La semaine passée, dans le cadre des bons v£ux du président Dominique Leone, les Dragons étaient invités au cinéma. Au programme : I am a legend, film de science-fiction de Francis Lawrence avec Will Smith en vedette. Le titre aura certainement donné quelques idées aux nouveaux transfuges de l'Albert, rêvant secrètement de s'inscrire parmi les gloires du club en sauvant celui-ci des affres de la relégation.
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La semaine passée, dans le cadre des bons v£ux du président Dominique Leone, les Dragons étaient invités au cinéma. Au programme : I am a legend, film de science-fiction de Francis Lawrence avec Will Smith en vedette. Le titre aura certainement donné quelques idées aux nouveaux transfuges de l'Albert, rêvant secrètement de s'inscrire parmi les gloires du club en sauvant celui-ci des affres de la relégation. Les nouvelles têtes connues ne manquent pas au stade CharlesTondreau. Alessandro Pistone a joué à Newcastle et à l'Inter ; Frédéric Herpoel a porté la vareuse des Diables Rouges ; Kevin Hatchi a déjà montré ses qualités à Mouscron. Parmi tous ces noms, l'arrivée du Finlandais Antti Okkonen est quelque peu passée inaperçue. Pourtant, comme les observateurs ont pu s'en rendre compte dès le match de Coupe contre La Gantoise, il ne manque pas de qualités. " Il joue juste. Ce n'est pas très compliqué de bien s'entendre avec lui ", explique Hocine Ragued qui a évolué à ses côtés dans l'entrejeu. Okkonen, c'est le médian défensif par excellence. Sobre et efficace. Juste et posé. Un peu un compromis entre l'arracheur de ballons qu'est Ragued et le métronome qu'est Benjamin Nicaise. " Il se rapproche quand même davantage de mon style que de celui de Benjamin ", ajoute Ragued. Acheté pour pallier l'absence de Nicaise, opéré et encore absent un petit temps, et le possible départ de Ragued pour la CAN - finalement, le Tunisien, de commun accord avec sa Fédération, a décidé de ne pas s'y rendre -, Okkonen vit sa première expérience ailleurs qu'en Scandinavie. Mais pas à l'étranger. Né à Oulu, au Nord, à 200 kilomètres du cercle polaire, d'un père physiothérapeute et d'une mère travaillant dans un restaurant, Okkonen a débuté dans le football à six ans. " Mon père jouait au bandy, un sport typiquement finlandais. C'est une sorte de football sur glace. Il a même fait partie de l'équipe nationale. Dans ma jeunesse, je faisais du football lors des mois d'été et du bandy en hiver. A 16 ans, j'ai opté pour le football car j'avais plus de chances de réussir professionnellement dans ce sport que dans le bandy qui ne se dispute qu'en Finlande et en Russie. Pourtant, j'étais bon dans les deux disciplines ( il sourit) ". En 1999, le voilà qui débute dans le club de MyPa. " J'avais 17 ans. L'entraîneur, Juha Malinen, croyait dans les jeunes. Il n'hésitait pas à les lancer. C'est lui qui m'a insufflé la confiance nécessaire. Là, j'ai également appris à me débrouiller. Je me suis retrouvé loin de ma famille, confronté à moi-même ". Il resta quatre ans à MyPa, terminant une année à la deuxième place du championnat. " Nous avons disputé la Coupe de l'UEFA, rencontrant les Suisses de Young Boys Berne et les Français de Sochaux. L'année suivante, en Intertoto, nous avons été opposés aux Suisses de Neuchâtel Xamax et aux Suédois d'Helsingborg ". Au bout de quatre saisons, après avoir fait le tour de la question, il choisit l'exil, optant pour la Suède et le club de Landskrona. " Quand je suis arrivé, les frères Alexander et Pontus Farnerud - NDLA :le premier joue aujourd'hui à Stuttgart et le second au Sporting Portugal - venaient de partir. Je n'ai pas éprouvé de difficultés. Après quelques mois, je parlais le suédois. Cette langue est différente du finnois mais on l'apprend à l'école. C'était donc plus facile ". Situé en Scanie (la région du célèbre inspecteur Wallander, héros du romancier Henning Mankell), à 45 kilomètres de Malmö, Landskrona ne fut pas un havre de paix sur le plan sportif. " C'était un petit club mais qui n'a jamais connu de problèmes économiques. Il n'avait rien à envier aux grandes formations suédoises grâce à sa bonne politique de jeunes. En ce moment, il y a dans le noyau un certain Ivo Pekalski, un des plus grands espoirs du pays. Pourtant, malgré cette politique, nous sommes descendus en D2. Je suis resté un an en deuxième division avant de me décider à partir ". Car, alors qu'Okkonen avait connu jusqu'alors une trajectoire ascendante, cette chute en D2 le freina. " J'avais intégré l'équipe nationale où je compte 13 matches mais depuis deux ans, je n'ai plus été repris. Cela correspond à la descente du club. L'ancien entraîneur Roy Hodgson m'a retenu lors d'un camp d'entraînement et puis plus rien. Je n'ai donc pas participé à la dernière campagne pour l'EURO, lors de laquelle la Finlande a failli se qualifier et a rencontré la Belgique. Hodgson a véritablement insufflé un nouvel élan à notre pays. Il est très professionnel et il savait exactement ce qu'il attendait de chacun de ses joueurs. Il l'expliquait simplement à son groupe. Le succès grandissant de la Finlande n'a pas trop surpris le pays car cela fait 20 ans que les joueurs s'améliorent. Avant, on avait un bon physique mais on manquait de technique. En 20 ans, on a installé des pelouses chauffées et des complexes sportifs pour s'entraîner à l'intérieur. Cela nous a permis d'améliorer notre technique ". Depuis le mois de décembre, la Finlande se trouve orpheline de son manager anglais. " Il est parti entraîner Fulham. Depuis lors, la Fédération lui cherche un successeur. Elle s'oriente vers un entraîneur étranger et les noms de Lothar Matthäus et de Dino Zoff sont les plus fréquemment cités. Je ne suis pas sûr qu'un grand nom soit une garantie de succès mais attendons de voir ". C'est dans l'espoir de retrouver la sélection finlandaise qu'Okkonen a donc quitté Landskrona. D'abord pour un prêt de six mois au Danemark, à Silkeborg. Enfin pour la Belgique, après un retour à la case départ à Landskrona. " J'aimerais retrouver l'équipe nationale car l'ambiance y est vraiment bonne. Elle est composée d'éléments qui ont évolué ensemble dans les équipes de jeunes. On se connaît bien. Ce prêt à Silkeborg n'était pas l'idéal car j'ai dû revenir en Suède par la suite mais comme j'étais en fin de contrat en décembre, j'ai pu partir gratuitement en Belgique. Cela faisait un petit bout de temps que j'aspirais à découvrir une autre culture que celle de la Scandinavie ". C'est grâce à son agent Jimmi Jacobsen, en relation avec le duo Daniel Striani- Nenad Petrovic, que Mons est entré en contact avec Okkonen. " José Riga devait venir le voir à Landskrona mais il n'a pas pu. Finalement, le joueur a accepté de passer un test de plusieurs jours au stade Tondreau ", explique Petrovic. C'est en définitive Riga qui insista auprès de sa direction pour acquérir le Finlandais. Avec au bout du compte un contrat d'un an et demi avec une option de deux saisons supplémentaires. " Je ne connaissais ni la ville, ni le club de Mons. Mais je trouve les installations très bonnes. J'ai été séduit par l'accueil. Les gens sont plus ouverts ici. Un point négatif ? J'ai été frappé par les déchets qui jonchent le bord des routes et par les veilles habitations. En Finlande, les maisons sont plus neuves ". Et au niveau football ? " Le championnat belge ne m'était pas inconnu. En Finlande, on était habitué à en avoir quelques échos car Hannu Tihinen et, quelques années auparavant, Kari Ukkonen évoluaient à Anderlecht. On voyait parfois les matches de Tihinen en Ligue des Champions. Une fois que j'ai signé à Mons, je me suis renseigné auprès de Jari Niemi, aujourd'hui à Tampere, qui ne m'a dit que du bien de Mons. Des joueurs belges ? Je connaissais l'ancien défenseur d'Anderlecht. Comment s'appelle-t-il encore ? Vincent Kompany, oui, c'est lui. Et l'attaquant Wesley Sonck. Sans oublier l'ancien gardien Michel Preud'homme. Sur le plan technique, le championnat belge est meilleur que les compétitions scandinaves. Par contre, c'est l'inverse sur le plan tactique ". Après trois semaines d'adaptation, Okkonen peut donner son avis sur sa nouvelle équipe. " Mons a perdu la confiance suite aux mauvais résultats mais pas le moral. On va remonter la pente. Pourquoi avoir opté pour une équipe belge dernière au classement ? Quand j'ai été contacté, Mons n'était pas dernier mais quatrième en partant du bas ( il rit). Et puis, les défaites se sont accumulées. Et pourquoi la Belgique ? Car je n'avais que des offres de clubs scandinaves et que je voulais migrer vers le sud ". Contre Gand, Okkonen a été titularisé d'entrée aux côtés de Ragued. " Les 90 premières minutes se sont bien passées. Le tempo était plus élevé que ce que je connaissais mais j'ai su m'adapter. Par contre, les prolongations étaient de trop. J'étais vraiment fatigué. Cela est arrivé trop vite. Pour mon premier match, c'était too much ". Il lui reste encore du chemin avant de devenir une légende. " Je suis ici pour réussir. Je compte m'installer un petit temps. Ma petite amie arrive en mars. Elle vient de terminer ses études de logopédie. On espère qu'elle pourra trouver un travail à l'école scandinave de Waterloo ".par stéphane vande velde - photos: reporters/ mossiat