La demi-finale Espagne-Allemagne restera la référence du Mondial 2010. On y a vu la Roja toréer comme jamais. Par moment, ils étaient quatre dans un coin du rectangle allemand, large comme une cabine téléphonique, à se passer et repasser le ballon. Contre les Pays-Bas, les joueurs de Vicente Del Bosque ont eu affaire à un taureau bien plus vicieux, frustré d'avoir déjà perdu deux finales. Alors que les Allemands avaient été fair-play dans la lutte et nobles dans la défaite, autant les Néerlandais furent inutilement brutaux.
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La demi-finale Espagne-Allemagne restera la référence du Mondial 2010. On y a vu la Roja toréer comme jamais. Par moment, ils étaient quatre dans un coin du rectangle allemand, large comme une cabine téléphonique, à se passer et repasser le ballon. Contre les Pays-Bas, les joueurs de Vicente Del Bosque ont eu affaire à un taureau bien plus vicieux, frustré d'avoir déjà perdu deux finales. Alors que les Allemands avaient été fair-play dans la lutte et nobles dans la défaite, autant les Néerlandais furent inutilement brutaux. On les savait truqueurs, mais là ils furent voyous. La faute à l'arbitre anglais Howard Webb, qui perdit très vite son autorité face à Mark van Bommel et Cie. Cet arbitre au physique aussi impressionnant que sa calvitie perdit son temps à discuter (pour calmer quels esprits ?) au lieu de sévir. Et de remettre le ballon en jeu. Si, dans la finale de 2006, on a exclu Zinédine Zidane pour un coup de tête dans la poitrine de Marco Materazzi, Nigel deJong a pu planter sa semelle dans le torse de Xabi Alonso en ne recevant qu'une carte jaune. Et ce ne fut qu'un exemple... Pas étonnant que l'Espagne perdit son jeu aérien dans un match pourri par son adversaire et si mal arbitré. A une époque où tout le monde ne parle que de vidéo dans l'arbitrage, on s'est rendu compte que la rigueur indispensable à la protection du beau jeu n'a pas besoin de caméras. D'un côté, les Hollandais veulent toujours passer pour les inventeurs du football et pourtant, ils massacrent une finale de Coupe du Monde ! Et ce n'est pas leurs figures d'enterrement et leurs poignées de mains moites lors d'une haie d'honneur aux Espagnols, improvisée par leur directeur de com, qui y changera quelque chose. L'Oranje a fait du mal au foot en malmenant ce foot technique... imposé par la légende Johan Cruijff en Espagne comme joueur puis coach au Barça. Un Cruijff fier de son héritage et honteux de sa nationalité. Le grand responsable de ce massacre, le coach Bert van Marwijk, beau-père et protecteur au-delà du tolérable de van Bommel, aurait dû accepter de perdre avec plus de dignité. Ce n'est pas en jouant comme cela que la Hollande pouvait espérer éviter la frustration d'une troisième défaite en finale. Consciente de ne pas être à la hauteur, elle aurait été plus inspirée en copiant l'étonnant Paraguay, l'équipe qui contra si bien le génie constructif espagnol en huitièmes de finale, en pressant haut les défenseurs, premiers architectes des trajectoires. Heureusement, la violence qui rendit la finale si morose ne constitua qu'une exception dans un tournoi qui foisonna de beaux moments, comme principalement les révélations de l'Uruguay et du Ghana, la promesse d'une grande Allemagne déjà basée sur des jeunes de classe exceptionnelle comme le duo Müller- Özil et le cours magistral de la Roja. Del Bosque avait prévenu avant le tournoi que pour gagner la Coupe du Monde, il fallait avoir la mentalité humble et volontaire du marathonien. Qu'il ne servait à rien de partir à fond mais que le succès se construisait patiemment, dans un match ou dans l'enchaînement des matches. Une métaphore qui se vérifia. L'Espagne a perdu son premier match contre la Suisse (une première dans la trajectoire d'un champion du monde) et a ensuite toujours fait preuve de contrôle de soi. Le coach qui héritait d'une génération dorée et de l'héritage lourd à porter de Luis Aragones, vainqueur de l'Euro 2008 avait un objectif obligé : être au moins le meilleur Européen. Le grand Madrilène - Obélix pour les intimes - commença le tournoi avec un noyau souffreteux. Andres Iniesta, Cesc Fabregas et Fernando Torres sortaient de blessures sérieuses et étaient hors forme. Même Xavi avait été touché, mais plus légèrement. Del Bosque avait 50 jours pour gagner la Coupe du Monde et y parvint en déployant un jeu magique à ras de terre, fait d'une-deux et déviations en mode majeur. Ce summum du jeu collectif bredouilla rarement. Elle marqua peu mais encaissa encore moins (8p/2c). C'est ce foot-là que tout le monde doit imiter parce qu'il convient à tous les gabarits, aux petits comme Iniesta et Xavi ou aux grands comme GerardPiquéet Sergio Busquets.l PAR JOHN BAETEC'est ce foot-là que tout le monde doit imiter parce qu'il convient à tous les gabarits, aux petits comme Iniesta et Xavi ou aux grands comme Piqué et Busquets.