COACH: Age Hareide (NOR)

Qu'avez-vous changé à l'équipe et au style de jeu depuis le départ de Morten Olsen ?
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Qu'avez-vous changé à l'équipe et au style de jeu depuis le départ de Morten Olsen ? AGE HAREIDE : Je veux que l'équipe attaque plus vite dans le dernier tiers du terrain et qu'elle y exploite mieux les brèches. Ce n'est pas très différent de ce que Morten demandait. Nous essayons de procéder en 4-3-3, sans nous imposer de carcan tactique. Nous devons adapter un peu notre occupation de terrain à l'adversaire. Vous avez joué en 3-5-2. Quelle est votre vision précise ? HAREIDE : Elle est pragmatique. Nous devons être en mesure de nous adapter à l'adversaire et aux conditions de jeu. Dans le football contemporain, on analyse chaque équipe dans ses moindres détails et les entraîneurs essaient de paralyser leur adversaire. Jouer avec trois ou quatre défenseurs ne fait pas grande différence. Quand nous attaquons, nos arrières latéraux montent afin qu'il y ait plus de monde devant. En début de campagne, j'ai opté pour le 3-5-2 parce que nous avons tellement de défenseurs centraux de qualité que je ne voulais pas les écarter. Je veux surtout que Christian Eriksen soit le plus possible au ballon. Quelle est l'importance d'Eriksen pour le Danemark ? HAREIDE : J'espère qu'elle sera aussi conséquente qu'en qualifications. Nous possédons un axe central très fort - Kasper Schmeichel, Simon Kjaer, Eriksen - et des attaquants au profil différent -Nicolai Jørgensen, Andreas Cornelius et Yussuf Poulsen. Nous avons aussi de bons jeunes qui se sont développés à l'étranger. Seuls Peter Ankersen et William Kvist jouent encore au Danemark, les autres évoluent dans les meilleures compétitions européennes et en font profiter l'équipe nationale. Dans vos interviewes, vous parlez toujours des tendances du football européen : pressing élevé, intensité, risques et souplesse tactique. Vous retrouvez ces caractéristiques dans votre équipe ? HAREIDE : Absolument. Il y a deux ans, à l'EURO, beaucoup d'équipes se repliaient pour repartir en contre très vite. Je n'ai pas la patience de jouer comme ça. Je veux que mon équipe avance vite. Ça correspond mieux à son profil. D'autres formations défendent mais nous, nous attaquons. Qu'attendez-vous du tournoi dans son ensemble ? HAREIDE : J'espère voir du football offensif, contrairement à l'EURO 2016. Le système n'est pas performant si on peut passer un tour sans gagner un seul match. Il faut quand même remporter au moins une victoire ? Il faudrait trouver une astuce. Par exemple, accorder un bonus pour les victoires et un certain nombre de buts. L'EURO récompense les tactiques défensives, ce qui ne peut pas être l'objectif du football. sélectionneur du Danemark de 2000 à 2015 " Le Danemark est une équipe difficile à jouer. C'est un collectif bien rôdé, avec une ossature qui se connaît depuis de nombreuses années et qui prend du plaisir à jouer ensemble. Dans les buts, Kasper Schmeichel est un bon gardien de Premier League, et il est protégé par une défense emmenée par Simon Kjaer, qui est parvenu à s'imposer dans tous les championnats européens où il est passé. Au milieu, Thomas Delaney est une valeur sûre. Et puis, évidemment, il y a Christian Eriksen. C'est vraiment un joueur du top mondial, et il est parvenu à être beaucoup plus décisif pour son pays pendant les qualifications, en étant le meilleur buteur et le meilleur passeur de l'équipe. On voit qu'il est arrivé à maturité, et il évolue dans un rôle libre qui lui permet d'emmener le secteur offensif, surtout constitué par de jeunes promesses. Pione Sisto est un ailier redoutable, capable de sortir une action à tout moment, et devant, il y a encore Nicolai Jørgensen, qui a été meilleur buteur d'Eredivisie la saison dernière. Même si la France semble intouchable, je pense qu'on peut espérer prendre le meilleur sur le Pérou et l'Australie pour atteindre les huitièmes de finale. " Arrivé au Danemark à l'âge de deux mois, né en Ouganda de parents sud-soudanais, Pione Sisto avait déjà vu du paysage quand il a quitté sa patrie d'adoption pour faire décoller sa carrière sous les couleurs du Celta Vigo, après cinq saisons passées à Midtjylland couronnées par un titre de champion national. Le virevoltant ailier, qui a dû attendre 2014 pour pouvoir représenter la sélection scandinave, s'est bâti une petite renommée la saison dernière, en étant l'un des hommes forts du parcours des Galiciens en Europa League. Genk (2 buts encaissés) et Timothy Castagne (martyrisé pendant 180 minutes par les dribbles du Danois) sont là pour témoigner de l'éclosion de ce nouveau talent, devenu le principal associé de Christian Eriksen au sein de la division offensive danoise. Auteur de dix passes décisives en Liga cette saison, Sisto a longtemps emmené ce classement particulier, avant d'être doublé par Messi, Suarez ou Benzema. Le Mondial pourrait lui ouvrir les portes d'un club plus huppé qu'un Celta qui semble déjà trop petit pour lui. Meilleur buteur danois en activité, le controversé Nicklas Bendtner (photo) est encore à 22 longueurs du record national, détenu par Jon Dahl Tomasson (52 buts). Blessé, il n'ira pas en Russie. Absent du Mondial 2014, le Danemark avait été éliminé dès la phase de poules quatre ans plus tôt. Les Scandinaves n'ont plus atteint les huitièmes de finale depuis 2002. Le nombre de buts inscrits en qualifications par Christian Eriksen maître à jouer de la sélection, qui s'est classé cinquième meilleur buteur de la zone Europe. Le gardien de but Kasper Schmeichel (Leicester) est le fils du légendaire Peter Schmeichel, recordman de sélections pour le Danemark. L'absence de la sélection danoise à l'EURO 2016 avait été fatale à Morten Olsen, qui avait quitté son poste de sélectionneur. L'ancien joueur du RWDM et d'Anderlecht était en place depuis quinze longues années.