Depuis la semaine dernière, le Cercle est le Petit Poucet de la Jupiler Pro League : mardi, il s'est fait bouter, sur ses terres, de la coupe par la RUS Rebecquoise, une formation qui n'avait encore rien gagné en deuxième amateur, et samedi, il a été battu en championnat par l'AS Eupen, une autre équipe qui ne comptait encore aucune victoire.
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Depuis la semaine dernière, le Cercle est le Petit Poucet de la Jupiler Pro League : mardi, il s'est fait bouter, sur ses terres, de la coupe par la RUS Rebecquoise, une formation qui n'avait encore rien gagné en deuxième amateur, et samedi, il a été battu en championnat par l'AS Eupen, une autre équipe qui ne comptait encore aucune victoire. Avec trois points sur 27, le Cercle est lanterne rouge. En juin, pourtant, il se voulait ambitieux. Avec de meilleurs footballeurs, une équipe plus solide et un football offensif, il voulait s'implanter dans la colonne de gauche. Entre-temps, il a perdu huit de ses neufs matches de championnat. Samedi, l'équipe n'a eu que 34% de possession du ballon alors qu'elle se produisait à domicile, contre le dernier. Le plan était clair mais n'a pas été bien exécuté. Cette fois, le Cercle voulait engager un entraîneur principal qui parle néerlandais et qui connaisse le championnat de Belgique mais Vincent Euvrard et Besnik Hasi ont refusé le poste in extremis. L'association s'est rabattue sur un nouvel entraîneur français, Fabien Mercadal, alors que la préparation avait repris. La formation de l'équipe a été encore plus complexe. Le Cercle voulait plus de Belges et plus de joueurs connaissant le championnat, des éléments chevronnés, aussi, mais il n'en a pas trouvé. L'équipe qui a joué contre l'Antwerp et Eupen comportait un Belge, Stef Peeters, et un joueur qui avait déjà évolué en Jupiler Pro League la saison dernière, Jérémy Taravel. La moitié des dix nouveaux n'est arrivée à Bruges que fin août. Peu de ces transferts étaient titulaires dans leur ancien club et la moyenne d'âge était de 22 ans. L'AS Monaco avait promis au Cercle de mettre de meilleurs joueurs à sa disposition cette saison mais ça n'a pas encore été le cas. L'international junior anglais Jonathan Panzo (18), un défenseur central, et l'international sud-africain Lyle Foster (19), un attaquant, sont sans conteste des talents mais ils sont encore très jeunes et ne sont disponibles que depuis début septembre. Foster doit encore s'habituer aux duels du championnat de Belgique et contre Eupen, Panzo a pris deux cartes jaunes en cinq minutes. Le gardien Loïc Badiashile (21), l'arrière droit Giulian Biancone (19) et l'arrière gauche Julien Serrano (21) ont fait nettement moins bonne impression. Leurs fautes ont coûté des points. Y compris contre Eupen : à la 88e, à 1-2, Biancone a oublié de défendre sur une passe du flanc. Cet apprentissage coûte très cher mais est inhérent au projet : l'AS Monaco a acheté le Cercle pour y offrir du temps de jeu à ses jeunes et les mettre en valeur. Las, l'équipe n'est pas équilibrée et elle manque d'expérience. Jusqu'à présent, le Cercle n'a pas encore ressemblé à une véritable équipe de division un mais plutôt à une équipe espoir améliorée. Dans ces conditions extrêmement difficiles, Mercadal a opté pour une approche défensive, même à domicile contre Eupen, mais sa tactique n'a pas fonctionné. Le Cercle a déjà encaissé 21 buts. Il a la pire défense de D1A et se crée peu d'occasions. Il a pris l'avantage dans cinq matches mais il a perdu quatre d'entre eux. L'équipe ne manque pas de bonne volonté mais elle est aussi très crispée. On n'a décelé aucun signe d'amélioration samedi et la pression ne fait que croître. Sans un revirement rapide, on peut s'attendre à un changement d'entraîneur. Tout dépendra de l'entretien que va avoir l'AS Monaco avec François Vitali, le directeur sportif français du Cercle. C'est que cette saison est extrêmement importante. Il s'agit moins du classement que de la valeur créée pour les deux parties. Traduction : la plus-value obtenue sur les joueurs. L'AS Monaco veut obtenir un rendement des 25 millions investis dans le Cercle. Celui-ci veut redevenir un club professionnel viable. Lors de sa reprise - et du sauvetage du Cercle - en mai 2017, Monaco s'est engagé à apurer intégralement toutes les pertes pendant quatre ans. L'année passée, le déficit s'élevait à 7,4 millions d'euros. Ça veut dire que le Cercle est maintenu en vie par Monaco.