LE COACH STEVE CLARKE

Né le 29 août 1963
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Né le 29 août 1963 L'Écosse de Steve Clarke est une équipe laborieuse, où le travail est le mot d'ordre. Clarke était un défenseur à l'ancienne qui, avec Chelsea, a remporté quelques trophées en fin de carrière, au sein du Chelsea des années 90, pas celui de Roman Abramovitch. S'il n'a pas réussi une grande carrière internationale (six sélections), il est devenu l'assistant de grands noms: Gullit (Newcastle), Mourinho et Grant (Chelsea), Zola (West Ham) et Dalglish (Liverpool). En 2012, il a voulu voler de ses propres ailes, mais ses expériences à West Brom et Reading n'ont pas été concluantes. Roberto Di Matteo l'a donc (brièvement) repris comme T2 à Aston Villa, en 2016. Cela s'est rapidement terminé, et après être resté un an sans travail, Clarke a retrouvé du boulot comme coach en Écosse, à Kilmarnock. En mai 2019, il a succédé à Alex McLeish à la tête de l'équipe nationale. Clarke a débuté par une victoire contre Chypre, mais s'est ensuite incliné 3-0 en Belgique. Une qualification directe pour l'EURO était alors impossible, il a fallu passer par les barrages. L'Écosse s'est qualifiée aux tirs au but, après deux partages. Ses caractéristiques? Une approche pragmatique, une bonne gestion humaine et la construction d'une équipe solide, sans fioriture. On ne doit pas attendre du football très soigné lorsqu'on assiste à un match à Hampden Park. Ses détracteurs lui reprochent parfois un manque de vision. Sous Clarke, l'Écosse c'est: fermer derrière, et advienne que pourra en attaque. Après 19 matches sous Clarke, l'Écosse en a officiellement gagné huit (les deux victoires aux tirs au but sont également considérées comme des succès). La récupération et le pressing s'exercent très bas, car l'Écosse ne possède pas de très bons défenseurs centraux. "L'Écosse n'a plus participé à un EURO depuis longtemps. C'est dû à la malchance, aux blessures, à un manque de talent, mais aussi à l'absence de managers capables de travailler avec des jeunes. C'est le grand mérite de Steve Clarke. Le deuxième est qu'il veut profiter de cet EURO pour bâtir l'avenir. Dans son noyau figurent trois joueurs qui ne comptent encore aucune sélection. Ils devront emmagasiner de l'expérience durant ce tournoi. Allan McGregor (39 ans) est un absent de marque. Il a livré une très bonne saison avec les Rangers, mais a décliné sa sélection. Tout le monde attend avec impatience le duel contre l'Angleterre. Le point fort de l'Écosse, c'est qu'elle très difficile à manoeuvrer. Les joueurs n'arrêtent pas de courir. Lorsqu'elle prend l'avance, ça devient très compliqué pour l'adversaire. Les joueurs, grâce à leur organisation, forment un bloc infranchissable. Ils se battent comme des lions. Un bémol, cependant: l'Écosse ne possède pas de grand attaquant. Si John McGinn est en forme, c'est toute l'Écosse qui se sent bien. Robertson et Tierney forment un duo redoutable à gauche, mais tout tourne autour de McGinn. S'il parvient à animer le jeu, l'Écosse pourrait réaliser un beau tournoi." L'un des jeunes que Frank Lampard avait lancé lorsqu'il entraînait Chelsea. Gilmour a été formé chez les Rangers et a déjà pu s'entraîner à quinze ans avec l'équipe première. Ça n'a pas échappé à Chelsea, qui l'a convaincu de renoncer à un contrat pro à Glasgow pour venir à Londres. Mais lorsqu'on est jeune, on connaît souvent des hauts et des bas. Ainsi, lorsque Gilmour a définitivement intégré le noyau A de Chelsea en février 2020, la crise du Covid a éclaté, et ensuite, il s'est blessé au genou. Pendant plusieurs mois, il a été contraint à l'inactivité. Puis il a dû faire face à une sérieuse concurrence au milieu: Kanté, Jorginho, Kovacic, Mount... Lorsque Tuchel est arrivé, on a eu l'impression que Gilmour recevrait moins d'occasions de se montrer. En janvier, il a voulu être prêté, mais l'Allemand a su le convaincre de rester. Il a de temps en temps reçu sa chance. Et a livré des prestations en dents de scie. Le pressing offensif de Tuchel ne semble pas fait pour lui, et on peut se demander s'il n'a pas intérêt à être prêté après l'EURO. Avec l'indisponbilité de Ryan Jack, une place s'est libérée dans l'entrejeu. Beaucoup se demandent si Gilmour, l'un des trois jeunes sans aucune sélection, pourra s'en emparer. Le tournoi n'arrive-t-il pas trop tôt pour un joueur qui ne compte encore que 28 matches pros et qui fêtera ses vingt ans trois jours avant le premier match? À partir de 1972, la Grande-Bretagne n'a plus inscrit d'équipe de foot aux JO. Elle a voulu le faire à nouveau dans l'optique de Londres 2012, mais la Fédé écossaise a refusé, craignant de mettre en péril son statut indépendant au sein de la FIFA. Aucun Écossais n'a participé au tournoi avec le Team GB, qui était composé de Gallois et d'Anglais. L'attaquant le plus efficace de l'histoire du football écossais est très certainement Hugh Gallacher. Entre 1924 et 1935, l'attaquant qui se produisait pour Newcastle United, puis pour Chelsea, a inscrit 24 buts en vingt séléctions internationales à peine. L'Écosse actuelle aurait bien besoin d'un tel finisseur. À l'EURO 1996, l'Écosse et l'Angleterre avaient déjà été versées dans le même groupe. L'ambiance à Wembley avait donné la chair de poule. Paul Gascoigne avait revêtu sa cape de super-héros. En 1928, les Écossais l'avaient emporté en gagnant 1-5. Cette équipe était entrée dans l'histoire en tant que Wembley Wizzards: les Magiciens de Wembley. 3-5-2, 3-4-2-1, 4-3-3, 4-5-1, 4-4-2, c'est selon... Au cours des derniers mois, Steve Clarke a constamment changé de système. C'est en jouant à trois derrière qu'il a ouvert les portes de l'EURO, mais lors des matches de qualification pour la Coupe du monde, il a aligné une défense à quatre. En d'autres termes, la préparation et l'intégration de trois débutants devront décider de la tactique. Comment Clarke parviendra-t-il à compenser l'indisponibilité de Ryan Jack? Avec un autre milieu ou en faisant monter McTominay, qu'il a souvent utilisé comme défenseur? Le flanc gauche est solide, avec Tierney et Robertson. Le principal problème se situe en attaque: l'Écosse n'a pas de vrai finisseur. L'équilibre dans l'entrejeu sera donc crucial. Clarke s'orientera-t-il vers la possession ou choisira-t-il plutôt des récupérateurs?