Dans une bouffée de nostalgie, le Standard doit parfois penser à cette époque, à l'été 2009. Dans une ambiance d'enfer, il avait conquis un deuxième titre d'affilée. Les Rouches semblaient prendre le pouvoir du football belge. D'un coup, le Standard avait refait son retard financier sur Anderlecht, grâce aux quinze millions de la Ligue des Champions. Il semblait s'appuyer sur une base financière solide et un engagement qui n'ôtait rien à la subtilité et à la finesse de son jeu.
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Dans une bouffée de nostalgie, le Standard doit parfois penser à cette époque, à l'été 2009. Dans une ambiance d'enfer, il avait conquis un deuxième titre d'affilée. Les Rouches semblaient prendre le pouvoir du football belge. D'un coup, le Standard avait refait son retard financier sur Anderlecht, grâce aux quinze millions de la Ligue des Champions. Il semblait s'appuyer sur une base financière solide et un engagement qui n'ôtait rien à la subtilité et à la finesse de son jeu. Luciano D'Onofrio avait une large part dans ce succès. Il connaît le football, il possède un réseau international et à Sclessin, il était le seul patron. Pour succéder à Michel Preud'homme, il avait engagé Laszlo Böloni. Un Roumain indépendant qui ne voulait pas être un copain, qui ne supportait pas le laxisme, qui voulait prester. Bölöni a enrichi le club. Il tentait autant que faire se peut de combiner depuis l'arrière, sans perdre sa vue globale du jeu. Il a banni l'usage des longs ballons, propre au Standard la saison précédente. Rapidement, plus personne n'a parlé de Michel Preud'homme à Liège. Huit ans plus tard, les deux hommes sont à l'Antwerp et y entament une nouvelle vie en rouge et blanc. Luciano D'Onofrio avec son image toujours controversée et Laszlo Bölöni, dont les méthodes de travail avaient suscité tant d'irritation durant sa seconde saison qu'elles avaient conduit à une rupture. Apparemment réunis comme des frères pour la vie, D'Onofrio et Bölöni doivent maintenant parachever la réanimation de l'Antwerp. Avec la vision qu'ils avaient au Standard. C'est un risque dans ce club régi par ses émotions mais le Bosuil ne semble pas craindre les risques. La saison passée, John Bico y a bien atterri via Patrick Decuyper. D'Onofrio est naturellement d'un tout autre niveau, malgré son côté obscur. Le promoteur Paul Gheysens, devenu officiellement le nouvel homme fort après avoir opéré en coulisses durant une saison, va devoir prouver qu'il est capable de diriger ce club turbulent. Il ne suffit pas de parler d'un plan ambitieux par étapes et d'un stade de 50.000 places. De ce point de vue, Anvers veut ce qui n'est pas possible à Bruxelles. L'Antwerp reste un club fantastique, doté de supporters très critiques mais aussi très fidèles, même si son image est parfois tachée par quelques hooligans. En outre, la plus grande ville de Flandre mérite du football de haut niveau. Et des dirigeants qui savent ce qu'ils font. En tout cas, on ne s'ennuiera pas au Bosuil cette saison. Plus que jamais, suite à sa restructuration organisationnelle et sportive, le club va être examiné à la loupe. Certains observateurs sont sceptiques, des supporters sont réservés. Laszlo Bölöni personnifiait l'imprévisibilité au Standard. Parfois très accessible, il lui arrivait aussi de remballer les journalistes. À 64 ans, Laszlo Bölöni, sans club depuis deux saisons, est l'entraîneur le plus âgé de première division. Peu de clubs européens emploient encore des entraîneurs sexagénaires. Parce qu'ils comprendraient moins bien le mode de vie de la génération actuelle. Ici et là, on procède à un sérieux rajeunissement. La Belgique n'a pas encore opéré de réelle rupture de style, avec cinq entraîneurs quinquagénaires et seulement deux de moins de quarante ans. Il est bizarre que de jeunes entraîneurs belges n'émergent pas. Indépendamment de ça, les résultats sont évidemment sacro-saints. les entraîneurs restent les boucs émissaires idéaux pour camoufler les erreurs des dirigeants. On argue souvent d'un changement de philosophie sans que personne ne pose de questions. Cette saison ne fera pas exception. PAR JACQUES SYSOn ne va pas s'ennuyer au Bosuil.