Ibrahimovic est imprévisible.

Emilio Ferrera: Le sud de l'Europe se taille la part du lion dans le cadre de la Ligue des Champions. Seuls Manchester et l'Ajax sont encore en course afin de contester la supériorité latine du moment. L'Allemagne est absente même si Dortmund s'est joliment imposé à l'AC Milan. On aura noté avec attention le brio de quelques tours: Jan Koller, auteur du but en Lombardie, John Carew, qui a permis à Valence de sortir proprement l'Arsenal d' Arsène Wenger, et Zlatan Ibrahimovic de l'Ajax que Fabio Capello aimerait avoir dans les rangs de l'AS Rome.
...

Emilio Ferrera: Le sud de l'Europe se taille la part du lion dans le cadre de la Ligue des Champions. Seuls Manchester et l'Ajax sont encore en course afin de contester la supériorité latine du moment. L'Allemagne est absente même si Dortmund s'est joliment imposé à l'AC Milan. On aura noté avec attention le brio de quelques tours: Jan Koller, auteur du but en Lombardie, John Carew, qui a permis à Valence de sortir proprement l'Arsenal d' Arsène Wenger, et Zlatan Ibrahimovic de l'Ajax que Fabio Capello aimerait avoir dans les rangs de l'AS Rome. Ce sont des footballeurs complets, techniques malgré leur taille, et j'accorde une mention particulière au Suédois de la grande maison ajacide car il est imprévisible. Lui-même ne mesure pas où certaines de ses actions vont le mener. Il improvise, fait confiance à son sens de l'invention. Ces exemples ne signifient nullement, bien sûr, que les choix du top doivent désormais se porter sur des géants pour les divisions offensives. Je rappelle que Raul, du Real Madrid, n'est pas grand mais cela ne l'empêche pas d'être sacrément efficace, spectaculaire et talentueux. Tout est affaire de complémentarités. Koeman a changé la donne. L'Ajax et l'Inter constituent les deux surprises de la deuxième phase de la Ligue des Champions. Mais ces clubs ne doivent rien à personne. Leur réussite s'explique par la qualité des noyaux mais aussi par la personnalité de ceux qui les dirigent: Hector Cuper d'un côté, Ronald Koeman de l'autre. Le Hollandais a réussi à changer la donne, à moderniser le jeu de son club sans le dénaturer. L'Ajax était, reste et demeurera une référence sur la plan technique mais Ronald Koeman a inscrit ces atouts dans le football actuel. La rigueur et l'organisation font désormais partie du vocabulaire de ses joueurs. La nostalgie de la grande époque du football des années 70 n'est plus de mise. On parlait de football total à l'époque mais, avec le recul, le jeu est plus total de nos jours, différent en tout cas. Koeman est parvenu à faire la jonction, à remettre son groupe au goût du jour. Le compteur était resté bloqué à 1995 quand Louis van Gaal avait été jusqu'au bout de la Ligue des Champions. En ce qui concerne Hector Cuper, je considère qu'il est tout simplement le meilleur coach européen du moment. A ce niveau-là, il n'y a pas de hasard. L'Argentin réorganise toujours tout de fond en comble dans les clubs où il travaille. Avec des moyens limités par rapport à la concurrence, il avait propulsé Majorque au top du football espagnol. Mieux, il prit part à une finale de Coupe des Coupes avec ce club. Il fit plus fort encore avec Valence qu'il propulsa deux fois en finale de la Ligue des Champions. C'est tout simplement exceptionnel. Hector Cuper peut finalement réussir le même genre de truc sportif avec l'Inter. C'est méthodique, c'est précis et brillant au bout du compte même s'il y a des hauts et des bas. Je suis persuadé que Koeman et Cuper ont de grandes chances d'atteindre le dernier stade de cette Ligue des Champions. La forteresse bâloise. Parmi les éliminés de la deuxième phase, je retiens tout de même l'exemple des Suisses du FC Bâle. Leur trajectoire peut et doit inspirer les clubs belges qui soulignent souvent leur absence de moyens financiers. Bâle n'est guère plus riche que nos grands clubs. Là, on a déniché de bons joueurs dont je n'avais jamais entendu parler sur la scène internationale. Je connaissais le gardien de but Zuberbühler ou Barberis mais pas les autres. J'ai été séduit, notamment, par le potentiel d' HakanYakin. Leur stade est devenu une véritable forteresse où seul Manchester United s'est imposé (1-3). Les autres y ont été secoués et y ont laissé des plumes. En Belgique, il y a moyen de créer des ambiances semblables à celle qui règne au FC Bâle. Et les Belges ont aussi l'art de dénicher des joueurs dont on n'a pas encore entendu parler. La suite des événements sera forcément passionnante. Les 8, 9, 22 et 23 avril, nous aurons droit à des affiches de rêve, à des finales avant la lettre.