COACH Zlatko Dalic (CRO)

La Croatie s'est qualifiée contre la Grèce, aux barrages, pour la cinquième fois. Qu'est-ce qui la rend si forte dans ce genre de matches ?
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La Croatie s'est qualifiée contre la Grèce, aux barrages, pour la cinquième fois. Qu'est-ce qui la rend si forte dans ce genre de matches ? ZLATKO DALIC : Il n'y a pas de secret, même si ce cinq sur cinq est fantastique. C'est la preuve que nous avons des qualités et la volonté de disputer la phase finale. L'ambiance qui règne en Croatie durant les grands tournois est indescriptible : les Croates vivent pour le football et les joueurs veulent entrer dans l'histoire. Certaines équipes craquent sous la pression mais pas la nôtre. L'Argentine, l'Islande, la Croatie et le Nigeria : c'est la poule la plus difficile du tournoi ? DALIC : Après le tirage au sort, j'ai déclaré que c'était une des plus fortes. L'Argentine est une des meilleures équipes du monde, l'Islande nous a privés de la première place en qualifications et le Nigeria est en train de former une grande équipe avec de jeunes joueurs très ambitieux. Nous sommes bons aussi. Nous respectons nos adversaires mais nous voulons au moins atteindre le deuxième tour. Comment neutraliser Lionel Messi ? DALIC : Quelqu'un connaît-il la réponse à cette question ? Beaucoup de joueurs et d'entraîneurs ont essayé, ils sont fort peu nombreux à avoir réussi. Il reste le meilleur joueur du monde. Il peut marquer mais il est tout aussi capable d'aider ses coéquipiers à le faire. Nous sommes conscients de ne parvenir à le neutraliser qu'en équipe, dans une certaine mesure. Un seul joueur ne parviendra jamais à l'écarter. Quel est l'objectif ultime de cette sélection croate ? DALIC : Depuis notre médaille de bronze en 1998, nous n'avons plus franchi le cap du premier tour. Commençons donc par là. Sur papier, j'ai une des meilleurs équipes croates, avec des joueurs qui évoluent dans les plus grands clubs européens et ont l'âge idéal. Luka Modric n'est plus le plus populaire de Croatie. Dans quelle mesure cela l'affecte-il ? DALIC : En rien car Luka a une mentalité de vainqueur. Les grands joueurs ne tiennent pas compte de ce que les autres pensent d'eux : ils se concentrent sur ce qui se passe sur le terrain et ne se laissent pas déstabiliser. Ce sera sans doute son dernier Mondial, son premier comme capitaine, et il mettra tout en oeuvre pour que la Croatie soit brillante. Comment vous décririez-vous ? DALIC : Entraîner un club en Croatie, aux Émirats arabes unis ou les U21 est très différent. Je suis confronté à des cultures et des mentalités différentes. Je suis ouvert aux nouvelles influences. Ma vision ne cesse d'évoluer mais avec une constante : entretenir une bonne relation avec mes joueurs. Je ne veux pas être leur copain mais nous devons pouvoir discuter ouvertement et franchement. Journaliste de 24sata " L'équipe est théoriquement assez forte pour passer le cap du premier tour, pour la première fois depuis 1998. Elle aligne des joueurs du Real et de l'Atlético Madrid, de Barcelone, de la Juventus, de l'Inter et de Liverpool. Beaucoup de joueurs sont à l'apogée de leur carrière, ils sont en pleine forme et c'est sans doute leur dernière occasion de signer une belle performance au Mondial. Toutefois, l'ambiance générale ne favorise pas les prestations. La fédération est loin du peuple et du football. Les protestations ont atteint un triste sommet avant la finale de coupe entre le Dinamo Zagreb et Hajduk Split fin mai : le président Davor Suker a été hué. Les gens se calmeront quand il démissionnera, avec ses copains, mais ce ne sera pas avant la Coupe du Monde. Or, ça a un impact sur l'ambiance au sein du noyau car il divise le pays : le sud (Split) s'estime victime de l'emprise qu'a Zdravko Mamic, l'homme fort du Dinamo Zagreb, sur le football croate. La bonne nouvelle, c'est que son influence a diminué depuis l'arrivée du nouveau sélectionneur. Zlatko Dalic reprend à 99 % les joueurs que tout le monde choisirait et c'est ce qui est arrivé de mieux au football croate depuis dix ans. " La Croatie est une formation de stars confirmées, à commencer par Luka Modric (32 ans) et Ivan Rakitic (30 ans). Du coup, une vedette montante comme Mateo Kovacic (24 ans) n'est toujours pas assurée de sa place alors que le Real Madrid a transféré ce médian de l'Inter en 2015 pour 35 millions. En Russie, l'attaquant Ante Rebic (24 ans) va peut-être éclater. Il a effectué ses débuts à 19 ans, il est entré au jeu dans chaque match du premier tour au Brésil -et a été exclu dans le match décisif contre le Mexique. On l'a rapidement dépeint comme le nouvel Alen Boksic et il a signé un contrat de cinq ans à la Fiorentina. Toutefois, il n'était pas encore prêt à effectuer pareil pas, ni mentalement ni physiquement, et il s'est fait une réputation d'enfant terrible en accumulant plus de cartes que de buts. Jusqu'à la saison passée : Niko Kovac, le sélectionneur qui l'avait lancé en 2014, l'a réanimé à l'Eintracht Francfort. Il vient de marquer deux buts dans la finale de coupe gagnée contre le Bayern. Rebic semble maintenant prêt pour un Mondial " avec plus de buts que de cartes ". La Croatie a changé de coach en octobre : Zlatko Dalic a relayé Ante Cacic. Il a qualifié l'équipe aux barrages contre la Grèce (4-1 et 0-0), qui était deuxième du groupe de la Belgique. Les Croates disputeront leur troisième match, peut-être crucial, contre l'Islande, l'équipe qui les a privés de la victoire dans leur poule qualificative. La Croatie avait gagné 2-0 chez elle mais a perdu 1-0 sur l'île. Luka Modric et Dejan Lovren sont témoins dans le procès en cours contre Zdravko Mamic, agent et ex-président du Dinamo Zagreb. Ils risquent une peine de prison. Versée dans la poule de l'Islande, de l'Ukraine, de la Turquie, de la Finlande et du Kosovo, la Croatie n'a encaissé que quatre buts alors que sa défense est considérée comme sa ligne la plus faible. On ne sait pas encore si Vedran Corluka, défenseur central, blessé, sera disponible. Tin Jedvaj (22 ans) et Duje Laleta-Car (21 ans) sont deux jeunes prometteurs à ce poste. La Croatie est chevronnée. Contre la Grèce, Marcelo Brozovic, un médian de 25 ans qui compte plus de trente caps, était le plus jeune.