1. Tu quittes Zulte Waregem, où Francky Dury avait fait de toi son capitaine, pour retrouver l'Union de Felice Mazzù, qui avait fait de toi l'un des leaders du vestiaire de Charleroi à l'époque. Comment devient-on un patron?
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1. Tu quittes Zulte Waregem, où Francky Dury avait fait de toi son capitaine, pour retrouver l'Union de Felice Mazzù, qui avait fait de toi l'un des leaders du vestiaire de Charleroi à l'époque. Comment devient-on un patron? J'ai toujours essayé d'entretenir de bonnes relations avec tout le monde dans un groupe. Je suis conscient qu'on ne peut pas être copain avec tout le monde, mais c'est important pour moi d'avoir un mot régulier pour chacun. Et puis, je suis quelqu'un de très calme, qui ne crie pas beaucoup, qui provoque souvent le dialogue. Je crois que c'est ce trait de caractère qui fait que j'ai été capitaine très jeune. J'avais 21 ans quand Laurent Guyot m'a donné le brassard à Boulogne. Aussi, et c'est le plus important à mes yeux, j'ai personnellement toujours eu besoin d'avoir une légitimité sur le terrain pour oser prendre la parole devant le groupe. L'un ne va a priori pas sans l'autre. En tout cas, pas en début de carrière. Aujourd'hui, à l'âge que j'ai, avec l'expérience que j'ai accumulée, c'est peut-être un peu différent. 2. Il faut dire que tu as, à toi tout seul, plus de matches en D1A que les deux tiers du groupe actuel de l'Union. Ce manque d'expérience peut-il vous jouer des tours cette saison? Je ne sais pas si c'est un groupe qui manque tant que ça d'expérience. Je vais prendre le cas de Casper Nielsen, qui a longtemps connu la première division danoise et disputé les JO en 2016. C'est un joueur avec un vécu incroyable, qui nous apporte beaucoup. Ce n'est pas le seul. De ce que j'ai vu en préparation, je ne pense pas que le manque d'expérience de la division peut nous jouer des tours parce qu'on a un groupe très mature. 3. Quelles doivent être les ambitions de l'Union cette saison? Il va peut-être falloir attendre quatre, cinq ou six matches pour voir exactement comment et où on se situe. En ayant joué tous les cadors du championnat d'ici la fin août, ce sera difficile de se faire une réelle idée. Après, ce qui joue en notre faveur selon moi, c'est peut-être l'euphorie du titre, cette préparation sans accroc. On peut surfer là-dessus. 4. Est-ce que ce n'est pas justement difficile d'intégrer un groupe qui a connu l'ivresse d'un titre il y a quelques semaines? Le mythe du joueur qui arrive et qui est tout seul dans son coin, ça n'existe plus depuis des années. Avec les réseaux sociaux, on se connaît tous d'une manière ou d'une autre et je ne pense pas qu'il y ait encore de groupe qui laisse un joueur de côté pendant plusieurs jours pour lui faire payer sa différence. Donc dans mon cas, je dirais que mon intégration s'est passée assez naturellement. Après, la réalité, c'est que j'ai près de quatre semaines de retard de préparation par rapport à l'ensemble du groupe. Donc je sais que physiquement, je suis encore juste. 5. À 32 ans, tu étais aussi en fin de contrat à Zulte Waregem cet été. Tu n'as jamais eu peur de te retrouver dans la situation que tant de joueurs ont connu l'an dernier à cause du Covid et de la santé financière délétère des clubs de l'élite? Je n'ai jamais douté au point de ne pas dormir la nuit, mais c'est vrai que quand j'allais chercher mes enfants à l'école en fin de journée, je me disais qu'il fallait que ça arrive vite. Au début, tu te dis que ça va aller tout seul et puis, plus le temps passe, plus tu commences à douter un peu. J'étais conscient que ma plutôt bonne saison de l'an dernier avec Zulte jouerait en ma faveur. Là où ça devient chaud, c'est quand tu arrives fin juin, début juillet et que tu vois que tous les copains ont repris alors que toi, tu t'entraînes toujours tout seul. Psychologiquement, ça devenait compliqué. J'avais un club en Roumanie, quelques pistes en Grèce, mais avec ma compagne qui travaille à Bruxelles et mes enfants à l'école à Gand, j'avais vraiment à coeur de rester en Belgique.