La volée de Jean-Pierre Papin est entrée dans l'histoire sous le nom de Papinade, un penalty brossé en plein milieu en 1976 continue à porter le nom d' Antonin Panenka et Johan Cruijff reste associé au Pivot, un mouvement de passe exécuté en tournant sur sa jambe d'appui. Au Mondial 1998, un attaquant mexicain a surpris le monde avec la Cuauhtemina, rebaptisée Blanco Trick ou Blanco Bounce dans les pays anglo-saxons. C'est la marque de fabrique de Cuauhtémoc Blanco, qui avait littéralement collé le ballon entre ses jambes pour échapper à deux défenseurs sud-coréens.
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La volée de Jean-Pierre Papin est entrée dans l'histoire sous le nom de Papinade, un penalty brossé en plein milieu en 1976 continue à porter le nom d' Antonin Panenka et Johan Cruijff reste associé au Pivot, un mouvement de passe exécuté en tournant sur sa jambe d'appui. Au Mondial 1998, un attaquant mexicain a surpris le monde avec la Cuauhtemina, rebaptisée Blanco Trick ou Blanco Bounce dans les pays anglo-saxons. C'est la marque de fabrique de Cuauhtémoc Blanco, qui avait littéralement collé le ballon entre ses jambes pour échapper à deux défenseurs sud-coréens. Une figure riche en couleurs, sans détours, insoumise, controversée, dont la vie se lit comme le scénario d'un feuilleton TV, une telenovela, un genre très populaire dans son pays, qui enchaîne les thèmes comme la pauvreté, les coups durs et la chance, la violence, la politique, la corruption. Cuauhtémoc Blanco a grandi à Tepito, un quartier de... Cuauhtémoc, un des plus miséreux et violents quartiers de Mexico City. Le petit et vaillant Blanco avait un atout : il savait jouer au football. Pour autant que ce soit au Mexique, comme l'avenir allait le révéler. Il s'est expatrié à deux reprises. Sa location au Real Valladolid, à 27 ans, a été marquée par une petite éclaircie en deux saisons : un coup franc magistral en déplacement au Real Madrid. Victime d'une fracture de la jambe, il a été longtemps sur la touche et a souffert du mal du pays. Il a fait un peu mieux durant ses trois saisons au Chicago Fire, où, à 34 ans, il a été élu ... Newcomer of the Year, mais la Major League Soccer a surtout constitué son ultime chance de monnayer son talent : 2,4 millions d'euros par an. À sa grande surprise, il n'était plus le bienvenu au Club América, où il avait débuté en équipe première à 19 ans et où il était revenu à trois reprises après son départ. Malgré de rudes échanges verbaux, l'avant n'avait pas voulu raccrocher et après une longue série de petits clubs, Las Aguilas (Les Aigles) l'avaient accueilli. Le 5 mars 2016, à 43 ans, bourgmestre de Cuernavaca, il a pu renfiler une fois le maillot du club de son coeur. Il a exécuté une Cuauhtemina, en version ralentie, a touché la latte et a fait ses adieux sous les acclamations du public. " Pouvoir jouer pour mon pays m'emplit toujours de fierté. Chaque fois que j'entendais l'hymne national, je devais contenir mes larmes ", raconte-il en revenant sur sa carrière pour El Tri, qu'il a mené au succès en Coupe des Confédérations 1999 tout en étant meilleur buteur ex-æquo. L'été 2010, à 37 ans, il a été sélectionné pour sa troisième Coupe du monde alors que quatre ans plus tôt, Ricardo La Volpe l'avait laissé à la maison, au grand désespoir de ses supporters, qui avaient été des centaines à manifester leur mécontentement devant le bâtiment de la fédération. " Blanco est le footballeur le plus populaire de notre histoire ", a déclaré le journaliste Carlos Puig. " Nous en avons certainement eu de meilleurs mais de plus populaires ? Non. Jamais. " Cette popularité a lancé sa carrière politique, qu'il a entamé au petit Partido Socialdemocrata. " Cet homme peu cultivé qui a grandi dans une banlieue n'était pas capable de former une phrase correcte mais à ce moment-là, la population était lasse des politiciens professionnels ", explique le journaliste Juan Villoro en revenant sur la campagne 2016 qui lui a permis de devenir bourgmestre de Cuernavaca. Il a rapidement été accusé de corruption et il a entamé une grève de la faim quand on a voulu le priver de son maïorat mais il a fini par démissionner en 2018 pour briguer le poste de gouverneur de Morelos. Avec succès, une fois de plus.