Le poids des mots, c'est toujours son truc ! Jan Mulder attaque : " YouriTielemans vaut 100 millions, il faut mettre ça sur papier et faire authentifier chez un bon notaire. " Ou encore : " Marc Wilmots pense peut-être que c'est trop tôt pour l'emmener au Brésil. Pour moi, il peut y aller. " Il a vraiment la cote chez les Hollandais ! Bram Nuytinck : " Youri Tielemans incarne le futur d'Anderlecht. " Et le capitaine fracasse, lui aussi. Guillaume Gillet : " Quand je l'ai vu pour la première fois à l'entraînement, j'ai tout de suite compris que c'était un très grand talent. Ses premières touches de balle ont été fantastiques. "
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Le poids des mots, c'est toujours son truc ! Jan Mulder attaque : " YouriTielemans vaut 100 millions, il faut mettre ça sur papier et faire authentifier chez un bon notaire. " Ou encore : " Marc Wilmots pense peut-être que c'est trop tôt pour l'emmener au Brésil. Pour moi, il peut y aller. " Il a vraiment la cote chez les Hollandais ! Bram Nuytinck : " Youri Tielemans incarne le futur d'Anderlecht. " Et le capitaine fracasse, lui aussi. Guillaume Gillet : " Quand je l'ai vu pour la première fois à l'entraînement, j'ai tout de suite compris que c'était un très grand talent. Ses premières touches de balle ont été fantastiques. " On ne parle pas d'un gars confirmé qui aurait enchaîné 50 bons matches ou planté 30 beaux buts - John van den Brom remet d'ailleurs les choses à leur place quand il dit : " A son âge, il a juste le droit de se taire, et qu'il ne vienne surtout pas frapper à la porte de mon vestiaire pour réclamer une place de titulaire. " Youri Tielemans, c'est 16 ans depuis mai et même pas trois matches officiels complets. Mais il déchire. Sur le terrain, dans le public, dans la presse. Il sort de deux promotions : ses débuts en championnat avec l'équipe Première, et tout récemment, une première convocation chez les Espoirs. Oui, Johan Walem a - lui aussi - très vite craqué. " Il jouait en U16 nationaux, j'en entendais beaucoup parler mais je ne le connaissais pas. Je ne l'ai découvert que cet été, pendant les matches de préparation d'Anderlecht, puis en championnat. Ça a été une vraie révélation pour moi. D'abord, on a du mal à croire qu'il n'a que 16 ans. Il a déjà du charisme, il prend de l'envergure dès qu'il monte sur la pelouse, il dégage de l'insouciance, il voit bien le jeu. Il y a énormément de bonnes choses là-dedans... " Et du bonheur pour le coach des Diablotins. " Il y a un an, Anderlecht osait lancer Dennis Praet et Massimo Bruno. Aujourd'hui, c'est Youri Tielemans. C'est jeune, c'est belge, c'est parfait pour nous. Il y a beaucoup de départs et c'est bien que le club regarde ce qu'il a en magasin avant de transférer. " Le nouveau Vincent Kompany. Un clone d'AxelWitsel. On l'a beaucoup lu et entendu depuis l'ouverture du championnat. Première mise au point, par Youri Tielemans lui-même : " Oui, on me compare à Witsel, c'est flatteur... mais c'est dommage qu'il ait joué au Standard. " Autre explication, par le coach qui le connaît certainement le mieux : Mohamed Ouahbi l'a entraîné en U10, en U11, puis lors des trois dernières saisons - Tielemans était chez les U17 l'année dernière alors qu'il avait l'âge pour jouer avec les U16 et il s'est donc retrouvé cet été dans le noyau pro sans être passé par la case Espoirs. C'est simple, il a toujours été surclassé depuis l'âge de 10 ans. " Les points communs entre Witsel et lui ? Franchement, je dois bien chercher ", réfléchit Ouahbi. " Oui, il y a la couleur de peau... Pour le reste... Witsel a un style portugais, brésilien, il aime conduire le ballon. Tielemans préfère porter le jeu plus vite vers l'avant. Il alterne magnifiquement jeu court et jeu long. Il se révèle comme médian défensif, mais selon moi, il sera encore meilleur s'il joue plus haut. D'ailleurs, il a rarement évolué comme pur récupérateur lors des dernières années, je l'alignais plutôt comme numéro 10 ou sur le côté droit. Il s'infiltre facilement. Chez les jeunes, il marquait en moyenne une trentaine de buts par saison et il donnait autant d'assists. Souvent des caviars. Parfois, il cherchait une solution compliquée alors qu'il était possible de jouer simple, je me demandais ce qu'il fabriquait, mais ça réussissait au bout du compte. Et il a une frappe phénoménale. Une vieille histoire : à 10 ans, il marquait déjà des buts des 25 mètres. Des deux pieds. Il est plus droitier, mais quand il frappe du gauche, on ne se rend pas compte que son droit est encore meilleur ! Je connais peu de joueurs de D1 capables, comme lui, d'expédier des longues transversales du gauche. " Un Komany 2.0, alors ? On sonde Hugo Broos, qui l'avait catapulté en équipe A du Sporting il y a dix ans. " Ils ne sont pas comparables ", tranche-t-il. " Kompany est un défenseur, Tielemans est un médian, point ! Quand j'ai lancé Kompany en défense centrale, on disait qu'il avait les qualités pour jouer dans le milieu du jeu. J'ai toujours affirmé que ce n'était pas le cas et la suite m'a donné raison. Je soutenais qu'il n'avait pas les qualités spécifiques pour faire une grande carrière de médian. Il a besoin d'avoir le jeu devant lui. Tielemans peut faire plus que Kompany dans l'entrejeu. Comme tout le monde, j'ai été épaté lors de son premier match en championnat. Il avait pourtant beaucoup de choses contre lui parce que l'équipe piétinait à ce moment-là et il s'est subitement retrouvé à une position clé quand il a dû remplacer Sacha Kljestan. Il s'est installé, a directement réclamé les ballons et il a donné quelques passes tranchantes. " On insiste parce qu'on aimerait quand même trouver des points communs entre deux des plus grands joueurs de l'histoire de l'école des jeunes d'Anderlecht ! " Oui, ils ont énormément de foot dans les pieds, une technique fantastique, mais ça s'arrête là ", continue Broos. Mohamed Ouahbi amène la comparaison sur le terrain de la personnalité. " J'ai fait de Tielemans mon capitaine quand il avait 10 ans alors qu'il y avait un autre surdoué dans le noyau : Charly Musonda. Déjà à l'époque, il ne se cachait jamais. Il était là pour les coups francs, pour les corners, pour la distribution, pour la finition. Et quand l'équipe ne tournait pas, il en remettait une couche, il mettait encore un peu plus le pied. Tielemans a toujours été un vrai winner. Oui, sur ce point-là, il rappelle Kompany. " Dans pas mal d'équipes de jeunes d'Anderlecht, l'entraîneur organise un sondage auprès des joueurs pour désigner le capitaine. Quand cela se fait dans le noyau dont Youri Tielemans fait partie, le résultat est généralement de 100 % de votes en sa faveur... Repérés parmi les amis de Youri Tielemans sur Facebook : Cédric Taymans et Ilse Heylen. Des titres belges, des médailles dans des Championnats d'Europe, des Championnats du Monde et aux Jeux Olympiques. En judo. C'est la grande passion dans la famille Tielemans. Même plus que le foot, auquel la maman n'a jamais accroché. Youri a longtemps pratiqué ce sport et il lui en est resté quelque chose. " A 15 ans, il était en avance dans son développement physique, et ça, c'est en partie grâce au judo ", pense Mohamed Ouahbi. " Il était déjà fort présent dans les duels, sans être particulièrement grand. Il faut se le farcir ! Le judo lui a appris à bien rester sur ses appuis, il ne tombe pas facilement, et quand il chute, il sait comment il doit le faire. " Ses parents continuent à donner des cours de judo, portent la ceinture noire et ont leur petite école à Bruxelles. Depuis l'éclosion du gamin, ils se retrouvent malgré eux sous les projecteurs. " Ils ne le vivent pas trop bien ", explique un proche de la famille. " Ils ont toujours voulu vivre discrets et tout le ramdam qu'on fait aujourd'hui autour de leur fils les dérange, les énerve un peu, les stresse même. Ils ont l'impression qu'il y a intrusion dans leur vie privée et ça les agace de lire de fausses infos dans les journaux. On écrit par exemple que la maman est congolaise, on insiste même là-dessus. Oui, elle a des origines là-bas mais c'est une vraie Bruxelloise, née en plein Bruxelles. " On entend aussi qu'au moment où Youri a signé son contrat pro à Anderlecht, en mai de cette année, il pouvait aller dans l'un ou l'autre très grand club anglais. On cite Manchester United et Chelsea. Rien de tout cela, il n'y a pas eu une offre concrète. " Pour le moment, c'est mieux de laisser le joueur et sa famille en dehors de l'agitation médiatique ", lance Christophe Henrotay, qui est son agent depuis un peu moins d'un an. " Attendons qu'il confirme sur le terrain, et si c'est le cas, une conférence de presse sera organisée après sept ou huit matches. A ce moment-là, les médias pourront découvrir le vrai Youri Tielemans et ce sera l'occasion pour corriger certaines choses qui ont été inventées. " Ce qui suit, par contre, est incontestable... Les parents de Youri Tielemans l'ont toujours obligé à faire passer les études avant le foot. Autant les Musonda étaient prédestinés à quitter Bruxelles pour Londres, vu leur culture anglophone et le fait qu'une partie de la famille vivait déjà dans cette ville, autant la nouvelle perle a de bonnes raisons de faire d'abord son trou chez nous. " Je connais le tempérament de sa mère ", dit son entraîneur chez les jeunes. " Si Youri rentre un jour avec un mauvais bulletin, elle est capable d'aller trouver HermanVan Holsbeeck et de lui dire que son fils ne peut pas jouer le week-end ! " Il ajoute, un brin nostalgique : " Anderlecht pourrait aligner un entrejeu avec Youri Tielemans, Charly Musonda et Adnan Januzaj... Ils n'ont pas fait les mêmes choix, il y en a un qui continue sa formation à Chelsea, l'autre qui débute avec Manchester United. S'ils étaient restés, ils seraient peut-être tous les trois en équipe Première aujourd'hui. " Autre certitude par rapport à Tielemans : sur les coups de pied arrêtés, il assure. Depuis plus de cinq ans, les penalties, c'est son affaire. Et quand il se retrouvait dans la même équipe qu'AaronBatshuayi, le frère de Michy, ils se les partageaient. Ballon à l'arrêt, que ce soit du point de penalty ou de l'extérieur du rectangle, il frappe régulièrement dans la cible depuis longtemps. C'est une des explications de ses excellentes stats offensives. Et pas rien que chez les Mauves. La saison passée, il a marqué huit buts en dix matches avec la sélection des U16. Il a notamment signé un hat-trick contre l'Allemagne, épouvantail dans cette catégorie comme partout ailleurs. Le portrait du ket relègue un peu Lucas Biglia au rang d'un pauvre acteur de série B. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS : IMAGEGLOBESes stats chez les jeunes : une trentaine de buts par saison et autant d'assists.