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SUPERFICIE 56.594 km2 HABITANTS 4.464.844 CAPITALE Zagreb SITE www.hns-cff.hrANTE CACIC - 62 ans - A été un modeste footballeur, qui a entamé sa carrière d'entraîneur dans un club amateur tout en réparant des télévisions (il est électricien de formation). Il a travaillé dans treize clubs depuis 1986 et n'a connu le succès qu'au Dinamo Zagreb, avec lequel il a réussi le doublé en 2012 avant d'être limogé. Il est sélectionneur depuis 2015. ANTE CACIC : Le fait que j'aie joué pour Prigorje, un club de D4 des environs de Zagreb, ne veut rien dire. Tomislav Ivic, pour lequel j'éprouvais un profond respect, et José Mourinho n'ont pas été de grands footballeurs non plus. Il y a aussi pas mal de footballeurs d'exception qui n'ont pas fait bonne impression une fois devenus entraîneurs. CACIC : Pas du tout, au contraire. Travailler avec des joueurs de ce calibre est beaucoup plus facile car ils sont très professionnels et ils comprennent que la discipline est la clef du succès. Ils savent que l'équipe vient en premier et que personne n'a le droit de perturber son calme et son homogénéité. Si ça se produit quand même, ils n'ont pas d'excuses. CACIC : Je respecte chaque joueur mais son comportement pendant le match contre la Hongrie a été inacceptable. Il a refusé de s'échauffer, exigeant d'être titularisé. Il était quasiment assuré de sa sélection mais sa réaction l'a mis hors-jeu. CACIC : Rien de particulier. J'ai effectué quelques légères modifications tactiques mais j'essaie en fait d'aligner les joueurs à leur poste le plus naturel. Ivan Rakitic, par exemple, est maintenant plus proche des deux avants. J'ai aussi assoupli les règles de visite des familles aux joueurs. Le camp n'est pas un couvent. Je veux tout mettre en oeuvre pour initier une bonne ambiance. CACIC : Je n'ai repris que les titulaires, avec une exception : Mateo Kovacic, qui s'entraîne quotidiennement à un niveau très élevé au Real. De telles séances sont nettement plus exigeantes qu'un simple match de championnat. CACIC : La Turquie, la Tchéquie et l'Espagne sont des équipes solides mais nous devons être en mesure de nous qualifier pour le tour suivant. A partir de là, tout dépendra de notre adversaire. Nous avons confiance dans les qualités du groupe, même si je pense que cette génération n'atteindra son apogée qu'à la Coupe du Monde 2018. CACIC : L'équipe nationale fait la fierté de la Croatie. Nos footballeurs ont fait sa promotion comme personne d'autre. Ce boycott est une forme de trahison à la patrie. Je ne puis qu'espérer que nous pourrons compter sur le soutien des supporters, comme lors des campagnes précédentes.La France portera-t-elle encore chance à la Croatie ? Celle-ci a été troisième du Mondial organisé dans l'Hexagone et elle attend beaucoup de ce tournoi. Elle considère posséder la meilleure génération de son histoire et espère même devenir championne d'Europe. Elle doit beaucoup au changement d'entraîneur réalisé pendant la campagne. Elle a remplacé le dur Niko Kovac par le plus conciliant Ante Cacic, qui a posté un médian défensif dans le dos de Modric et Rakitic pour leur accorder plus de latitude. Avec succès. Heureusement pour Cacic, dont la nomination a été très contestée. Il serait l'homme de paille des patrons du football croate, dirigé par Zdravko Mamic, l'homme fort du Dinamo Zagreb depuis des décennies. Dans le but, Danijel Subasic (Monaco), un des meilleurs portiers de Ligue 1. Sa défense regorge d'expérience : Srna, Corluka, Schildenfeld, Vida, des trentenaires. Ils ne sont pas des plus mobiles mais ils ont acquis leurs galons en Russie et en Ukraine. La préparation a été entachée par une dispute. Dejan Lovren, titulaire à Liverpool, s'est fâché sur le sélectionneur, à cause d'un remplacement pendant un match amical, en mars. Il s'est échauffé mais n'a pu entrer au jeu. Il s'est assis et a ensuite refusé de se relever. Les deux hommes ont eu une conversation mais n'ont pu se réconcilier. Le génie se trouve dans l'entrejeu : avec Rakitic et Modric en son coeur, et Badelj, un des piliers de la Fiorentina. Les éléments offensifs proviennent tous du Calcio : Mandzukic (Juve), Perisic (Inter) et Kalinic (Fiorentina).CIRO BLAZEVIC EX-SÉLECTIONNEUR" Jusqu'à présent, la tâche d'Ante Cacic, le sélectionneur, a été simple. La qualification est normale, comme il ne serait que normal que notre équipe nationale, qui recèle tant de brillants footballeurs, soit parmi les quatre meilleures en France. Maintenant, prudence. Il faut voir comment Cacic va se comporter si les résultats ne sont pas bons et que des problèmes surgissent car c'est un aspect en lui qui ne m'a pas encore convaincu. "- Le comportement des supporters est problématique. Le match contre l'Italie s'est joué à guichets fermés, suite aux comportements racistes contre la Norvège. Une swastika peinte sur le gazon a incité l'UEFA à retirer un point à la Croatie. Elle a interdit aux supporters d'accompagner l'équipe en Norvège et en Azerbaïdjan. A quoi faut-il s'attendre maintenant ? - Darijo Srna joue son sixième tournoi depuis ses débuts en 2002. Srna a un père bosnien et une mère serbe mais il est né au-delà de la frontière entre la Bosnie et la Croatie. Il dédie ses buts à son frère aîné, Igor, qui souffre du syndrome de Down.IVAN RAKITIC : Mes parents sont nés en Croatie mais vivaient en Bosnie. La guerre civile n'avait pas encore commencé mais la tension était palpable. Tout ceux qui avaient la possibilité de partir l'ont fait. Mon père a opté pour la Suisse. Avec l'aide d'un commissaire de police, il a trouvé un travail dans la construction. Quelques mois plus tard, ma mère et mon frère aîné ont suivi. A ma naissance en 1988, mes parents ont décidé de rester car rentrer au pays était trop dangereux. Nous étions en sécurité en 1992, quand la guerre a éclaté mais des proches et des amis ont eu moins de chance. Ces récits me touchent toujours. Maintenant, Bosniens, Croates et Serbes vivent ensemble. Quand je jouais à Séville et à Schalke 04, quelques joueurs serbes m'ont pris sous leur aile. La politique ne me dit rien : je cherche l'être humain qui se cache sous une nationalité. RAKITIC : Pas vraiment car je me sens suisse. Quand je regarde des compétitions, je supporte la Suisse. J'aime le curling, qui y est très populaire, et j'éprouve beaucoup d'admiration pour Roger Federer. J'ai suivi mon coeur. Quand j'ai pris ma décision, j'en ai informé immédiatement le sélectionneur d'alors, Jakob Kuhn, par respect. RAKITIC : Pas toujours très positivement. J'ai reçu des menaces par téléphone, d'autres supporters sont venus à ma porte. Ce n'était pas nécessaire. Je n'ai pas pris de décision contre la Suisse mais pour la Croatie. RAKITIC : J'ai envie de jouer. Nous sommes un petit pays de quatre millions d'habitants et nous n'avons pas les moyens des grandes nations mais nous sommes toujours compétitifs. C'est la mentalité des Balkans. A voir notre noyau, nous ne devons craindre aucun adversaire. RAKITIC : Nous sommes forts à tous les postes, pas seulement dans l'entrejeu. En 2007, à 19 ans, quand j'ai débuté en équipe nationale, il y avait encore pas mal de joueurs de notre championnat. Maintenant, j'y vois des joueurs de Premier League, de l'Inter, d'Hambourg, du Dynamo Kiev, de Monaco, du Shakhtar... Mais il n'est pas facile d'obtenir une formule claire à partir de tous ces courants, surtout qu'on ne passe que quelques jours ensemble, tous les x mois. Le sélectionneur y est quand même parvenu. Et puis, c'est en France que la Croatie a terminé troisième du Mondial, en 1998. Notre génération veut faire mieux. " J'ai assoupli les règles de visite des familles des joueurs. Notre camp n'est pas un couvent. " ANTE CACIC