D'abord la pré-histoire. En 2001, après une saison-canon avec Gand, Ahmed 'Mido'Hossam, âgé de 18 ans à l'époque, est sacré Soulier d'Ebène. Lors de la remise du trophée par l'organisateur du prix, AfricanCulturePromotion, nous demandons au lauréat si un reportage en sa compagnie, dans son pays natal, l'Egypte, est possible.
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D'abord la pré-histoire. En 2001, après une saison-canon avec Gand, Ahmed 'Mido'Hossam, âgé de 18 ans à l'époque, est sacré Soulier d'Ebène. Lors de la remise du trophée par l'organisateur du prix, AfricanCulturePromotion, nous demandons au lauréat si un reportage en sa compagnie, dans son pays natal, l'Egypte, est possible. Mido marque son accord. Et nous incite à loger à l'hôtel Baron, un établissement tenu par l'un de ses cousins au Caire. Le lieu de séjour, à Héliopolis, dans la banlieue chic de la mégapole, est plutôt chérot. Mais une faveur en vaut bien une autre et le photographe MichelGouverneur et moi réservons donc une chambre là-bas. La veille de notre entrevue avec le joueur, nous nous rendons tous deux à Zamalek, son club formateur dans la capitale égyptienne. Shooting-photos, entretiens avec le manager et le directeur sportif du club, tout se déroule sans problème. Mais le lendemain, ça coince. A l'heure du rendez-vous à l'hôtel, pas de Mido en vue. Après un quart d'heure d'attente, je tente de le joindre par GSM. Pas de réponse. J'essaie dès lors chez lui, à la maison. C'est sa mère qui décroche et qui me dit que son fiston dort et qu'elle ne tient pas à le réveiller. J'ai beau insister, arguant que je viens spécialement de Belgique pour lui, rien n'y fait. Malgré d'autres tentatives, plus personne ne prend le téléphone chez les Hossam. Alerté par mes soins, le cousin promet de m'amener Mido dans l'heure. De fait, je ne verrai plus cet " envoyé spécial " que deux jours plus tard, au moment de payer ma note d'hôtel. Quant à Mido, au lieu de débarquer à 10 heures, il se rapplique finalement à 17 h 30. Et il n'a malheureusement pas beaucoup de temps à me consacrer car un entraînement est prévu une heure plus tard avec la sélection nationale. J'aurai quand même un scoop : au lieu d'aller à Anderlecht, comme chacun le pensait, son choix se porte sur l'Ajax Amsterdam. De quoi faire grincer pas mal de dents au Parc Astrid... De retour en Belgique, je rédige un article sur ce fâcheux épisode, titré EnattendantMido. Allusion à la pièce EnattendantGodot de l'écrivain irlandais SamuelBeckett. Un papier dont l'intéressé ne sort évidemment pas grandi. Un an plus tard, par hasard, je me retrouve dans le même ascenseur que Mido à l'Hôtel de l'Amitié, dans la capitale du Mali, Bamako, l'un des lieux de séjour de la CAN 2002. Cequetuasécritsurmoiétaitdégoûtant, me dit-il. Pasplusquelamanièredonttu m'asreçu, lui répondis-je. Plusjamaisjenet'accorderaid'interview poursuivit-il. Jenet'endemanderaiplusjamaisnonplus, conclus-je. La dernière fois que j'ai entraperçu Mido, c'était après un match entre Wadi Degla et Zamalek, en janvier 2012. Après avoir transité, toujours brièvement, par Gand, l'Ajax, le Celta Vigo, l'OM, l'AS Rome, Tottenham, Middlesbrough, Wigan, West Ham... il était revenu dans son club d'origine pour se refaire une santé. Enfin, une santé... Il pesait alors 103 kg et était réserviste. Quelques mois plus tard, il mettait d'ailleurs fin à sa carrière. Un gâchis à tous points de vue... PAR BRUNO GOVERS