On ne parle d'eux que quand ça va mal. Yves Hinant, le réalisateur du documentaire Kill the referee (une commande de l'UEFA qui raconte la vie des arbitres durant l'EURO 2008), l'a appris : " Sans les critiques et les menaces polonaises contre l'arbitre anglais Howard Webb, je n'avais pas d'histoire. "
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On ne parle d'eux que quand ça va mal. Yves Hinant, le réalisateur du documentaire Kill the referee (une commande de l'UEFA qui raconte la vie des arbitres durant l'EURO 2008), l'a appris : " Sans les critiques et les menaces polonaises contre l'arbitre anglais Howard Webb, je n'avais pas d'histoire. " C'est vrai : après un match où les joueurs se sont bien tenus (sans penalties ou exclusions,...), l'arbitre a juste droit à un -Bon match, ref ! Mais si les équipes ont l'impression d'avoir perdu " à cause de l'arbitre ", c'est le déchaînement. En Belgique, ça dépasse l'entendement. Dernier exemple en date : les critiques d' Hein Vanhaezebrouck à l'égard du penalty que SergeGumienny siffle contre Genk au Standard. Le coach ne se plaint, par contre, pas de ses joueurs, qui ont lamentablement raté tous leurs tirs. Il dénonce aussi le fait que l'arbitre soit limbourgeois, et le président de la commission centrale de l'arbitrage annonce que Gumienny ne sifflera plus Genk avant belle lurette. C'est une bonne mesure, que les grands championnats étrangers appliquent (on ne siffle pas dans sa région) mais elle résonne comme une sanction à l'égard de Gumienny... alors que Vanhaezebrouck s'en sort blanc comme neige. Or, dans les mêmes grands championnats étrangers, il ferait immédiatement l'objet d'une suspension de banc et d'une grosse amende. " C'est la seule manière de faire taire ces coaches qui critiquent les arbitres quand ils perdent ", dit Guy Goethals, ex-arbitre de haut niveau et membre de la CCA. " Si on ne parlait plus de 100 ou 200 euros d'amende mais de quelques milliers, cela changerait les choses : les clubs ne paieraient pas ces amendes et les coaches réfléchiraient à leur attitude. L'UEFA et la FIFA infligent des amendes de 20.000 à 30.000 euros aux coaches qui critiquent l'arbitrage. Vous entendez quelque chose en coupes d'Europe, à l'EURO ou à la Coupe du Monde ?" Guy Goethals a proposé ces mesures financières au comité exécutif de l'Union belge mais il n'a pas été suivi : " Pas étonnant : les clubs y siègent et ne veulent pas se sanctionner. Le comité exécutif n'a aucune indépendance pour faire respecter les arbitres. "Cela dit, on doit se poser des questions sur le manque d'uniformité de l'arbitrage. Pas par rapport à l'appréciation d'une faute ou non (en fonction de sa sensibilité, l'arbitre siffle ou pas un penalty), mais sur des décisions différentes pour des cas identiques, allant de fêter un but avec ses supporters à planter une semelle à un adversaire. Mais rend-on les choses plus faciles aux arbitres ? Dans Kill the Referee, outre l'apparition de Michel Platini qui conseille de donner une carte jaune à la moindre rouspétance, les meilleurs moments sont les situations de matches où les arbitres communiquent par oreillette. Prendre sa décision seul est déjà difficile. Quid si les arbitres assistants interviennent ? Et les deux arbitres supplémentaires de l'Europa League vont-ils apporter un plus ? Faites le test : regardez des ralentis d'une phase contestée avec cinq copains et les avis divergeront. Finalement, quand on est noyé d'informations, la première impression est souvent la bonne. Guy Goethals : " Il n'y a pas de solution idéale mais je suis pour la vidéo dans deux cas. Pour déterminer si le ballon a passé la ligne de but ou non et comme aide à un arbitre qui doute sur une phase ; il arrêterait le match pour visionner et prendre sa décision. "Mais quoi qu'on fasse, l'arbitrage sera toujours problématique tant qu'on n'accepte pas l'erreur. Olivier Dacourt en parlait il y a peu dans Studio 1 : " Tout s'équilibre en fin de saison. " Lilian T huram avait dit la même chose il y a quelques mois. Ils ont raison de respecter l'esprit sportif. L'arbitre n'est jamais dans votre équipe ni dans l'autre. On doit le considérer comme un élément du jeu qui peut éventuellement se retourner contre soi... PAR JOHN BAETE"L'arbitrage sera toujours problématique tant qu'on n'accepte pas l'erreur."