LE COACH JAROSLAV SILHAVY

Né le 3 novembre 1961
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Né le 3 novembre 1961 "Il faut rester humble après une telle bataille. Mais je suis content de voir que mon équipe s'est battue jusqu'à la fin. Je suis fier. Nous avons joué au même niveau que la Belgique, parfois même mieux encore." Ce sont les mots du sélectionneur tchèque, en mars dernier, après le nul arraché contre les Diables sur la route de la Coupe du monde 2022. Pour la première fois depuis son arrivée à la tête de la sélection en 2018, pour la première fois en 23 matches, son équipe a fait un nul. Drôle de statistique. Jusqu'ici, son plus beau fait d'armes en match officiel est une victoire contre l'Angleterre. Comme joueur, Jaroslav Silhavy a fait un solide parcours au pays. D'abord en Tchécoslovaquie, ensuite en République tchèque: 465 matches en première division. Il compte aussi quatre matches avec la sélection tchécoslovaque. Après des succès comme coach dans plusieurs clubs, il a reçu cette proposition de la Fédé quand il a fallu remplacer Karel Jarolim, viré à cause d'une série de mauvais résultats (l'équipe tchèque venait de subir sa plus grosse défaite depuis l'indépendance en 1993, 5-1 contre la Russie en amical). Dans un premier temps, il a été engagé jusqu'à la fin des éliminatoires de cet EURO. Vu le parcours de son équipe, il a été prolongé. Lors de sa présentation officielle, il avait déclaré: "L'objectif à court terme est clair, je veux stabiliser l'effectif, mettre en place un système de jeu, choisir les bons joueurs. Bref, travailler." Ça ne fonctionne pas mal. Après la qualification pour le championnat d'Europe, il y a eu les premières rencontres éliminatoires pour le Mondial au Qatar. Les Tchèques se sont inclinés au pays de Galles, mais ils ont épaté contre les Diables après avoir pulvérisé l'Estonie (2-6). "Ici, personne ne pense que la République tchèque peut gagner l'EURO. C'est quand même trop haut, ça. Mais les gens sont convaincus qu'on peut quand même aller loin dans ce tournoi. Si on ne va pas en quarts de finale, ce sera vu comme un échec. Ne pas sortir de la phase de poules, ce serait considéré comme une catastrophe. Parce qu'il y a de la qualité dans le noyau. C'est un bon mélange, entre des joueurs qui sont toujours au pays et quelques gars qui ont une belle expérience internationale dans des championnats comme l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne. Rien que la concurrence pour le poste de gardien est révélatrice. On a un gars qui joue au Slavia Prague, un autre à Brême, un autre à Séville. Il n'y a pas de stars de niveau mondial, mais c'est un vrai bloc, une vraie équipe, avec une mentalité au-dessus de la moyenne. On voit chaque fois des Tchèques qui s'arrachent, ça a par exemple été visible dans le match récent contre les Belges. Un autre sentiment répandu ici, c'est que la crise du Covid pourrait tout bousculer à l'EURO et provoquer des résultats inattendus. Il n'en faut pas plus pour que des gens croient qu'on pourrait peut-être en profiter." À 25 ans, Patrik Schick a déjà amoché quelques portefeuilles. Parce qu'il est une proie coûteuse sur le marché des transferts. Il avait quitté le Sparta Prague pour la Sampdoria pour quatre petits millions. Mais tout s'est vite emballé. Vu sa productivité avec l'équipe de Gênes, il a été recruté par la Juventus. Mais il a échoué aux tests médicaux. Il est alors parti à l'AS Rome pour 38 millions, nouveau record du club. Après un prêt à Leipzig, il s'est retrouvé à Leverkusen pour 25 millions. C'est un vrai buteur et il marque aussi facilement avec l'équipe nationale qu'avec ses clubs: dix goals en 24 matches. Quand il a été présenté à Leverkusen, Rudi Völler, le directeur sportif, en avait plein la bouche: "Là, je peux vous dire qu'on vient de mettre la main sur un attaquant international confirmé." Il possède l'arsenal complet: doué dans les petits espaces, bon dans le jeu aérien, techniquement au-dessus de la moyenne, relativement rapide. Il reconnaît maintenant que la Serie A n'était peut-être pas un championnat fait pour lui, mais il s'éclate en Bundesliga. Quand son forfait a été annoncé pour le match de mars dernier contre les Belges, les Tchèques y ont vu la plus mauvaise nouvelle de la journée. Les autorités ont refusé que les joueurs évoluant en Allemagne reviennent au pays pour disputer cette rencontre, à cause des risques de contamination. La génération actuelle a signé sa plus belle victoire contre l'Angleterre en éliminatoires de cet EURO. Les deux pays se retrouvent dans le même groupe. C'est une poule de retrouvailles pour les Tchèques: ils avaient déjà la Croatie dans leur groupe lors de l'EURO 2016 et ils ont affronté l'Écosse en Ligue des Nations 2020-2021. Depuis son indépendance, la République tchèque s'est toujours qualifiée pour la phase finale de l'EURO. Grâce notamment à quelques stars mondiales comme Nedved, Poborsky, Smicer, Rosicky, Cech, Köller, Baros. Par contre, elle ne s'est qualifiée qu'une seule fois pour la Coupe du monde, en 2006. Avec une élimination rapide à la clé. Tomas Soucek, star de West Ham et de la sélection, a une valeur marchande estimée à quarante millions d'euros. Il s'est illustré en marquant trois buts lors de la victoire 2-6 en Estonie, en ouverture de la campagne éliminatoire pour la Coupe du monde 2022. Au niveau personnalité, l'équipe a perdu énormément suite à la retraite internationale de Cech, mais Vaclik fait bien le boulot dans le but. Mais c'est surtout Soucek qui se charge de faire vivre la flamme depuis le milieu de terrain. Celui qu'on surnomme "le Fellaini tchèque" abat un boulot défensif monstrueux et participe à la plupart des constructions. C'est le vrai patron de l'équipe, son régulateur. Dans le trafic aérien, il ne lâche rien. Cette équipe est loin d'avoir le génie créatif des sélections d'avant et elle compense par un jeu en blocs, avec Kral qui aide Soucek à organiser la manoeuvre dans le milieu. Il reste dans sa zone quand Soucek se porte en zone de finition pour y exploiter son jeu de tête. Devant eux, Darida sait être très efficace quand il endosse un costume de deuxième attaquant tournant autour de la pointe.