Le RC Genk a conservé son noyau et continue à miser sur le power africain, en alignant dix footballeurs de couleur. Par contre, Zulte Waregem suscite maintes questions. Le faux-pas de Patrick Decuyper a laissé des traces et Francky Dury aura besoin de toute sa science pour affûter ses joueurs et les préserver de toute perte de concentration. Lokeren s'est renforcé avec intelligence et reste un ensemble difficile à démanteler. OH Louvain a haussé son talent global, Courtrai a renforcé son compartiment offensif tout en se débarrassant de quelques joueurs difficiles, Mons a conservé son ossature et renforcé la concurrence. Le Sporting Charleroi doit encore se faire à son nouvel entraîneur, Felice Mazzu. Il a effectué 17 changements de coaches en l'espace de quatre ans. Le Lierse et Waasland-Beveren restent fidèles à la rage d'achats d'antan avec respectivement 12 et 17 nouveaux joueurs et ont un petit air d'entreprises d'import-export. Le Cercle Bruges, qui s'est maintenu malgré un 14 sur 90 en championnat régulier, manque de force de frappe et de puissance dans l'entrejeu. Il doit se méfier d'un nouveau scénario-catastrophe. Ostende constitue un point d'interrogation et Malines s'est heurté à ses limites financières, malgré la fidélité de ses supporters. Il ne pourra progresser structurellement qu'en rénovant ses installations. De ce point de vue, Gand vient de prendre une avance considérable, alors que Victor Fernandez semble enfin placer son sceau sur l'équipe : on a pu mesurer son emprise sur celle-ci pendant la préparation. Il surpasse tous ses collègues. Le fait que les joueurs fassent ce qu'il demande semble relever de l'évidence même mais c'est différent dans de nombreux clubs, les footballeurs, jouets des managers, s'occupant avant tout de leur intérêt personnel. Le nouveau stade offre manifestement une injection sportive aux Buffalos. Cette arène peut rivaliser avec tous les autres temples européens et selon les normes belges, Gand a pénétré dans un nouvel univers. On mesure maintenant le coup de massue que leur retard colossal en la matière inflige à des villes comme Bruxelles, Anvers, Bruges et Liège. Cela ne les incite pas à faire avancer les autres dossiers. Elles restent engoncées dans l'indécision et les intrigues politiques. PAR JACQUES SYSGrâce à sa Ghelamco Arena, Gand pénètre dans un nouvel univers.