Que serait-il donc advenu si Mario Mandzukic n'avait pas loupé l'immanquable au beau milieu de la première mi-temps de la ren-contre entre le Dinamo Zagreb et Anderlecht, alors qu'il était complètement isolé parmi six Sportingmen ? Tout porte à croire dans ce cas que les Mauves, incapables d'aligner trois passes de rang jusque-là, auraient sombré en terre croate. Car garder le contrôle du ballon sous la pression de l'adversaire demeure un problème pour l'équipe bruxelloise, comme elle avait pu déjà le vérifier plus tôt sur la scène européenne, face à Lyon. Et comme elle en a fait le constat aussi, dimanche passé, face à une formation de La Gantoise d'autant plus pressante, suite au renvoi aux vestiaires de Mbark Boussoufa. Un partage contre les Buffalos qui s'ajoute à un autre concédé précédemment à domicile face au Standard et qui fait suite lui-même à une défaite 2-1 à Saint-Trond. Un triptyque en championnat qui se solde donc par un piètre 2 sur 9, signe que les footballeurs du Parc Astrid sont loin d'être au point.
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Que serait-il donc advenu si Mario Mandzukic n'avait pas loupé l'immanquable au beau milieu de la première mi-temps de la ren-contre entre le Dinamo Zagreb et Anderlecht, alors qu'il était complètement isolé parmi six Sportingmen ? Tout porte à croire dans ce cas que les Mauves, incapables d'aligner trois passes de rang jusque-là, auraient sombré en terre croate. Car garder le contrôle du ballon sous la pression de l'adversaire demeure un problème pour l'équipe bruxelloise, comme elle avait pu déjà le vérifier plus tôt sur la scène européenne, face à Lyon. Et comme elle en a fait le constat aussi, dimanche passé, face à une formation de La Gantoise d'autant plus pressante, suite au renvoi aux vestiaires de Mbark Boussoufa. Un partage contre les Buffalos qui s'ajoute à un autre concédé précédemment à domicile face au Standard et qui fait suite lui-même à une défaite 2-1 à Saint-Trond. Un triptyque en championnat qui se solde donc par un piètre 2 sur 9, signe que les footballeurs du Parc Astrid sont loin d'être au point. Le public, d'ailleurs, ne s'y trompe pas. Celui-ci avait déjà copieusement sifflé ses ouailles devant les Rhodaniens avant de remettre à nouveau le couvert devant la bande à Michel Preud'homme. L'entraîneur du RSCA, Ariel Jacobs, pris à partie par une frange des supporters lors du match à domicile contre Lyon doit-il se faire du mouron pour autant ? Pas vraiment. Dans l'aréopage des entraîneurs anderlechtois, l'homme constitue sûrement un cas unique. Car là où d'autres se sont fait jeter pour pas grand-chose ( remember Luka Peruzovic, renvoyé à l'automne 1992 alors que le Sporting caracolait en tête avec 5 points d'avance sur son premier poursuivant), le Diegemois, lui, a toujours résisté à toutes les tempêtes. Comme l'élimination par les Biélorusses de BATE Borisov, au stade préliminaire de la Ligue des Champions, il y a tout juste un an. En 1995, pour rappel, une éviction de même nature, face aux Hongrois de Ferencvaros, avait coûté la tête d'un autre coach, Herbert Neumann. Et pas plus tard qu'en mai dernier, c'est un joli pactole de 15 millions d'euros qui a filé sous le nez du RSCA en raison de sa défaite lors des test-matches contre le Standard. Un résultat qui fait bien sûr désordre quand on est le mentor du club bruxellois. Jamais, pourtant, un doigt accusateur n'a été pointé vers lui. Ni dans ces circonstances-là, ni après un cinglant 0-5 devant le Bayern Munich, pour ne citer que ces exemples. Dès lors, comment expliquer le crédit illimité dont paraît jouir le T1 au Parc Astrid ? Plusieurs facteurs sont susceptibles de l'expliquer. Par rapport à son devancier, Franky Vercauteren, l'homme présente sans conteste un meilleur bulletin, aussi bien sur la scène nationale qu'européenne. Tout au long de son mandat, le premier avait récolté, en championnat, une moyenne de 70,53 points. Jacobs, lui, en est actuellement à un peu plus de 73 %. En Europe, on dénote un écart plus ou moins similaire : 64,10 % pour Vercauteren et 67,11 % chez l'autre. Dans cette compétition, indépendamment du couac fâcheux contre BATE Borisov, Jacobs a réalisé aussi quelques prouesses de la meilleure veine. Comme une victoire 1-2 au Bayern Munich ou une qualification en UEFA au détriment des Girondins de Bordeaux (2-1 au Parc Astrid, 1-1 à Lescure). Sans oublier le tout récent 0-2 face au Dinamo Zagreb. Sur le plan belge, ce qui différencie l'un et l'autre, c'est la cerise sur le gâteau : Vercauteren a été deux fois champion en 2006 et 07, tandis que Jacobs a dû se contenter jusqu'à présent d'autant de places de vice-champion. Mais il est bon de noter qu'avec 74,60 % des unités récoltées en 2008-09, Anderlecht aurait dû être champion. C'est le Standard, en poussant son rival aux test-matches, qui en a décidé autrement. Ces 74,60 % représentent 6 % de plus que lors du sacre remporté en 2006. Mais l'équité commande de dire que Vercauteren a fait mieux encore en 2007 avec 75,49 %. Si on remonte plus loin dans le temps, on observe que Jacobs n'est pas loin des chiffres d' Hugo Broos : 76,63 % en Belgique et 69,62 en coupe d'Europe. Mais le contexte était déjà différent, entendu que le Brugeois pouvait tabler sur des valeurs sûres comme Bertrand Crasson (qui a laissé un vide au poste de back droit) et sur un régisseur de la dimension de Pär Zetterberg. Et le topo était plus exaltant encore sous le règne du prédécesseur de Broos, Aimé Anthuenis. Car celui-ci avait du beau monde à sa disposition : Jan Koller, Tomasz Radzinski, Alin Stoica et on en passe. Dans ces conditions, on peut difficilement comparer le bilan de Jacobs au sien. Pour beaucoup, la transition est grande entre un Vercauteren qui snobait à peu près tout le monde, et Jacobs, qui est plus gentleman. C'est un secret public que l'ancien T1 et le responsable du service recrutement, Werner Deraeve, ne pouvaient pas se piffer. En cause, la fâcheuse propension du coach à ramer à contre-courant. Certains furent ainsi maintenus, alors qu'ils ne jouissaient pas d'un avis favorable à Neerpede. Comme Mark De Man, par exemple, qui ne s'est réalisé par la suite ni à Roda JC Kerkrade ni au Germinal Beerschot. En revanche, des éléments qui faisaient l'unanimité au sein de l'école des jeunes du club furent ni plus ni moins éconduits pour incompatibilité d'humeur avec l'entraîneur. Comme Dieumerci Mbokani, voire Christophe Lepoint qui fut même traité de voyou par Vercauteren. Quand on voit le parcours réalisé par le premier, quand on voit aussi le bon match disputé par le deuxième pas plus tard que dimanche dernier, avec les Gantois, il y a de quoi maugréer. Avec Jacobs, ces notes discordantes n'existent pas. Au contraire, depuis son intronisation à la tête de l'équipe première, il s'est toujours plu à valoriser le travail réalisé en profondeur dans le club. La preuve, cette saison, par le temps de jeu qu'il a accordé à des éléments issus des équipes de jeunes comme Romelu Lukaku (aligné d'entrée de jeu contre les Buffalos) ou encore Bouba Saré et Cheykhou Kouyaté qui ont tous été partie prenante dans le récent succès des Mauves au Dinamo Zagreb. A ce trio, il convient d'ajouter également Reynaldo et Christophe Diandy, proches du niveau A eux aussi. Tous, sans exception, sont aux anges quant à leur quotidien au Sporting. Et ce qui vaut pour eux est d'application également pour les valeurs sûres. Hormis Arnold Kruiswijk, qui commence à trouver le temps long, personne ne s'est jamais plaint de sa situation ou des choix de l'entraîneur. Il est vrai qu'à l'encontre de son devancier, l'homme n'est pas du genre à griller quelqu'un. Ahmed Hassan, super- sub à son retour de la CAN 2008 et héros de la finale de la Coupe en 2008 en sait quelque chose. Nemanja Rnic également. Malgré ses deux renvois du terrain, aux conséquences fâcheuses, à BATE Borisov et au FC Malines, l'année passée, il mesure que le coach compte toujours sur lui pour doubler l'infortuné Marcin Wasilewski. C'est ce qu'il lui a dit en tout cas. Et sa parole est toujours d'or. Jacobs ne réclame jamais l'impossible à la direction anderlechtoise. Il se contente de ventiler son point de vue, sans plus. En début de campagne passée, il a eu tôt fait de remarquer, par exemple, que le Sporting courait un risque, en coupe d'Europe surtout, en tablant sur deux jeunots de 20 ans, Matias Suarez et Kanu, en attaque. Ce qui s'est d'ailleurs bel et bien vérifié... Précédemment, le T1 des Mauves s'était rallié aux vues des décideurs dans le dossier concernant Vadis Odjidja Ofoe. Alors que le Belgo-Ghanéen n'avait jamais eu sa chance en équipe-fanion sous la houlette de Vercauteren, Jacobs, convaincu de l'avenir du joueur, le titularisa en fin 2007 pour les besoins d'un match au sommet au Club Bruges. Tout portait dès lors à croire que l'intéressé opterait pour une prolongation de son séjour au Parc Astrid, d'autant plus que les données chiffrées de son contrat allaient être sensiblement revues à la hausse pour être portées à 500.000 euros bruts annuellement. Le coach estimait que c'était exagéré pour un gamin qui n'avait encore rien prouvé mais laissa à ses supérieurs la décision finale dans cette affaire. Après avoir appris, dans la foulée, que la barre des négociations avait été placée à 800.000 euros dans le camp du joueur, il encouragea tout le monde à laisser tomber, conscient qu'un teenager ne valait pas ce débours. Au vu des prestations du garçon chez les Bleu et Noir, on ne peut pas vraiment dire que le Diegemois a eu tort. Idem pour Hernan Losada, que beaucoup auraient aimé conserver après une entame de saison prometteuse cet été. Mais Jacobs, lui, estimait qu'il valait mieux jouer la carte d'un jeune loup aux dents longues comme Reynaldo et sa lucidité fut à nouveau déterminante. Dans le même ordre d'idées, c'est lui qui aura persuadé Guillaume Gillet aussi du bien-fondé d'un glissement (momentané ?) au poste de back droit. En Croatie, dans un dispositif tactique en 5-4-1, le Liégeois s'était en tout cas montré particulièrement à son affaire. Précédemment, Jacobs avait déjà obtenu un effet similaire avec Mbark Boussoufa, partagé entre sa prédilection pour un rôle de n° 10 alors que le T1 trouvait qu'il était au moins aussi utile comme ailier gauche. Ici aussi, les bonnes paroles et le bon sens auront triomphé. En réalité, une seule fois à peine, jusqu'ici, l'homme a pris ses distances par rapport à la maison mauve et ses composantes : vendredi passé. Ce jour-là, il a tenu à signaler clairement que le 5-4-1 d'application au Dinamo Zagreb portait sa griffe et que ce schéma ne lui avait nullement été soufflé par une direction estimant qu'il fallait jouer à la Goethals. On ne demande qu'à le croire... par bruno govers - photos: reporters