Votre magazine avait reçu du courrier après la parution, dans le numéro Spécial Compétition, de l'excellent article de Pierre Danvoye sur le hooliganisme à la belge. Le nouveau président de la Ligue professionnelle, Jean-Marie Philips -poussé dans le dos par plusieurs clubs- nous avait envoyé un courrier recommandé à notre ancienne adresse Boulevard Louis Schmidt (quittée depuis trois ans) et finalement à la bonne (rue de la Fusée) en exprimant ses griefs à l'égard dudit article.
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Votre magazine avait reçu du courrier après la parution, dans le numéro Spécial Compétition, de l'excellent article de Pierre Danvoye sur le hooliganisme à la belge. Le nouveau président de la Ligue professionnelle, Jean-Marie Philips -poussé dans le dos par plusieurs clubs- nous avait envoyé un courrier recommandé à notre ancienne adresse Boulevard Louis Schmidt (quittée depuis trois ans) et finalement à la bonne (rue de la Fusée) en exprimant ses griefs à l'égard dudit article. Jean-Pierre Detremmerie, le président de Mouscron, très sensibilisé au hooliganisme du fait de ses fonctions de bourgmestre nous a également envoyé une belle missive (cf. courrier des lecteurs). Le contenu est identique: on nous reproche une glorification du hooliganisme, une analyse sperficielle, etc. Bref, des arguments que tiennent tous les organisateurs de matches, à savoir ceux qui doivent remplir leur stade et convaincre les sponsors. Donner la parole à des hooligans belges -chose qui n'avait pas été faite encore- ne pouvait constituer qu'un mauvais choix à leurs yeux. Et puis, vous parlez d'un timing malheureux! Juste avant la reprise du championnat. Mais bon, les journalistes sont là pour informer. Et il s'agissait bien d'une réalité. La preuve avec le coup de pied d' Antoine Duquesne, ministre de l'Intérieur, dans le foot belge. Il demande purement et simplement aux bourgmestres concernés d'interdire les matches à risques entre la mi-novembre et fin février 2002, date du démarrage de l'euro et des gros approvisionnements des banques en nouvelle monnaie. Le 22 septembre, le match Anderlecht-Bruges est également en péril car il nécessite la présence de 650 policiers retenus pour sécuriser le sommet Ecofin à Liège! Donc, si le hooliganisme n'était pas un problème en Belgique, on pourrait jouer au foot tranquille toute la saison. Mais le hooliganisme est un problème... et des dirigeants nous reprochent d'en parler! Il y a de l'autruche en vous, Messieurs. Cette semaine, Alain Courtois, le secrétaire général de l'Union Belge monte au front. Il va rencontrer Duquesne qu'il connaît depuis l'EURO 2000. Courtois ne comprend pas très bien ce qui se passe, notamment en ce qui concerne le snelrecht (procédure de jugement accélérée) qui aurait dû être institué en football depuis qu'on en parle : "Le hooliganisme est une réalité et on ne fait pas tout pour le contrer. Où sont restés les robocops? Où en est le snelrecht? Il faut rentrer dans le lard des hooligans mais on ne le fait pas. On préfère ennuyer les supporters avec une carte qui ne fait rien avancer. C'est raté. Personnellement, mon message est clair: je voudrais voir appliquer la tolérance zéro en cette matière". Le problème, c'est que Courtois ne sera peut-être plus secrétaire général quand la tolérance zéro sera enfin appliquée dans le foot belge. Il avait rentré sa candidature comme manager au ministère de la Justice dans le cadre du plan Copernic et a été retenu avec cinq autres candidats (quatre néerlandophones et deux francophones). Le rôle dans cette fonction est de servir de maillon fort entre le ministre et le département, un job très lourd au sujet duquel Courtois dit : "Ce n'est pas encore fait, je ne suis pas seul en lice. Mais c'est une belle perspective. Quand j'étais rentré en Belgique, je n'avais jamais caché mon intérêt pour la réforme de la justice. Mais j'ai aussi d'autres possibilités".Au moment où il réintégrait l'Union Belge après l'EURO 2000, Courtois avait dit qu'il y resterait s'il pouvait y voir la possibilité de gros progrès. S'il pense autant à partir maintenant, c'est sans doute parce qu'il estime l'horizon du foot belge bouché. "Je ne m'exprimerai pas à ce sujet", dit Courtois. "Surtout pas avec un président qui vient de commencer son mandat". En attendant, le président Jan Peeters risque de se retrouver autant dans l'embarras que Robert Waseige pour composer sa prochaine équipe. Quant aux hooligans, si Duquesne ne change pas de position, Courtois peut toujours lui proposer d'envoyer la troupe...John Baete