En tant qu'espoir on te laisse du crédit. Passé un certain âge, le bénéfice du doute s'est envolé et les critiques commencent à pleuvoir. " Jean-François Remy, entraîneur adjoint des Espoirs belges, résume parfaitement ce qui s'est passé dans la vie de cette liste non exhaustive de talents déchus.
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En tant qu'espoir on te laisse du crédit. Passé un certain âge, le bénéfice du doute s'est envolé et les critiques commencent à pleuvoir. " Jean-François Remy, entraîneur adjoint des Espoirs belges, résume parfaitement ce qui s'est passé dans la vie de cette liste non exhaustive de talents déchus. Anciens champions de Belgique, vainqueurs de la coupe, sélectionnés chez les Diables Rouges, transferts historiques, annoncés dans les plus grands clubs belges et autres joyeusetés, tous ont connu leur(s) moment(s) de gloire. Pour quel résultat final ? Une place sur le banc en D1, un retour en D2 ou même le chômage. Les raisons de leur échec ? Blessures à répétition, caractère de merde, choix déplorables, manque de chance. A chacun son excuse... " Il est trop faible mentalement ", balance Gunter Thiebaut qui l'a côtoyé au Lierse. " Pourtant, il a tout pour réussir ", enchaîne Stefaan Tanghe, son ancien équipier à Roulers. " Il est techniquement au-dessus du lot. Sa rapidité, sa vista et son sang-froid devant le but sont des qualités que peu maîtrisent. Malheureusement, il ne se donne jamais à 100 % aux entraînements. " Formé à Anderlecht mais jugé trop court, il explose à Roulers au point de susciter l'intérêt de son club formateur et du Standard. " Dennis Van Wijk, qui me coachait au Schiervelde, est le seul à être parvenu à me cadrer et à exploiter mon potentiel ", explique Joeri Dequevy. Après une saison 2010 tonitruante, il a l'opportunité de signer à Sclessin mais le joueur et le club ne parviennent pas à un accord financier. Il opte pour le Lierse, un choix qu'il regrette encore aujourd'hui. " J'étais plus focalisé sur l'argent que sur l'aspect sportif. J'ai débarqué dans un club sans structure. " " A priori, le Lierse aurait pu être un choix judicieux ", commente Gonzague Van Dooren, " mais Joeri a débarqué comme si tout lui était déjà acquis. " Ses débuts à la chaussée du Lisp sont mitigés. Dequevy n'est plus en confiance et ça se ressent sur le terrain et en dehors. " Le football était passé au second plan ", confesse-t-il. " Je me foutais de tout, je répondais au coach et je n'acceptais aucune critique. Puis, j'ai commencé à sortir. Je suis un peu parti en couille. " Cet été, il fallait qu'il quitte un environnement lierrois qui ne lui convenait pas. Il n'était pas encadré comme il le voulait et s'est comporté en sale gamin. Il en porte toujours l'étiquette. " Chaque discussion avec les clubs tournait autour de mon caractère ", explique-t-il. " Seul le coach de Saint-Trond, Guido Brepoels parlait football. Il me voulait et je n'ai pas hésité à reculer pour mieux sauter. " Saint-Trond permet à Joeri Dequevy de retrouver le terrain après deux années de galère. Avant un retour parmi l'élite ? " Ça ne dépendra que de lui et de ce qui se passera dans sa tête ", conclut Stefaan Tanghe. Depuis son passage à Anderlecht, rien ne va plus pour Mark De Man qui enchaîne les pépins. À nouveau touché au genou, il ne foulera plus les pelouses avec Veldwezelt (Promotion) avant un bon moment. " Être blessé, passer sur le billard, revenir pour être à nouveau sur le carreau, c'est un peu l'histoire de ma carrière ", résume-t-il avec regret. Tout avait pourtant bien débuté pour le Louvaniste qui était parvenu à se frayer un chemin parmi les titulaires anderlechtois. " Je n'ai jamais vu un bosseur pareil ", concède Silvio Proto. " Il s'était imposé comme un joueur utile de l'effectif. Mark n'était pas le meilleur mais il compensait ses lacunes. " Le terme " utile " convient parfaitement à ce médian qui avait bien conscience de ses limites. " Anderlecht était mon maximum, je ne pouvais pas aller plus loin. J'y ai vécu mes plus belles années. On l'oublie trop souvent mais j'ai joué en Champions League et remporté le titre et j'ai même été sélectionné chez les Diables. " Entre blessures et recherche de temps de jeu, il décide de quitter Anderlecht. " Son passage à Roda était loin d'être la solution idéale, il aurait dû prolonger ", expose Thomas Chatelle. De Man enchaîne ensuite les mésaventures. Que ce soit au GBA, à OHL ou à Kermt-Hasselt, rien ne va plus. " Après deux matchs à Anvers, je me pète les ligaments croisés. Je ne suis jamais revenu dans le coup. À Louvain, j'ai débarqué lorsque l'équipe tournait à merveille sans moi. " Finalement, les blessures auront condamné sa carrière professionnelle. " Il a pris beaucoup trop de coups psychologiques suite à ses problèmes physiques ", affirme Jordan Remacle, son ancien équipier à OHL. " Je ne parlerai jamais de talent gâché en évoquant Michael mais plutôt de carrière semée d'embûches ", expose Alex Teklak, ex-Louviérois. " Il aurait pu tomber bien plus bas suite à son passage au Brussels. " Après avoir brillé à La Louvière, c'est au Stade Edmond Machtens que la carrière de Michael Cordier a pris un tournant imprévu. Par souci de temps de jeu, il décline les offres du Standard et de Gand pour se lier aux Coalisés. " Il aurait dû signer dans un grand club ", affirme son ami SilvioProto. " Michael a plus de talent que moi, c'est certain, mais je le surpasse mentalement, il a été trop timoré dans son choix. " Personne n'aurait pu prévoir que son aventure au Brussels tournerait au vinaigre. " Je suis arrivé en pleine confiance mais après quelques moins bons matches, on m'a poussé sur le banc ", explique-t-il avec amertume. " Michael a un peu baissé les bras ", enchaîne Quentin Durieux, avec qui il a évolué au stade Edmond Machtens. " Les anciens du groupe ne voulaient pas de lui dans les buts et ça l'a énormément touché. " Deux choses l'ont sauvé : ses sélections avec les Diablotins et son passage à Anderlecht. " Le Sporting m'a sorti du gouffre. J'ai adoré ces années chez les Mauves même si j'avoue avoir espéré l'une ou l'autre montée au jeu supplémentaire. " Souvent cantonné en tribune, le terrain et l'ambiance des matchs lui manquaient d'autant plus. " Il rongeait son frein à certains moments ", commente ThomasChatelle. " Son départ pour Westerlo est avant tout lié à son envie de jouer. " " Je voulais un nouveau défi et Westerlo m'a permis de reprendre confiance en moi ", explique Kevin Vandenbergh. Longtemps considéré comme pur renard des surfaces, le désormais Campinois a dû faire évoluer son jeu. " Malines lui a appris à travailler pour l'équipe ", lance Olivier Renard, son ancien partenaire chez les Sang et Or. " Avant, il ne devait pas bosser. Il évoluait dans un 4-4-2 qui lui convenait à merveille. Kevin est un attaquant à l'ancienne : jouer seul en pointe, dribbler plusieurs adversaires, très peu pour lui ? ! " Ses plus belles années, il les a passées à Genk. En pleine confiance, il jouait pour lui et pour ses buts. Tenté par une aventure à l'étranger, il opte pour Utrecht. Une décision logique qu'il considère comme une étape vers un club plus huppé. " Il n'y avait pas de problème avec Kevin ", coupe Giuseppe Rossini qui squattait le banc d'Utrecht à ses côtés. " Il marque comme il respire mais il n'entrait pas dans les plans du coach. " Après son épisode Outre-Moerdijk, Vandenbergh ne retrouvera jamais son crédit en Belgique. Peut-être son jeu ne convenait-il plus au football moderne ? " On me voyait trop comme un buteur ", expose-t-il. " Cette pancarte m'est collée à la peau. Pourtant j'ai évolué, je suis au service de l'équipe même si mon jeu m'impose de penser à moi et à mes buts. Durant des années, j'ai été trop dépendant de ma faculté à scorer. Eupen a cru en moi et je m'y suis relancé. "De retour dans le petit bain de la D1, l'ex-star de Genk semble pourtant stagner et ne plus en vouloir autant qu'avant. Ses équipiers démentent : " Son style de sale ket n'est qu'une façade ", déclare Arnaud De Greef de Westerlo. " C'est un gars sympa et un vrai bosseur. Beaucoup pensent qu'il a échoué en se retrouvant en D2 mais pour l'avoir bien observé, je peux affirmer que son jeu a muri. " Du statut de joueur le plus cher de la D1 à celui de chômeur, il n'y a qu'un pas qu'a franchi Koen Daerden depuis septembre. " Je ne vais pas mentir, j'ai alterné le positif et le négatif tout au long de ma carrière ", confie-t-il avec un peu d'amertume. " Mes années à Genk resteront gravées dans ma mémoire. " À cette époque, le médian était tout simplement irrésistible. " Il savait te faire seul tout son flanc gauche ", confirme Thomas Chatelle. " Tout a changé après sa longue blessure encourue à Bruges. On n'a jamais revu le même joueur. " Parti chez les Flandriens pour 4 millions d'euros, il demeure le plus gros transfert entrant d'un club belge. " Ce montant m'a collé une pression supplémentaire. Puis, les blessures s'en sont mêlées. Je suis resté 16 mois sans jouer. Je ne suis jamais revenu à mon meilleur niveau. "Après Bruges, Koen traîne ses valises du côté de Sclessin. Annoncé comme l'un des transferts-clés de l'effectif du Standard, il a rapidement dû déchanter. " Je suis arrivé en pleine crise interne. Bölöni s'est fait virer et il y avait d'énormes tensions dans le vestiaire. " Malgré les changements de direction à Sclessin, il n'entre pas dans les plans de José Riga. Direction Saint-Trond pour le fils de Jos. " Quand je l'ai vu débarquer, je me suis dit qu'il avait nettement sa place parmi l'élite ", explique Vincent Euvrard, défenseur trudonnaire. " Néanmoins, il a galéré, à l'image de toute l'équipe. L'année dernière a été pourrie pour tous. On pensait qu'il pouvait faire la différence, nous tirer vers le haut mais il n'y est pas parvenu. Ça nous a un peu déçus. " De retour au Standard, il ne fait pas partie des priorités de Ron Jans et se voit invité à casser son contrat. " En fait, je me suis rendu compte que je ne faisais pas partie de la bonne génération ", déclare- t-il avec lucidité. " Je suis un footballeur à l'ancienne, un milieu gauche qui déboule, qui joue sur son physique. À l'heure actuelle, il faut être vif, technique, rapide, des qualités que je ne possède pas. " " Quand je le coachais au Cercle de Bruges, je lui avais dit qu'un jour il gagnerait le Soulier d'or ", déclare fièrement Glen De Boeck. " Il avait le talent pour ". Ce que confirme l'adjoint des Diablotins, Jean- FrançoisRemy : " Stijn est un talent atypique ", expose-t-il. " Parfois, il est absent durant 80 minutes pour finalement débloquer le score. " Passer du statut de star au Cercle à celui de joueur lambda à Gand lui a causé pas mal de soucis. Il a perdu confiance en lui et n'a pas réussi à trouver en Trond Sollied le T1 capable de le mettre parfaitement à l'aise. " J'ai besoin de ressentir que mon coach est à 100 % derrière moi ", assume-t-il. " Par contre, je suis convaincu d'avoir ma place dans le groupe gantois. " Mais quels éléments ont donc empêché sa progression ? Glen De Boeck avance " un passage trop précoce à Gand ", Tom De Sutter parle plutôt de " blessures à répétition " tandis qu' ArnaudDeGreef pointe son " manque de régularité dans ses performances. " " C'est mentalement que se situe tout le problème ", clame Jean-François Remy. " Il n'a pas réellement su se remettre en question avant d'affronter la concurrence qui l'attendait à La Gantoise. Il n'est plus la star, juste un des 20 gars du noyau. Son mental n'a pas suivi, il a vite baissé la tête. Déjà à l'époque il pouvait être fainéant et buté. " À 27 ans, le natif de Roulers est désormais dans la fleur de l'âge. Il doit jouer. Trond Sollied ne semblait pas du même avis. " Je pense que je songerais à partir si j'étais dans sa situation ", confie son équipier Jordan Remacle. Une situation qui pourrait évoluer depuis la nomination de Bob Peeters à la tête de La Gantoise. " Je continuerai à bosser ", confie Stijn. " Je veux évoluer avec les Buffalos et je vais montrer au nouveau T1 que j'ai ma place dans le groupe. J'espère obtenir ma chance. "" Le n£ud du problème est à chercher du côté de ses carences physiques ", explique Gert Verheyen. L'ancienne icône du Club de Bruges poursuit : " il n'est ni rapide, ni puissant, il est incapable de s'imposer dans les duels et son endurance laisse à désirer. De plus, il est fragile, ses nombreuses blessures l'attestent. " Pourtant, ses vertes années à Bruges sont à placer sous le signe de la réussite. Il lit bien le jeu, a la passe facile mais le Club décide de le prêter au GBA afin qu'il se lance. Un échec. " Il s'est parfois pris un peu de haut car il avait un passé à Bruges ", expose Sanharib Malki, ancien attaquant du GBA. " Il pensait que ça allait l'aider, ça n'a pas été le cas. Si tu ne bosses pas, tu n'as pas ta place. " Bruges ne le retient pas et il file gratuitement à Zulte-Waregem. " Un changement d'environnement lui était nécessaire ", commente Geert De Vlieger qui défendait les cages du Essevee à son arrivée. " Il avait besoin d'une équipe dans laquelle il pouvait prouver son talent. Zulte était le bon choix, il y a fait d'excellents matchs en tant que meneur de jeu. Il n'a toutefois jamais su garder une continuité dans ses performances. Il a alterné les hauts et les bas durant toute sa carrière. " La chute se poursuit pour l'ancien espoir. Après une saison 2010-2011 entachée par deux grosses blessures, il essaye de se relancer à OHL. Un nouvel échec. " L'équipe tournait sans lui ", annonce JordanRemacle. " C'est un bon joueur mais il n'est jamais revenu au niveau suite à ses pépins physiques. " Désormais en D2, il espère retrouver du temps de jeu du côté de l'Antwerp. " Une montée est la seule chose qu'il puisse espérer. Retrouver le top me semble impossible ", conclut Verheyen. " Anderlecht voulait en faire la doublure d' Olivier Deschacht ", annonce Jean-FrançoisRemy. " Qui sait ce qu'il serait devenu en obtenant ce poste ? " La bombe est lâchée, Landry Mulemo aurait pu aller plus haut mais une décision a changé le cours de sa carrière. " S'exiler en Turquie à Bucaspor a été le pire choix qu'il puisse faire ", insiste OlivierRenard. " Je pense que le fait qu'Anderlecht ne l'ait finalement pas recruté a engendré un contrecoup psychologique. " Jean François Remy est plus sévère avec son ancien poulain : " Il s'est fait oublier et son retour en Belgique n'a pas été aisé. Il a perdu deux ans en partant en Turquie. " De l'avis de tous, il avait les qualités pour aller plus haut. " C'est un joueur très explosif ", confie son ancien équipier courtraisien Mohammed Messoudi. " Il est rapide et gagne facilement ses duels. Landry est un latéral moderne qui pousse beaucoup vers l'avant. Sa petite taille et sa fragilité physique sont ses deux défauts majeurs. " " Ce n'est pas pour rien qu'il était sélectionné chez les diablotins ", observe Remy. " Il était en balance avec Sébastien Pocognoli et la décision a été prise sur des détails comme sa précipitation à la relance. À son retour en Belgique, il était retombé de son nuage. Mentalement, la situation devenait plus compliquée. " Son passage à Courtrai marque un pas en arrière. " Le duo Mulemo- Oussalah constitue un des meilleurs flancs gauches du pays ", affirme Renard. " En voyant les qualités de Landry à l'époque des Espoirs, on pouvait espérer mieux ", enchérit Remy. " Il n'a pas su exploiter tout son potentiel. Sa carrière est toutefois loin d'être finie. " PAR ROMAIN VAN DER PLUYM" Le Lierse ? J'étais plus focalisé sur l'argent que sur l'aspect sportif. "Joeri Dequevy " Cordier a plus de talent que moi, c'est certain, mais je le surpasse mentalement. "Silvio Proto " Durant des années, j'ai été trop dépendant de ma faculté à scorer. "Kevin Vandenbergh " À l'heure actuelle, il faut être vif, technique, rapide, des qualités que je ne possède pas. "Koen Daerden