Que ce soit à la Cosa, le local des Ultras-Inferno au Bois d'Avroy, près du stade du Standard, ou dans la grande salle que le patron du Pizza Bar Luciano, à Seraing, met à la disposition des fidèles de Publik Hysterik, des jeunes et des moins jeunes préparent les bâches, nettoient les pinceaux, terminent les messages, s'encouragent, chantent déjà.
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Que ce soit à la Cosa, le local des Ultras-Inferno au Bois d'Avroy, près du stade du Standard, ou dans la grande salle que le patron du Pizza Bar Luciano, à Seraing, met à la disposition des fidèles de Publik Hysterik, des jeunes et des moins jeunes préparent les bâches, nettoient les pinceaux, terminent les messages, s'encouragent, chantent déjà. Leur tifo respectif doit en mettre plein la vue aux supporters d'Anderlecht qui leur rendront visite lors de la prochaine journée de championnat. Ils veulent assumer, plus que jamais leur rôle de douzième homme, être la voix exigeante, ambitieuse et porteuse d'émotions des tribunes. " Nous sommes une opinion, pas un pouvoir ", avance Fabrice Pavone, sous le regard approbateur du fondateur de Publik Hysterik, Didier Stevens, et de jeunes de leur groupe : Jonathan, Igor et Laetitia. " Pour les Ultras, il y a des choses importantes : le groupe, le club et notre indépendance ", affirme David, soutenu tout de suite par ses amis Nico, Pirou, Polo et Fa. " Nous avons été aidés et compris par la Famille des Rouches, qui regroupe les clubs de supporters du Standard sous la présidence de Louis Smal, mais depuis cette saison, notre mouve est totalement autonome. Les Ultras-Inferno gèrent leurs recettes et leurs dépenses. Nous refusons les subsides car cet argent venu d'ailleurs finirait tôt ou tard par hypothéquer notre liberté, donc notre authenticité et notre raison d'exister ". Si Publik Hysterik est né le 9 avril 2004, le jour d'un... Standard-Anderlecht, les Ultras-Inferno fêteront leur dixième anniversaire en 2006. Leur premier tifo date du 17 août 1996 à l'occasion de la visite de Lokeren à Sclessin. Mirko et Tonio furent les pères des Ultras-Inferno avant de s'en éloigner. Les premières racines de ce mouvement remontent cependant jusqu'en Italie au milieu des années '70. A une époque troublée, des jeunes issus du monde ouvrier et de la classe moyenne se regroupent dans les stades, à l'image des hooligans des clubs anglais qu'ils veulent imiter. Plus tard, des jeunes plus nantis les retrouvent et des courants politiques, principalement d'extrême gauche, s'infiltrent parmi eux car le football est déjà une énorme caisse de résonance. Les Rangers d'Empoli sont considérés comme le premier véritable groupe ultra de l'histoire. Ils sont rejoint un peu plus tard par le célèbre Fossa dei Leoni (AC Milan, récemment dissout suite à des infiltrations et de nombreux conflits internes), le Commando Ultrà Curva de l'AS Rome, etc. Petit à petit, une nouvelle philosophie se met en place : c'est un moyen d'expression de la jeunesse. Le langage et le nom des groupes sont corsés afin de frapper les imaginations dans un monde où les sides anglais occupent le haut du pavé. Ils veulent se positionner dans les stades, prouver leur existence. La mort d'un tifosi romain, Vincenzo Paganelli, en 1979, génère une véritable mutation des Ultras-Inferno qui abandonnent progressivement la violence. La touche latine, par rapport aux sides anglais, est évidente. Le kop du Standard est né en 1968. Des jeunes, dont un futur journaliste, Daniel Renard, suivent la retransmission télévisée de la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions (Manchester United-Benfica, 4-1) et sont épatés par l'ambiance instaurée par les supporters anglais. Ils importent ce modèle dans un stade rouche déjà réputé pour la chaleur de ses supporters. Le kop est toujours là et reste fidèle à son appellation Enfer de Sclessin. Le mot enfer fut ensuite traduit en anglais (Hell-Side) ou en italien (Inferno), comme pour réunir les générations. " La moyenne d'âge des Ultras ne dépasse pas les 20 ou 21 ans ", affirme David. " L'honneur occupe une place importante dans notre style de vie. Il faut comprendre notre mentalité. Nous partageons la même tribune que le Hell-Side. Il y a parfois eu des tensions mais c'est le passé et le courant passe bien car le but de chacun est de soutenir le Standard. Cette passion nourrit notre vie 24 h sur 24. Elle s'exprime par des chants, des bâches, des tifos. C'est spectaculaire et cela cache un travail immense. Un grand tifo nécessite beaucoup d'énergie, de temps et d'argent. Nous investissons parfois plus de 2.500 euros et il faut aller chercher le matériel aux quatre bois de la Belgique, parfois même à l'étranger, en Italie. Cela demande un budget. Les Ultras récoltent leurs fonds via le merchandising : vente de gadgets, de vêtements, maillots et autres équipements dans notre local, au Bois d'Avroy. Nous avons un fanzine, un site internet, etc. Notre local est le point de ralliement. Nos sympathisants viennent de partout en Belgique. Nous avons prévu quelque lits pour ceux qui n'ont plus le moyen de rentrer chez eux après un match. Les thèmes de nos tifos sont soigneusement définis. La législation est hélas trop sévère. On nous empêche d'utiliser nos fumigènes et autres feux de Bengale. Or, ce sont des outils d'expression importants dans la philosophie ultra. Il n'y a pas moyen de discuter avec les autorités alors que nous pourrions facilement gérer les problèmes de sécurité dus à l'utilisation de fumigènes. Si on interdit tout, les jeunes pourraient retrouver d'autres moyens d'expression comme dans le passé : ce serait dommage. Certains ont été condamnés pour des broutilles. Nous sommes en phase avec les réalités économiques, sociales et même politiques du pays. Le Standard est un acteur important de sa région. Quand la sidérurgie se pose des questions, nous nous posons tous des questions. Et les joueurs doivent mesurer qu'ils ne seraient rien sans l'univers qui les entoure ". Les Ultras-Inferno sont engagés mais pas question des les contrôler. Le PTB (Parti des travailleurs de Belgique, extrême gauche) tenta de distribuer des tracts au pied de la tribune terril mais la tentative fut étouffée dans l'£uf. Deux skinheads furent repérés un jour auprès des Ultras-Inferno : ils furent tout de suite éjectés. " Les Ultras-Inferno sont de gauche ", lance Pirou. " C'est indiscutable. Cela signifie que nous nous opposons au racisme. Si quelqu'un se permet la moindre remarque à propos des origines d'un joueur, il doit rendre des comptes : nous n'admettons pas de tels débordements. Ce n'est pas le cas partout en Belgique, certainement pas au Germinal Beerschot où l'extrême droite est présente dans le stade. On nous interdit parfois de déployer nos bâches à l'extérieur alors qu'eux, ils exposent leurs messages haineux. Nous entretenons de bonnes relations avec les Ultras d'autres clubs comme ceux de Charleroi. Notre emblème, c'est le Che. Ce n'est pas un hasard. Ernesto Guevara est une légende, certes, mais il est impossible d'oublier qu'il fut d'abord un homme libre. Libre comme nous. Personne ne le contrôlait, personne ne fera des choix pour nous. Nous participons régulièrement à des tournois de football anti-fascistes organisés par des clubs ultra à l'échelle européenne, que ce soit en Italie, en France, en Allemagne, etc. A Sclessin, nous avons organisé des collectes de vêtements. Quand nous en avons la possibilité, nous offrons des billets aux jeunes défavorisés de Droixhe qui ne peuvent pas s'offrir le luxe d'assister à un match de D1. En accord avec le Hell-Side, le Kop et le PHK, les Ultras-Inferno participeront à une récolte de vivres non périssables avant le match contre Roulers. Ce n'est pas la première fois et c'est important. Nous avions songé à distribuer ces denrées aux sans-abri via nos propres canaux. C'est impossible et le plus sage est de passer par les Restos du C£ur ". Le tifo des Ultras-Inferno vaudra certainement le coup d'oeil face avant le coup d'envoi du match contre Anderlecht. Le noyau de Ultras s'active et il sera rejoint par une foule de sympathisants, d'acteurs d'un moment magique. " C'est beau Sclessin qui vibre ", dit Polo. " Sans le Kop, le Hell-Side et les Ultras depuis 10 ans, il n'y aurait plus d'ambiance dans ce stade. Nous avons préservé cet héritage, cette culture. Il y a de quoi en être fier. Les tifos doivent être beaux, grandioses, intéressants pour impressionner l'adversaire et ses supporters et montrer à nos joueurs que nous sommes là, avec eux. Quant tout est parfait, c'est du bonheur de voir ces voiles, ces bâches, ces messages s'élevant contre le racisme et les fermetures d'usines, cette ambiance, cette émotion quand nous disons au revoir à un Ultra ou à un gamin fauché par la malchance. Il y a parfois eu des messages très durs : et alors ? Nos joueurs doivent supporter la pression et être fiers, se battre même quand cela ne tourne pas. Nous n'avons pas épargné Ivica Mornar quand il est revenu à Sclessin avec Anderlecht. Il avait déclaré dans la presse que le public bruxellois l'avait épaté depuis qu'il y avait joué avec Hajduk Split. Et le Standard ? Oublié ? Nous avons réglé nos comptes avec quelques mots bien affichés. Pour nous, c'était un traître car il avait oublié Sclessin. Il faut parfois choquer pour réveiller les gens ". Polo sourit : avec ses 34 ans, il est l'ancien, le papy, le grand frère de la bande et sa bonhomie est rassurante. Il a vécu tous les bouleversements, tout ce qui a permis au stade de changer de profil. Le stade est désormais devenu un point d'ancrage important dans la ville. En Angleterre, le temps des matches à risques est révolu. Les stades ont été modernisés et offrent désormais des champs d'expression à toutes les couches de la population. L'Etat, la fédération (FA) et la Ligue Professionnelle investissent chacun 22 millions d'euros par année dans des projets sociaux. Cela offre une magnifique enveloppe de 66 millions d'euros : c'est énorme. Le club de Charlton a installé une crèche, une école (avec un apport financier de l'Union européenne), une salle de fitness dans son stade, etc. En été, le club organise des matches de football dans les quartiers de la ville, collabore avec 63 écoles où les élèves sont conseillés à propos de l'alimentation et des dangers de la drogue. Près de 23 % des jeunes de Charlton ont été attirés vers le football par ces actions sociales et de proximité. Une étude a prouvé que ce club entre ainsi en contact avec 366.000 personnes qui ne s'intéresseraient pas au football sans ce changement de cap. Les enfants de familles en difficultés financières peuvent assister gratuitement aux matches de l'équipe Première de Charlton. Ailleurs, des vedettes de Premier League rencontrent des jeunes, participent à des entraînements, discutent et présentent des livres. Les stades ont retrouvé leur place dans la cité, accueillent de plus en plus de spectateurs. La Belgique ne pourra jamais investir de tels montants dans et autour de ses stades. La secrétaire d'Etat Els Van Weert s'active afin de consacrer 300.000 euros dans différents projets. C'est un premier pas et, demain, des fonds plus importants pourraient être trouvés. Est-ce que cela pourrait intéresser les Ultras ? " Non, pas du tout ", déclare Nico. " Ce ne serait pas notre argent. Si cela peut développer d'autres projets, tels la formation ou la diminution du prix des billets pour tous, tant mieux. Il faut que tout le monde y trouve son compte ". Els Van Weert assistera à Standard-Roulers à l'invitation du fan coaching et de la Famille des Rouches qui regroupe 63 clubs de supporters, 50 francophones et 13 néerlandophones. " Michel Forêt fut le premier à me demander si je ne pouvais pas m'occuper des clubs de supporters du Standard ", se souvient LouisSmal, le concepteur de la Famille des Rouches. " J'ai joué à Herstal durant ma jeunesse mais j'ai toujours été un fanatique du Standard. Le Standard est un mythe, le porte-drapeau d'une région. Les jeunes s'identifient à ce club. Tout ce qui se fait en Angleterre, nous y avons pensé au Standard où le fan coaching a réalisé des miracles. En 1998, Luciano D'Onofrio a repris le club avec Robert Louis-Dreyfus et ils ont insisté afin que le dialogue avec les supporters s'approfondisse. Les Ultras avaient déjà organisés des tifos. Il fallait les écouter, aller à la rencontre du Hell-Side, du Kop. Nous les avons encouragés, offert une aide financière, car leurs animations du stade étaient magnifiques. L'ASBL Famille des Rouches est née en 2001. Michel Juvigné (responsable des infrastructures à Sclessin) et Christian Hannon (chargé de la sécurité du stade) sont mes collaborateurs au sein de la Famille des Rouches. Ils assument un rôle important dans ce dialogue. Grâce en grande partie à nos efforts, le nom- bre d'abonnés a triplé au Standard : nous sommes désormais 15.000. Ce chiffre ne cessera de croître ". " La Famille des Rouches a déjà sponsorisé pas mal de manifestations. Et ce n'est qu'un début. Le climat est désormais positif. Sans la Famille des Rouches, il y aurait certainement eu une scission entre les supporters francophones et flamands du Standard. Ce n'est pas le cas et nos amis flamands sont dignement représentés par Eddy Janssis dans notre conseil d'administration. Le stade de Sclessin a retrouvé toute sa superbe, c'est un endroit festif. C'est chaud, c'est chaud, c'est un enfer dans un milieu d'ouvriers, d'usines. Les jeunes s'interrogent car leur univers change. Auront-ils du travail demain alors que la sidérurgie cède sa place à la logistique, que ce soit à l'aéroport de Bierset ou ailleurs ? Je pense que oui car j'ai confiance et je crois aux potentialités de la région. Mais ils ont le droit de poser des questions via leur passion pour le football. Le stade est leur mode d'expression, leur fierté. Il faut les aider à canaliser leur formidable énergie. Je suis là pour les aider. Parler, c'est important. Ils ont parfois été très loin, c'est vrai. Après une défaite, certains ont voulu asperger les voitures des joueurs avec de l'huile de freins. Bonjour les dégâts. Après une longue discussion, cette huile de freins a été remplacée par de la farine. C'était quand même plus ludique et les joueurs ont compris le message. Els Van Weert va découvrir une ambiance formidable. Nos supporters sont des pionniers, des inventeurs d'ambiance en Belgique. Ils sont de plus imités dans d'autres stades où il y aussi des tifos. C'est bien. Les autorités en ont désormais compris l'importance de ce phénomène de société. Si cela nous permet, avec le fan coaching, d'accentuer le rôle social du club, ce sera parfait. Je m'attends à un tifo de toute beauté contre Anderlecht. " Publik Hysterik est le dernier bébé du stade de Sclessin. Ce groupement a repris de l'ampleur. " Nous ne sommes évidemment pas aussi nombreux que les Ultras ", raconte Didier Stevens, le fondateur de Publik Hysterik. " Au fil du temps, nous avons remarqué que notre présence et notre philosophie plaisaient à de plus en plus de monde. Cette saison, il y a quand même 450 abonnés dans notre coin. Or, en 2004, il n'y avait quasiment personne dans cette partie de tribune côté Meuse. Elle était même envahie par les supporters adverses qui y accrochaient leurs messages lors des grands matches. Ce fut le cas d'Anderlecht et je ne supportais pas le spectacle : ses supporters s'installaient comme s'ils étaient chez eux. Je me rends parfois à Marseille et c'est en me rendant à l'OM que je me suis dit qu'il était temps de partir à la conquête de cette tribune. Elle était déserte, il fallait la remplir. Je ne voulais certainement pas entrer en concurrence avec les Ultras, le Hell-Side ou le Kop. Non, il s'agissait uniquement de développer une alternative à ceux qui, par exemple, ne se retrouvent pas nécessairement dans la vision des Ultras. Ce ne fut pas une aventure facile. Cela demande beaucoup de travail d'organisation avec les tifos, le fanzine, le site internet, la trésorerie ". " Les jeunes sont très actifs. J'espère que d'autres reprendront ensuite le témoin. Au départ, même la direction n'y croyait pas. Quand 20 pauvres gars se lancent ainsi tête baissée dans une telle aventure, cela peut faire sourire. Si la tribune terril a été mythique, ce fut le cas aussi de celle côté Meuse, qu'on appelait aussi autrefois tribune Vercours. Pour nous, c'est désormais la Torcida Meuse. Il s'agit d'une allusion au football sud-américain. Nous adorons l'ambiance brésilienne. Après un petit temps, on nous proposa de déménager. Là, nous avons poliment mais fermement refusé. Cette tribune était désormais notre territoire. Il était hors de question de nous promener aux quatre coins du stade. La réaction fut ferme. Nous avons pu compter sur la compréhension de Pierre François, le directeur du Standard. Des filets de sécurité nous séparent des supporters adverses. Le PHK (Publik Hystérik) a une appellation qui résume tout : le Standard est notre vie. Il n'y a pas de référence à Ernesto Che Guevara dans notre cas. Je ne crois que les jeunes d'aujourd'hui savent exactement qui était ce révolutionnaire argentin qui a notamment soutenu FidelCastro lors de la révolution cubaine. On ne retient désormais que son look d'enfer et ce portrait, le plus diffusé au monde, qui est synonyme de lutte. Ce n'était pas notre tasse de thé. Nous avons cherché autre chose qui soit plus en relation avec notre passion. L'enfer, c'est l'enfer, pas besoin de l'avoir dans son nom, c'est gravé dans nos c£urs. Nous sommes des hystériques du Standard. Ce nom PHK nous a parfois posé des problèmes à l'étranger. En Turquie, il a été confondu avec le PKK des Kurdes. Il a fallu faire comprendre aux autorités turques que ce n'était pas comparable. Il n'y a ensuite pas eu de problèmes à Besiktas. Nous sommes paisibles mais pas question de se laisser marcher sur les pieds. En cas de pépins, je suis certain que le Hell-Side, entre autres, nous prêterait main forte. Quand cela va mal, on affiche notre avis même à l'entraînement. Un jour, Ivica Dragutinovic nous demanda de décrocher une de nos banderoles. Les joueurs n'étaient pas à l'aise : pas question car le but recherché était de les responsabiliser, rien de plus. Nous apprécions beaucoup Sergio Conceição mais aussi Vedran Runje ou Philippe Léonard. Ils assument leurs responsabilités ". Fabrice approuve tout de suite : " J'ai eu l'occasion de discuter longuement avec Sergio Conceição. Il a souffert dans la vie, il a même eu faim, comme mes parents qui ont dû quitter l'Italie pour trouver du travail en Belgique. Il comprend notre langage, nos problèmes, nos rêves, notre fierté. Si quelqu'un peut nous emmener vers le titre, c'est d'abord lui. Il est resté au Standard parce qu'il n'a pas réussi à nous offrir la Coupe de l'UEFA la saison passée : une telle attitude mérite le respect ". PIERRE BILIC" NOUS SOMMES DE GAUCHE ET NOUS LUTTONS CONTRE LE RACISME " (ULTRAS-INFERNO)