Voici un an et demi, Jan Mulder affirmait qu' Eric Joly était meilleur joueur de football qu' Enzo Scifo et Pär Zetterberg. 18 mois à peine, 18 mois déjà... Dans un premier temps, Patrick Remy fit de lui son vice-capitaine mais l'arrivée de Matthieu Verschuere le renvoya au second plan. D'Artagnan devait faire place à Asterix. Dans l'entrejeu gantois, Nasredine Kraouche, Sasö Gasjer et Gaby Mudingayi gagnèrent leurs galons de titulaires aux côtés de Verschuere.
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Voici un an et demi, Jan Mulder affirmait qu' Eric Joly était meilleur joueur de football qu' Enzo Scifo et Pär Zetterberg. 18 mois à peine, 18 mois déjà... Dans un premier temps, Patrick Remy fit de lui son vice-capitaine mais l'arrivée de Matthieu Verschuere le renvoya au second plan. D'Artagnan devait faire place à Asterix. Dans l'entrejeu gantois, Nasredine Kraouche, Sasö Gasjer et Gaby Mudingayi gagnèrent leurs galons de titulaires aux côtés de Verschuere. "Je n'ai commis qu'une erreur", reconnaît Eric Joly. "Quand j'ai été victime d'une pubalgie, j'aurais dû prendre du repos. Mais j'ai souhaité rendre service à l'équipe en continuant à jouer. Je voulais et devais retrouver la forme. Aujourd'hui, je le regrette car la plupart des gens ne savaient pas que j'évoluais et m'entraînais à 50% de mes possibilités. Je suis victime de ma bonté. En fait, j'ai compris avec Trond Sollied que tout dépendait de la confiance de l'entraîneur. Avec le Norvégien, j'avais pris une dimension supplémentaire. Il m'avait amené à un niveau que je n'avais jamais atteint auparavant. Sans beaucoup discuter, nous nous sommes rapidement compris. Il nous suffisait d'un regard. Nous ne parlions pas la même langue mais nos conceptions footballistiques étaient identiques. Sollied tentait d'utiliser au mieux mes qualités. Il savait que je voyais bien le jeu et que j'étais un bon passeur. J'étais son libéro, l'organisateur devant la défense. J'ai éclos et je me suis parfaitement adapté à son système, où la discipline avait énormément d'importance. Toutes les tâches étaient clairement définies. Il était important que je reçoive beaucoup de ballons et que je puisse les donner, comme Simons le fait aujourd'hui à Bruges. En fin de saison, j'ai été approché par le Standard et Anderlecht. Cela ne m'a pas perturbé, même si j'étais très flatté. Mais le président De Witte et le manager Louwagie ont voulu que je reste. Ils ont mis une somme incroyable sur ma tête. La confiance était mutuelle car j'ai signé un nouveau contrat de cinq ans. A la fin du compte, c'est eux qui m'avaient offert l'occasion de donner une nouvelle impulsion à ma carrière. Je ne l'oublierai jamais". Il a rendu visite au médecin des Bleus"Aujourd'hui, je reste convaincu qu'à court terme, La Gantoise est en mesure de devenir un des plus grands clubs belges et qu'elle peut être championne. La structure est présente et, d'un point de vue qualitatif, son noyau est le plus riche du pays. En ce moment, aucun club belge ne dispose d'un meilleur groupe. Je ne parle pas de 11 joueurs mais de 20 éléments de force égale capables de jouer au plus haut niveau. Ce groupe est très complémentaire. Lorsque la Réserve de La Gantoise a affronté celle d'Alost, je jouais aux côtés de Schepens, Vasov, Carrez, Christensen, Olcese, Gasjer et Hosny: tous ces joueurs auraient leur place dans n'importe quelle équipe de D1. La concurrence était terrible. Ce fut une période bizarre et cela ne pouvait plus continuer de la sorte. Depuis l'arrivée de Patrick Remy, j'ai disparu de l'équipe et j'ai sombré. Cette saison, par exemple, je n'ai joué que face à La Louvière et Anderlecht. Ce n'était pas un cadeau. J'ai couru comme un fou et j'étais sur le point d'exploser. Le plus frustrant, c'était de rester dans la tribune. A l'intérieur, je bouillonnais. Le seul reproche que je puisse me faire, c'est de ne jamais avoir pu montrer mon vrai visage. Remy m'avait pourtant confié pas mal de responsabilités en me nommant vice-capitaine aussitôt après son arrivée. Mais j'étais déjà blessé et je ne jouais qu'à 50 ou 60% de mes possibilités. Je ne pouvais pas répondre à son attente. D'un point de vue médical, j'ai pourtant épuisé tous les recours. J'ai même rendu visite au médecin de l'équipe nationale française, à Paris. Je me disais toujours que cela allait passer, malheureusement ce ne fut pas le cas. Je souffrais et n'en sortais pas. Sur le terrain, je forçais mais cela n'engendrait que des réactions négatives, y compris de la part des supporters. Dans ces moments difficiles, j'ai heureusement pu compter sur Cédric Carrez. C'est un véritable ami, comme on en rencontre très rarement dans les milieux du football. Car en principe, c'est la jungle: chacun pour soi. Il n'y a pas de place pour les sentiments. Cédric était en position difficile aussi. Au centre de la défense, il était la cinquième roue de la charette. Il pouvait juste dépanner si Cipi ou Vanic se blessait. Au Lierse, il fut le meilleur joueur sur le terrain et, une semaine plus tard, il était dans la tribune. Il a pourtant toujours gardé la tête froide. Il disait que, tôt ou tard, nous serions récompensés de nos efforts. Remy est un entraîneur très défensif"Il y a très peu de chances que je retourne à Gand la saison prochaine si Remy y est toujours car il n'y a pas de confiance mutuelle entre nous. Je suis un joueur qui aime se battre pour un entraîneur. Remy est un entraîneur très défensif. Son objectif consiste à ne pas encaisser. Evidemment, c'est ce qui fait la force de toutes les grandes équipes européennes. Pour beaucoup, Verschuere fait office de révélation mais on ne lui a pas trouvé de joueur complémentaire. Cette place, c'était la mienne! Si j'avais été à 100%, j'aurais joué. Mathieu est davantage un brise-lame tandis que, comme Anic, je suis plus offensif. La seule chose que je puisse reprocher à Remy, c'est de ne pas donner de responsabilités à ses joueurs. Il est souvent trop sévère à l'encontre des initiatives personnelles et cela irrite les joueurs les plus expérimentés. Certains joueurs ne sont plus des gamins qui se trouvent dans un centre de formation. Nous sommes tous des professionnels qui tirent à la même corde. Voilà seulement un mois que ma blessure est définitivement oubliée. Je me sens à nouveau bien dans ma peau et je n'ai plus mal. Cela prouve que je sais me battre. Par le passé, on m'a enterré plusieurs fois mais j'ai toujours refait surface. Ce sera encore le cas cette fois-ci. Je n'ai que 29 ans. J'espère repartir du bon pied après la trêve. Pour cela, il faudra que je joue beaucoup car il est clair que je manque de rythme. Six mois en Réserve, cela laisse inévitablement des traces".Frédéric Vanheule