Gaëtan Englebert défend les couleurs brugeoises depuis 1999. En cours de saison dernière, il a prolongé pour cinq années supplémentaires. S'il va au bout de son contrat, qui expire en 2008, il aura passé neuf années dans la Venise du Nord. Une belle longévité au plus haut niveau pour cet ancien joueur du FC Liégeois et de St-Trond, originaire de Villers-l'Evêque en Hesbaye, qui vient de fêter ses 27 ans.
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Gaëtan Englebert défend les couleurs brugeoises depuis 1999. En cours de saison dernière, il a prolongé pour cinq années supplémentaires. S'il va au bout de son contrat, qui expire en 2008, il aura passé neuf années dans la Venise du Nord. Une belle longévité au plus haut niveau pour cet ancien joueur du FC Liégeois et de St-Trond, originaire de Villers-l'Evêque en Hesbaye, qui vient de fêter ses 27 ans. " Quand on travaille et qu'on témoigne de la mentalité adéquate, ce n'est pas difficile de s'intégrer dans une équipe comme Bruges ", affirme-t-il modestement. Autrefois, il fut international Espoirs au poste d'arrière droit. " Je me souviens d'un 2-2 à Sclessin contre les Pays-Bas. Mon adversaire direct était Boudewijn Zenden. Il y avait aussi Roy Makaay dans l'équipe orange ". Aujourd'hui, c'est comme infatigable régisseur du milieu de terrain qu'il a bâti sa réputation. Ses statistiques, au terme du championnat précédent, attestent de 31 matches disputés sur 34, avec un bilan de cinq buts, onze assists et trois cartons jaunes. Cette saison-ci, cependant, il est poursuivi par la poisse. En raison d'une succession de blessures, il a dû déclarer forfait pour de nombreuses rencontres. " J'ai repris les entraînements collectifs depuis trois semaines, mais il me manque toujours le rythme de compétition ". Beaucoup estiment que ses absences répétées expliquent en grande partie la saison très moyenne disputée par les Brugeois. GaëtanEnglebert : En fin de saison dernière, j'avais reçu un coup sur la cheville lors d'un match à Lokeren. J'avais dû être opéré, au début juin. On m'avait prévenu, dès le départ, qu'il me faudrait six à sept semaines pour être sur pied. Je n'ai donc pas pu participer à la reprise des entraînements. C'est déjà ennuyeux. J'ai disputé quelques rencontres, mais lors du déplacement à l'Ajax en Ligue des Champions, au début octobre, j'ai de nouveau été touché. Une déchirure au quadriceps m'a obligé à observer une nouvelle période de cinq à six semaines de repos. Au début, ce n'était pas facile. Je devais m'entraîner seul et effectuer des exercices spécifiques. Je n'étais pas habitué à cela, car je n'ai pas été souvent blessé durant ma carrière. Ces dernières saisons, à l'exception de quelques rares suspensions, j'étais toujours sur le terrain. Au fil du temps, j'ai compris que je devais prendre mon mal en patience et qu'il ne servait à rien de vouloir prétendre à un poste de titulaire si je n'étais pas prêt. Effectivement. L'entraîneur doit composer avec ce phénomène et ce n'est pas évident. Un joueur joue deux matches, puis se retrouve sur le flanc. Un autre prend sa place. Ce ne sont jamais des blessures graves, mais elles empêchent d'avoir une stabilité dans l'équipe. C'est certainement l'une des causes principales de la saison en demi-teinte de Bruges jusqu'à présent. Les saisons précédentes, on tournait généralement avec un petit groupe de 15 ou 16 joueurs. Des automatismes s'étaient créés. Ceux-ci font défaut cette saison : les joueurs changent souvent et il faut chaque fois s'adapter à de nouveaux partenaires. Ce n'est pas une question de qualité : le noyau est large et ceux qui sont appelés en remplacement valent les titulaires habituels. C'est surtout une question de cohésion. Un noyau n'est jamais trop large. Mais il est certain que, lorsque tout le monde est en état de jouer, il y a des grincements de dents. L'entraîneur doit effectuer un choix et ceux qui sont écartés sont mécontents. C'est un phénomène nouveau à Bruges. Mais c'est une volonté de la direction, qui a voulu étoffer le groupe pour se prémunir en cas de coup dur. Et aujourd'hui, ces nouveaux joueurs, on est bien contents de les avoir. Lorsque l'on est écarté et que l'équipe tourne bien, on ne peut faire que se taire. Mais lorsque les résultats sont décevants, on a toujours tendance à se dire qu'on ferait aussi bien, si pas mieux, que ceux qui sont sur le terrain. Encore faut-il le prouver, et saisir sa chance lorsqu'on la reçoit. Je ne veux pas faire de cas particulier, c'est valable pour tous. Parler, c'est bien, mais c'est d'abord sur le terrain qu'il faut s'exprimer. Il est clair, aussi, que l'on est moins assuré de sa place que par le passé. On sait qu'il y a, sur le banc, un autre joueur qui est prêt à vous remplacer à la moindre défaillance. C'est une situation à laquelle il faut s'accommoder. Certains l'acceptent peut-être plus difficilement que d'autres. J'ignore si le terme " magie " est le plus approprié. Mais il est clair que, sur le terrain, les combinaisons sont moins fluides. L'envie est toujours présente, mais passer des intentions à la réalisation se révèle plus difficile. Il faudrait, aussi, parvenir à gagner lorsqu'on joue moins bien. Ce qu'Anderlecht, par exemple, parvient à faire. Sous beaucoup d'aspects, oui. Déjà, par cette faculté à prendre des points en toutes occasions. Ensuite, par la stabilité de son noyau. L'équipe qui joue cette saison-ci, est dans les grandes lignes celle qui avait terminé la saison dernière. Elle a simplement enregistré l'arrivée de l'un ou l'autre renfort. Et cela se voit au niveau de la cohésion. Oui, mais tout le monde évoluait sur son meilleur niveau en même temps. On ne retrouve plus cela cette saison-ci. Mais je suis certain que cela va revenir. Chaque équipe connaît, à un moment donné de la saison, une période de creux. A Bruges, celle-ci se situait généralement lors du deuxième tour. On avait l'habitude d'entamer le championnat sur les chapeaux de roues. Cette saison-ci, c'est le contraire. C'est nous qui sommes réduits à réaliser une course-poursuite. Mais rien n'est joué. Surtout les points perdus à domicile contre La Louvière et Gand. Les défaites subies à Heusden-Zolder et à Lokeren, des équipes qui végétaient en bas de tableau lorsque nous les avons rencontrées, sont tout aussi inexcusables, mais il ne sert à rien de regarder derrière soi. Les points perdus ne seront pas récupérés. Il faut désormais prendre match par match, en essayant d'engranger le maximum de points. Nous verrons dans quelques mois, en fonction des résultats des autres équipes, où nous nous situerons. Mais, pour l'instant, il n'est pas question de jouer déjà pour la deuxième place. D'abord, engranger plusieurs victoires d'affilée. Cela permettrait de retrouver confiance, et l'on sait à quel point celle-ci influence les prestations. C'est perceptible chez certains joueurs. Et c'est logique. Lorsque les résultats ne suivent pas, on a tendance à réduire la prise de risques. Et donc, l'équipe ne se montre plus aussi dominatrice. On ne retrouve plus la sérénité d'autrefois. Jadis, lorsqu'on encaissait un but, on savait que l'on finirait par en inscrire deux de plus. Ce n'est plus le cas aujourd'hui : lorsqu'on encaisse, la crainte de subir une nouvelle défaite réapparaît. Et le doute qui s'installe, forcément, n'arrange rien. Il y a toujours un petit groupe d'anciens qui tiennent l'église au milieu du village. Des joueurs qui savent comment l'équipe fonctionne et qui essayent d'intégrer les nouveaux dans le collectif. Ce groupe ne décide de rien, mais montre l'exemple sur le terrain. Cela a toujours existé à Bruges et cela n'a pas disparu. Là où, autrefois, il y avait des joueurs comme Franky Van der Elst, Lorenzo Staelens ou Jan Ceulemans, on trouve aujourd'hui Dany Verlinden, Gert Verheyen, Timmy Simons et Philippe Clement. Eventuellement moi-même.Tous les styles sont bons si l'équipe tourne L'âge n'a pas de prise sur lui. C'est peut-être plus facile pour un gardien d'être performant à 40 ans : il ne doit pas courir 90 minutes. S'il conserve ses réflexes et sa souplesse, ce qui est le cas de Dany Verlinden, il demeure compétitif. Pour moi, il est toujours le n°1. Pour moi, non. Cela reste d'abord un attaquant capable de faire la différence. Il est capable d'inscrire des buts incroyables, mais aussi de louper le plus facile. Il faut le prendre comme il est. Depuis qu'il joue à Bruges, il a toujours été le meilleur buteur de l'équipe. Il a parfois des sautes d'humeur, mais on a plus souvent tendance de mettre des petits incidents en épingle lorsqu'il est concerné. Le fait qu'il répugne à apprendre le néerlandais ou le français ne devrait pas être pris en considération. S'il estime que ce n'est pas nécessaire, c'est son choix. C'est d'abord sur le terrain qu'il faut le juger. Il a été blessé à plusieurs reprises. Toujours des blessures différentes. Ce n'est pas l'idéal pour se forger une place dans l'équipe. On ne peut rien lui reprocher sur le plan de la mentalité : il fait tout ce qu'il faut à l'entraînement. Je pense que oui. Lorsque l'équipe tourne bien, il y a de la place pour tous les styles de joueurs. Mais c'est aussi plus difficile de s'imposer dans une équipe qui se cherche. Effectivement. Aujourd'hui, Philippe Clement joue aussi souvent dans l'entrejeu. Et Ivan Gvozdenovic, engagé au départ comme doublure de Peter Van der Heyden, se révèle plus à l'aise dans la ligne médiane. Sans oublier Nastja Ceh. C'est sans doute dans ce secteur que la concurrence est la plus sévère : de nombreux joueurs peuvent postuler pour... deux places et demie. Cela ne me pose pas de problèmes. Je devrai prouver, lorsque je suis aligné, que je suis capable d'apporter quelque chose à l'équipe. Cela se fera au sein d'un groupe. Je ne suis pas l'homme des actions individuelles. Mais cette constatation vaut pour d'autres joueurs également : c'est l'équipe qui devra élever les individualités vers le haut, et pas l'inverse. " Quand on encaissait un but, on savait qu'on finirait par en inscrire deux. Ce n'est plus le cas "