Ce ne sera que la troisième fois dans l'histoire de cette vénérable épreuve qu'un joueur belge aura l'honneur de fouler la pelouse de Wembley. Nico Claesen était monté dans les prolongations lors de la défaite de son équipe, Tottenham, face à Coventry (3-2) en 1988. Quant à Philippe Albert, il n'avait même pas eu cet honneur, dix ans plus tard, demeurant sur le banc lors de la défaite des Magpies de Newcastle face à Arsenal (2-0). Onze ans plus tard, Marouane Fellaini pourrait devenir le premier Belge à soulever ce trophée, vieux de 137 ans.
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Ce ne sera que la troisième fois dans l'histoire de cette vénérable épreuve qu'un joueur belge aura l'honneur de fouler la pelouse de Wembley. Nico Claesen était monté dans les prolongations lors de la défaite de son équipe, Tottenham, face à Coventry (3-2) en 1988. Quant à Philippe Albert, il n'avait même pas eu cet honneur, dix ans plus tard, demeurant sur le banc lors de la défaite des Magpies de Newcastle face à Arsenal (2-0). Onze ans plus tard, Marouane Fellaini pourrait devenir le premier Belge à soulever ce trophée, vieux de 137 ans. Le terme vénérable sied parfaitement à cette compétition qui s'est à ce point inscrite dans l'imaginaire collectif que même les iconoclastes en matière de football savent de quoi il en ressort. Un peu comme le rituel du thé à 17 heures ou celui du Pub à peine plus tard, la Cup sent bon l'Angleterre. En 1871, on ne parlait pourtant pas vraiment du même sport. Le football en était encore à ses balbutiements lorsque Charles William Alcock décida de créer une épreuve de Coupe qui devait réunir tous les clubs de la Football Association. Cela ne faisait à peine que huit ans que six collèges s'étaient réunis pour établir et harmoniser les règles du football en fondant la FA. Six collèges mais déjà une scission puisque l'envoyé du collège de Rugby refusa d'abandonner le jeu à la main. Ce collège créa alors son propre sport. La Cup naquit 17 ans avant le premier championnat anglais, preuve de la précocité de cette épreuve. A l'époque, elle ne réunissait que des clubs aux sonorités exotiques (Shropshire Wanderers, Royal Engineers, Queens Park, Hitchin, Barnes, Civil Service, Crystal Palace, Hampstead Heathens, Great Marlow, Upton Park, Maidenhead et Clapham Rovers) et tous les matches se disputaient à Londres ce qui avait entraîné le forfait de clubs de Sheffield et de Nottingham qui n'avaient pu trouver l'argent nécessaire pour effectuer le voyage. Queen's Park était cependant venu de Glasgow pour participer à l'événement. Les Ecossais, exemptés des premiers tours, débarquèrent en demi-finale, arrachèrent le partage mais ne purent pas disputer le replay faute d'argent. Il fallut donc attendre 1882 pour trouver la trace d'une victoire finale d'un club de province. L'histoire a retenu qu'il s'agissait de Blackburn, qui rencontrait pourtant Old Etonians, en finale depuis cinq ans. A l'époque, la finale se disputait encore au Kennington Oval de Londres car Wembley n'accueillit l'épreuve qu'en 1923. Si les noms des premiers participants (sauf peut-être Crystal Palace) sont tombés dans l'oubli, Maidenhead et Marlow ont pourtant participé à toutes les éditions de la Cup depuis 1872. En 1927, Cardiff crée la sensation en devenant la première (et l'unique) équipe à rapporter le trophée en dehors de l'Angleterre. La rumeur raconte que cette année-là, les footballeurs avaient été troublés par la présence d'un chat noir au bord du terrain lors de tous les entraînements. Un joueur est alors désigné pour convaincre le propriétaire du chat de leur permettre de se servir de l'animal comme mascotte. Il participa à tous les déplacements dans son panier et mena Cardiff à la finale. Le Pays de Galles était en ébullition : 300.000 demandes de ticket arrivèrent au siège de la FA. Pas grave, toute la région suivit la rencontre à la radio et Hughie Ferguson devint un héros grâce au but qu'il inscrivit en finale. Avec 271 buts en 281 matches, il s'érigea en icône de Cardiff mais, transféré à Dundee, il ne retrouva jamais son efficacité galloise. Il sombra dans la dépression et se suicida à 33 ans. C'est lui qui avait persuadé le propriétaire du chat noir ! En 1958, la finale se disputa à peine trois mois après la catastrophe de Munich. Manchester United, opposé à Bolton en ce 3 mai, avait été décimé suite à un accident d'avion à Munich. Les survivants, emmenés par Bobby Charlton, ont tout donné pour se frayer un chemin en finale et suscité l'admiration du pays entier. En trois mois, Charlton était passé du statut de jeune prometteur à celui de leader. Sur le banc, Jimmy Murphy remplaçait Matt Busby, encore convalescent, et avait dû puiser dans les équipes de jeunes pour entourer Charlton et Harry Gregg. Mais Bolton était trop fort et s'adjugea la finale. Déçus, les Red Devils se virent consoler par Busby, descendu péniblement à l'aide d'une canne sur la pelouse pour leur dire que le fait d'être en finale démontrait assez l'étendue de l'exploit. En 1979, alors que Margaret Thatcher arrivait au 10 Downing Street, Arsenal signait un exploit. Plus tôt dans la compétition, les Gunners avaient dû batailler à cinq reprises pour sortir Sheffield Wednesday, pourtant en troisième division. En effet, en cas d'égalité, le replay était de mise. Quelques années plus tôt, en 1971, il avait fallu six matches pour départager, au 4e tour, Alvechurch et Oxford City. Les penalties n'apparurent qu'en 1994 et ne furent tirés pour la première fois qu'en 2005. En finale, Arsenal était opposé à Manchester United. La rivalité entre les deux clubs n'était pas encore née et Arsenal survola cette finale en inscrivant deux buts mais à la 85e et la 87e, Manchester réussit à retourner la situation. Il ne fallut pas plus d'une minute (la dernière du match) pour qu'Arsenal ne cloue définitivement Manchester grâce à Alan Sunderland. Les supporters étaient passés par toutes les émotions ! Toutefois, la Cup génère également des déceptions. En 1983, Manchester United, le recordman de victoires (11 trophées), rencontra Brighton and Hove Albion, club qui venait d'être relégué quelques jours plus tôt. Manchester remporta aisément cette finale lors d'un replay 4-0 mais à l'occasion du premier match, à deux minutes de la fin de la prolongation, Gordon Smith, l'attaquant écossais de Brighton, parfaitement isolé, échoua sur le gardien. A l'époque, le commentateur s'était écrié - And Smith must score. Cette occasion ratée a à ce point marqué les supporters de Brighton qu'aujourd'hui, le fanzine du club porte le nom de " And Smith must score ". Il n'y a donc pas que les buts de légende qui restent gravés dans les mémoires. Parfois, un loupé trois étoiles entre également dans l'histoire ! Mais l'histoire continue. En 1986, alors que l'Europe a décidé de bannir l'Angleterre de toute compétition européenne suite au drame du Heysel, la finale opposa sans doute les deux meilleures équipes du monde : Liverpool et Everton. La qualité était présente mais l'intensité d'un derby allait dépasser tout le reste. Liverpool, avec Kenny Dalglish à sa tête comme joueur-entraîneur, allait s'adjuger le doublé (Coupe-championnat) grâce notamment à un but de Ian Rush (qui dans toute sa carrière en a inscrits 29 contre l'ennemi) et avec une formation qui ne comprenait aucun Anglais (mais quatre Ecossais, trois Irlandais et un Gallois). L'année suivante, Liverpool rendait son trophée en finale contre Wimbledon (1-0) à la surprise générale. A l'époque, Liverpool symbolisait le beau jeu alors que Wimbledon était composé de bûcherons, capables uniquement de durcir le jeu. On les avait d'ailleurs baptisé le Crazy Gang dont le leader était sans conteste Vinnie Jones (devenu acteur des films de Guy Ritchie), qui, en fin de carrière publia notamment un livre dans lequel il expliquait les ficelles pour jouer dur. Le commentateur de l'époque avait dit de cette finale qu'elle opposait le Culture Club au Crazy Gang. En 1989, Liverpool disputa un autre derby en finale de Cup. Cette édition était encore davantage chargée d'émotion puisque la rencontre se disputait quelques semaines après le drame d'Hillsborough durant lequel 96 supporters des Reds avaient trouvé la mort. Les deux camps chantèrent à l'unisson le You'll never walk alone et en mémoire de ses supporters, Liverpool s'arracha pour gagner 3-2 grâce à deux buts de l'inévitable Ian Rush. par stéphane vande velde