A l'image d'autres joueurs au long cours, tels FrancisSevereyns, JoëlBartholomeeussen ou encore PatrickTeppers qui, tôt ou tard, seront à l'honneur dans cette rubrique, YvesBuelinckx (22 juin 1972) s'est lui aussi inscrit dans la durée sur les terrains. Il avait effectivement 42 ans bien sonnés, le 19 avril dernier, lorsqu'il a remisé définitivement les boots à la faveur d'un match en P2C entre le SK Leeuw, dont il défendait les couleurs, et Lembeek.
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A l'image d'autres joueurs au long cours, tels FrancisSevereyns, JoëlBartholomeeussen ou encore PatrickTeppers qui, tôt ou tard, seront à l'honneur dans cette rubrique, YvesBuelinckx (22 juin 1972) s'est lui aussi inscrit dans la durée sur les terrains. Il avait effectivement 42 ans bien sonnés, le 19 avril dernier, lorsqu'il a remisé définitivement les boots à la faveur d'un match en P2C entre le SK Leeuw, dont il défendait les couleurs, et Lembeek. " Terminer athome face à l'équipe du patelin où je réside, je n'aurais pu rêver mieux " dit-il. " En tout début de saison, quand j'ai pris connaissance du calendrier de la série, j'ai immédiatement cerclé cette date en rouge. Encore fallait-il, évidemment, que je sois épargné par les blessures, qui m'ont souvent joué un tour pendable dans ma carrière. Heureusement, les sorcières ne se sont pas acharnées sur moi et j'ai pu tirer ma révérence en beauté. " Depuis cette date, le Brabançon s'est tourné à plein temps vers l'autre fil conducteur de sa vie : l'exploitation d'un salon de coiffure au n°51 de la Sint-Rochusstraat à Hal. " Mon père, Théo, qui guida mes premiers pas de footeux là-bas, m'incita, lors de l'adolescence, à opter pour ce style, vu que je n'étais pas un élève très brillant à l'école " observe-t-il. " Lui-même avait ouvert un salon en 1974 dans la même rue, au 67. Dès mes 16 ans, il m'arrivait de lui donner un coup de main en cas d'agenda bien garni. Tout porte à croire que j'aurais combiné cette activité avec le ballon rond si le Club Bruges ne m'avait pas fait un appel du pied à 21 ans, en 1993. Dès ce moment, j'ai accordé la préséance au football même si, après les Bleu et Noir, je suis quelque peu rentré dans le rang à l'échelon de mes employeurs successifs, en transitant tour à tour par Beveren (1996-97), Denderleeuw (1997-98), le RWDM (1998-2000), La Louvière (2000-02), le FC Brussels (2002-03), l'AFC Tubize (2003-06), l'Union Saint-Gilloise (2006-08), Ternat (2008-10), le SK Halle (2010-13) et le SK Leeuw. Avec le recul, je me fais la réflexion que j'ai tiré le maximum de ma trajectoire sportive car, en ma qualité d'attaquant, je n'étais pas vraiment béni des dieux. Comme point culminant, je retiendrai les deux matches que j'ai disputés avec le Club Bruges face à Chelsea, en quarts de finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe il y a 20 ans. Après une victoire 1-0 dans la Venise du Nord, nous nous étions alors inclinés 2-0 à Stamford Bridge, un résultat synonyme d'élimination. Parmi les points noirs, je citerai ma campagne à Beveren, soldée par aucune apparition en Première, étant donné qu'une pubalgie me tint à l'écart des stades tout au long de cet exercice. " Dans son salon de coiffure, qu'il a appelé Buelinckxhaarsnijder (" car kapper, ça fait penser aux bouchers sur les grounds ", rigole-t-il) une image fait référence à son passé de footballeur : la couverture de notre magazine du 25 janvier 1995, la seule fois, selon ses dires, qu'il fit la une de notre revue. " En voyant ce cliché, les plus jeunes me demandent si c'est bien moi, là, sous le maillot brugeois " s'esclaffe- t-il. Et il faut bien que je leur réponde par l'affirmative. Le foot est d'ailleurs le principal sujet de discussion avec les clients. J'accueille ici des supporters de tout bord : des Anderlechtois, des Carolos, des Standardmen... Ce que je trouve particulièrement sympa, c'est que des fans de l'Union n'hésitent pas à prendre le train vers Hal, à Bruxelles-Midi ou Forest, histoire de venir se faire couper les tifs chez moi. De fait, si je n'ai qu'une chose à retenir de toutes ces années, c'est que partout où je suis passé, j'ai laissé de bons souvenirs, tant à mes dirigeants qu'aux inconditionnels de tous ces clubs. A mes yeux, ça vaut tous les trophées du monde. " PAR BRUNO GOVERS