Cette année, il a été impossible de l'ignorer : en 1969 comme sept ans plus tôt, Rod Laver s'est adjugé deux grands chelems en une année calendaire. Le légendaire tennisman australien, âgé maintenant de 81 ans, a été fêté partout où le circuit s'est arrêté. Il a reçu des fleurs, des répliques de ses coupes, il a pu remettre leur chèque aux lauréats de différents tournois et s'est fait photographier en compagnie de Roger Federer et de Novak Djokovic.
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Cette année, il a été impossible de l'ignorer : en 1969 comme sept ans plus tôt, Rod Laver s'est adjugé deux grands chelems en une année calendaire. Le légendaire tennisman australien, âgé maintenant de 81 ans, a été fêté partout où le circuit s'est arrêté. Il a reçu des fleurs, des répliques de ses coupes, il a pu remettre leur chèque aux lauréats de différents tournois et s'est fait photographier en compagnie de Roger Federer et de Novak Djokovic. Au terme de sa carrière, Laver a déménagé en Californie mais au début de cette année, la direction de l'Open d'Australie a financé son vol pour Melbourne afin de lui rendre hommage. " J'ai trouvé ça incroyable ", a déclaré Margaret Court (77 ans), qui est la seule femme, avec Maureen Connolly (1953) et Steffi Graf (1988), à avoir gagné les quatre grands chelems en l'espace d'un an. En outre, en attendant un éventuel exploit de Serena Williams, c'est elle qui a enlevé le plus de grands chelems : 24, contre 23 pour la cadette des Williams. En 1970, soit il y a 50 ans, elle a dominé toute la saison mais on dirait que cet anniversaire est voué à l'oubli, contrairement à celui de Laver. " Si je ne suis pas officiellement invitée, je n'assisterai plus jamais à l'Open d'Australie ", a déclaré l'Australienne, qui n'y a plus été conviée depuis 2017, quand elle s'était attiré l'ire de tout le monde du tennis en se présentant en farouche opposante du mariage homosexuel. Samantha Stosur avait demandé à la direction du tournoi de ne plus jouer à la Margaret Court Arena, Martina Navratilova et d'autres (anciennes) joueuses lesbiennes avaient insisté pour qu'on change le nom du stade. Les deux femmes sont en guerre depuis 1990, quand Court avait déclaré que les lesbiennes constituaient " un grand danger pour le sport ", ajoutant : " Martina est une joueuse fantastique mais si j'étais un jeune talent, je préférerais pouvoir admirer une autre personnalité. Navratilova est une femme aimable mais elle a perdu son sens moral ", avait poursuivi Court, une grande catholique qui est devenue pasteur du mouvement pentecôtiste en 1991. 24 grands chelems en simple, 19 en double féminin et 21 en double mixte, pour un total inouï de 64, voilà le palmarès de Margaret Court. Pourtant, jamais l'Australie ne l'a aimée. Elle était trop dominante. Les tournois et les matches étaient trop prévisibles. Comme en 1970, quand elle n'a perdu que treize jeux en six matches à l'Open de son pays. Elle a dominé 21 des 27 tournois de la saison et n'a perdu que six de ses 110 matches. C'était du jamais vu mais la fédération australienne reste réticente à l'idée de commémorer cette année. " Nous avons la plus profonde admiration pour les prestations tennistiques de madame Court mais certains de ses points de vue ne sont pas en phase avec nos valeurs d'égalité, de diversité et d'intégration. "